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Assurances: Naviguer entre risques climatiques et adaptation

Assurances: Naviguer entre risques climatiques et adaptation

Dans cet entretien, Bachir Baddou, vice-président de la Fédération marocaine de l’assurance, met en lumière les défis et les opportunités auxquels le secteur de l'assurance marocain est confronté face aux impacts du changement climatique.

 

Propos recueillis par Y. Seddik

Finances News Hebdo : Tout d’abord, quels sont les impacts spécifiques du changement climatique sur le secteur de l'assurance au Maroc, et comment les compagnies d'assurances s'adaptent-elles à ces défis ?

Bachir Baddou : Le changement climatique sur notre pays est clairement perceptible, avec des températures hors saison à répétition et un manque de pluie dramatique depuis maintenant bientôt 6 ans. Paradoxalement, les épisodes pluvieux peuvent être plus violents que par le passé, nous exposant à des risques d'inondations par moment. Le risque d'inondation est intégré dans la couverture contre les conséquences des évènements catastrophiques, alors que le risque sécheresse est intégré dans la multirisque climatique. Ceci dit, les entreprises d'assurances ne peuvent pas, à elles seules, supporter l'ensemble des risques inhérents au changement climatique. Il restera toujours un gap de couverture que les pouvoirs publics doivent aider à combler d'une manière ou d'une autre.

F.N.H. : Comment les autorités marocaines collaborentelles avec l'industrie de l'assurance pour élaborer des politiques et des réglementations visant à renforcer la résilience face aux impacts du changement climatique ?

B. B. : Les autorités marocaines, et particulièrement l'ACAPS et le ministère des Finances, ont travaillé main dans la main avec la Fédération marocaine de l'assurance pour mettre en place un dispositif de couverture obligatoire contre les risques d'inondation, de tremblement de terre et de Tsunami. Comme vous le savez, ce système est assis sur une inclusion automatique de la couverture dans tous les contrats d'assurance de biens et de responsabilité, en plus d'un dispositif pour les non assurés qui est porté par le Fonds de solidarité contre les événements catastrophiques. Par ailleurs, la multirisque climatique est née d'un partenariat public-privé, avec un abondement de l'Etat sur la prime d'assurance pour les petits agriculteurs. Pour vous dire que l'interaction entre les pouvoirs publics et le secteur est très forte.

F.N.H. : Selon vous, quels sont les principaux enseignements tirés des expériences passées en matière de gestion des risques climatiques au Maroc, et comment ces leçons influencent-elles les pratiques actuelles de l'industrie de l'assurance ?

B. B. : La gestion du tremblement de terre d’El Haouz nous a permis de palper quelques insuffisances face à la gestion d'un sinistre de masse, bien que ce sinistre ait beaucoup plus impacté des personnes et des biens non assurés du fait d'un fort impact sur des zones rurales et montagneuses. L'organisation et la gestion des experts ressortent comme des axes d'amélioration pour expertiser et apprécier l'étendue des dégâts sur des milliers de sites impactés et des milliers de personnes ayant subi des dégâts corporels. C'est d'ailleurs le même retour d'expérience que nous avons pu avoir auprès de nos collègues japonais et turcs, qui nous ont précédés dans la gestion de grandes catastrophes naturelles. Nous travaillons avec l'ensemble des confrères pour améliorer notre mode opératoire.

F.N.H. : Enfin, quels sont les défis spécifiques rencontrés par les assureurs marocains dans le développement de produits d'assurance adaptés aux besoins des agriculteurs et des communautés rurales confrontés aux aléas climatiques, et quelles sont les solutions envisagées pour surmonter ces défis ?

B. B. : En l'absence d'une obligation d'assurance, il est difficile de mutualiser ce type de risques et les solvabiliser. A cela s'ajoutent les conséquences du changement climatique qui augmentent la fréquence de certains phénomènes météorologiques pouvant les rendre inassurables. Les coûts de la réassurance sur les risques climatiques ne cessent d'ailleurs d'augmenter partout à travers le monde. 

 

 

 

 

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