Programmes législatifs 2021: les partis ont placé la barre très haut

Programmes législatifs 2021: les partis ont placé la barre très haut

Ils partagent pratiquement la même vision pour les préoccupations d’ordre général.

Eclairage de Mohamed Amrani, économiste et professeur universitaire.

 

Propos recueillis par C. Jaidani

 

Finances News Hebdo : Contrairement aux précédents programmes politiques, les mesures économiques ont été priorisées dans les programmes électoraux des partis. Quelle lecture en faites-vous ?

Mohamed Amrani : Les législatives 2021 au Maroc se déroulent dans un contexte très particulier marqué par la crise sanitaire ayant engendré une crise économique d’une grande ampleur notamment pour certains secteurs comme le tourisme. Le manque de visibilité est le constat principal qui se dégage partout dans le monde. Les mesures à caractère socioéconomique semblent le plus à même de séduire les électeurs. Les partis se sont efforcés à lancer des programmes qui adhèrent aux besoins des citoyens. Ils sont passés des schémas généralistes à des programmes et des feuilles de route explicites et détaillés. Par ailleurs, il est utile de rappeler qu’aucun parti ne peut, à lui seul, constituer un gouvernement. Il sera amené à cohabiter avec d’autres partis dans le cadre d’une coalition. Au final, le programme de l’exécutif sera le fruit de plusieurs concessions et compromis.

 

F.N.H. : Pensez-vous que les engagements arrêtés sont réalistes et réalisables ?

M. A. : Chaque parti propose sa propre vision selon ses convictions et ses aspirations. Il est donc évident que les engagements fixés diffèrent d’une formation à une autre. Dans l’ensemble, ils partagent les mêmes préoccupations sur le plan économique, à savoir la lutte contre la corruption, la promotion de l’emploi, le soutien à l’investissement et la réduction des inégalités sociales. Ces formations sont également en faveur d’une école publique performante, un meilleur accès à la santé et à un logement décent de sorte à garantir l’inclusion et la dignité des citoyens. Toutefois, chaque parti se distingue par des mesures qui lui sont spécifiques. A titre d’exemple, le PAM s’est engagé à réduire les prix des hydrocarbures. Le RNI prévoit une dotation budgétaire mensuelle aux populations vulnérables, dont les personnes âgées. L’Istiqlal veut extraire un million de familles de la pauvreté. En politique, il est légitime d’être ambitieux, encore faut-il être connecté à la réalité. Force est de constater que les partis ont placé la barre très haut en visant des objectifs très ambitieux. Pour réaliser ces programmes, des moyens budgétaires importants doivent être déployés.

 

F.N.H. : A ce propos, des partis ont révélé qu’il est possible de mobiliser les ressources budgétaires nécessaires et ont même arrêté des mesures dans ce sens.

M. A. : Certains partis tablent sur une hausse du taux de croissance pour générer de nouvelles recettes fiscales et, par conséquent, financer les différents engagements qu’ils ont établis. Par exemple, le PPS a fixé un taux de croissance moyen de 6%. Un niveau très difficile à atteindre pour l’économie marocaine qui dépend de plusieurs aléas dont notamment l’évolution du secteur agricole qui, lui aussi, est fortement lié à la pluviométrie. J’ai remarqué aussi que des partis plaident pour une baisse des taux d’imposition surtout pour l’IS, l’IR et la TVA, et de l’autre côté, ils veulent augmenter les recettes de l’Etat. Ce qui est mécaniquement impossible.

 

F.N.H. : Le mandat du prochain gouvernement sera délicat à plusieurs niveaux. Quelles sont les mesures qu’il faut fixer en priorité dans le programme ?

M. A. : La relance de l’économie doit être la principale priorité surtout au cours de la première année. En l’absence d’une véritable reprise, toutes les autres mesures seront vouées à l’échec ou ne devraient donner que partiellement l’effet escompté. Par ailleurs, le prochain gouvernement doit mener à bien les différents grands chantiers lancés, comme la généralisation de la couverture sociale et l’accélération de la mise en œuvre du registre social unifié. Ayant reçu l’approbation du Souverain, les mesures et recommandations dans le rapport du nouveau modèle de développement doivent être lancées sans plus tarder. Chaque retard accusé dans l’exécution sera difficile à combler.

 

 

 

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