Programme gouvernemental: optimisme excessif pour l’emploi ?

Programme gouvernemental: optimisme excessif pour l’emploi ?

L'opposition estime que l’objectif de créer un million d’emplois est difficilement atteignable.

Akhannouch répond aux critiques des parlementaires et défend son programme.

 

Par Y. Seddik

 

 

Pour stopper l’hémorragie du chômage et atténuer les effets de la pandémie sur l’emploi, le nouveau gouvernement prévoit, dans son programme au titre de la période 2021-2026, la mise en place de mesures «immédiates» et «concrètes».

Objectif à l'issue du mandat : créer 1 million d'emplois. «Ces mesures offriront des opportunités à tous, en particulier aux jeunes», a déclaré le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, devant les deux chambres du Parlement. D'après lui, le plan de relance économique du gouvernement comprend des programmes innovants pour l'emploi et prévoit un appui aux initiatives privées, outre le financement et l'accompagnement des entreprises nationales.

A partir de 2022, et pour une durée de deux ans, il est question d’un programme de petits et grands ateliers publics dans le cadre de contrats d'intérim au niveau des collectivités territoriales et en partenariat avec les associations de la société civile et les coopératives locales, sans exiger de qualification. Ce programme permettra la création d'au moins 250.000 emplois directs d'ici deux ans. Toutefois, plusieurs députés de l’opposition ont jugé que les chiffres présentés pour l’emploi ne sont pas «réalistes», voire sont «exagérés».

En arguant que l’impact du taux de croissance sur la création d’emplois au Maroc a nettement baissé au cours des dernières années. Le nouvel exécutif fait-il montre d’un optimisme excessif sur le volet de l’emploi ? En réponse aux remarques des parlementaires, Akhannouch explique que «tout dépend de la nature de l'investissement. Par exemple, l’investissement dans le béton ne sera pas rentable en matière d’emploi».

Selon lui, le lien entre le taux de croissance et la création d’emploi n’est pas totalement établi, «estimant que les engagements gouvernementaux en matière d’emploi sont réalistes et réalisables». Pour ce qui est du secteur agricole, le gouvernement prévoit, à travers la stratégie Generation Green, de créer 350.000 nouveaux emplois directs dans le milieu rural, tout en assurant des conditions d'emploi et de protection sociale qui garantissent la dignité des jeunes et limitent les migrations et le vieillissement de la population du monde rural. Le chef de l’exécutif explique que ces emplois seront générés notamment via la distribution d’un million d’hectares.

 

Favoriser le Made in Morocco pour booster l’emploi

Le gouvernement veillera aussi au renforcement de la position du Maroc en tant que pôle international des chaînes marines, et ce à travers la préservation de la richesse halieutique pour les générations futures. A cet effet, les mesures prévues permettront la création de plus de 100.000 emplois directs et indirects dans les secteurs de la pêche et de la pisciculture.

Et si le développement de l'industrie marocaine s'est principalement centré sur les industries lourdes qui nécessitent un investissement important en main-d'œuvre, le gouvernement entend, au cours des cinq prochaines années, changer de paradigme pour favoriser l'intégration locale des industries en s'appuyant sur un investissement important en capital.

Le plan de relance proposé prévoit la création de plus de 400.000 emplois au cours de la période comprise entre 2022 et 2026, grâce à l'émergence de métiers industriels fondés sur l'investissement en capital, qui nécessitent plus de compétences techniques et en même temps ouvrent indirectement de nouvelles opportunités pour les industries lourdes basées sur l'investissement dans la main-d'œuvre.

«Une grande partie de ces postes sera créée par des industries telles que les industries pharmaceutiques, le secteur de l'automobile et les secteurs connexes, notamment les métaux, l'électronique et les plastiques», a assuré Akhannouch. De surcroît, l'investissement de l'État dans les secteurs de la santé et de l'éducation aura un impact significatif sur l'emploi et la croissance. Mesures prévues : renforcement du budget de la santé, développement et vulgarisation des crèches (préscolaire) ainsi que la mise à niveau de la profession enseignante pour créer au moins 50.000 emplois par an. Au final, la team Akhannouch réussira-t-elle le grand pari de l'emploi ? Réponse en 2026. 

 

 

 

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