Ressources hydriques alternatives: le dessalement de l’eau de mer, une solution salutaire

Ressources hydriques alternatives: le dessalement de l’eau de mer, une solution salutaire

Face aux vagues de sécheresse, les réserves en eau conventionnelles sont devenues insuffisantes pour répondre aux besoins du Maroc.

12 stations de dessalement existent actuellement, portant la capacité de production de l’eau potable avec cette technique à 179 millions de m3 /an.

 

Par C. Jaidani

Le Maroc fait partie des pays les plus exposés au stress hydrique et cette situation s’aggrave davantage avec les années de sécheresse. Les réserves en eau sont de plus en plus impactées par les aléas climatiques. Adoptée depuis l’indépendance, la politique des barrages a certes permis d’augmenter sensiblement la capacité de stockage des ressources hydriques, mais elle a toutefois montré ses limites. C’est pourquoi il était indispensable d’investir de nouvelles pistes pour diversifier les sources de production hydrique. Le dessalement de l’eau de mer s’est avéré une option pertinente, particulièrement dans les agglomérations les plus impactées.

«La succession des épisodes de sécheresse de ces deux dernières années a révélé la précarité du système hydraulique dans le nord et le centre du pays, ce qui nous impose de diversifier les sources d’approvisionnement, notamment le dessalement qui a permis d’alimenter plusieurs régions du Royaume en eau potable et d’irrigation», a souligné Nizar Baraka, ministre de l’Equipement et de l’Eau, en réponse à une question orale à la Chambre des représentants. Il a donné quelques détails à ce sujet.

Actuellement, il existe 12 stations de dessalement de l’eau de mer dont la capacité culmine à 179 millions de m3 /an, à laquelle il faut ajouter quelque 37 millions de m3 issus du traitement des eaux saumâtres. Cette capacité de production vient d’être renforcée par 110 millions de m3 à la faveur des apports de deux stations de Safi et Jorf Lasfar réalisées par l’Office chérifien des phosphates (OCP) en vue d’approvisionner les villes de Safi et El Jadida en eau potable et industrielle.

Le ministre a, à cette occasion, mis en exergue le programme des projets structurants lancé dans ce domaine. Trois chantiers sont en cours  : il s’agit de Dakhla, dont la capacité de traitement est de 30 millions de m3 . Outre l’alimentation en eau potable, le site permettra l’irrigation de plus de 5.000 hectares dédiés à des cultures à haute valeur ajoutée dont les récoltes sont essentiellement destinées à l’export, comme le melon et la tomate cerise. La station de Sidi Ifni produira 15 millions de m3 et celle de Casablanca aura une capacité de dessalement de 300 millions de m3 d’eau/ an dédiée exclusivement à l’eau potable. Ces projets seront lancés dans le cadre d’un partenariat publicprivé (PPP) qui, selon Baraka, «est un moyen efficace pour mettre à profit les compétences créatives du secteur privé dans ce domaine, développer le niveau des études et des ouvrages en la matière et s’assurer d’une offre de services et de prestations de qualité dans un cadre contractuel, tout en les livrant dans les délais escomptés».

Un milliard de m3 à l’horizon 2030

Grâce aux projets lancés dans le cadre du Programme national d’approvisionnement en eau potable et l’irrigation (PNAEPI), la stratégie de dessalement de l’eau de mer devrait permettre de mobiliser un milliard de m3 d’eau par an d’ici 2030, soit plus de 5 fois la capacité actuelle de production. Outre de grandes stations, ce programme compte également des usines de petites et moyennes tailles comme celles de Laâyoune, Boujdour et Tan Tan. L’objectif est d’assurer plus de proximité avec les points à alimenter. Il s‘agit aussi de réduire les charges en ce qui concerne le réseau de distribution ou de raccordement. Les techniques de dessalement ont nettement évolué, devenant plus compétitives. Plus efficaces et moins coûteuses, elles utilisent particulièrement les énergies renouvelables pour leur fonctionnement.

 

 

 

 

 

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