Partenariat public-privé: une nécessité pour améliorer l’offre de soins

Partenariat public-privé: une nécessité pour améliorer l’offre de soins

Les partenariats public-privé peuvent apporter une véritable valeur ajoutée en permettant la mobilisation de ressources supplémentaires pour la modernisation de l'infrastructure sanitaire, l'augmentation de la capacité des établissements de santé et la promotion de la recherche médicale au Maroc.

 

Par Y. Seddik

L’expérience mondiale a démontré que les partenariats public-privé (PPP) sont d’une importance capitale dans le domaine de la santé, notamment dans l'amélioration de la qualité des soins, l'efficacité des services de santé, l'innovation et la gestion des coûts. Au Maroc, les PPP permettent une collaboration efficace entre le gouvernement et le secteur privé pour répondre aux besoins croissants du pays en matière de soins de santé.

D’une part, ils peuvent aider à mobiliser des fonds privés pour financer des projets de santé, tels que la construction et la gestion d'infrastructures de santé modernes, l'achat de technologies médicales avancées et la formation du personnel de santé. Et de l’autre, ils peuvent améliorer l'efficacité et la qualité des soins en permettant au secteur privé de mettre en œuvre des pratiques innovantes et efficaces en matière de gestion et d'administration.

Point important  : ce type de partenariat permet surtout d’augmenter l'accès aux soins de santé pour les populations marginalisées en fournissant des services de santé dans des régions éloignées ou sous-desservies. Cela peut être réalisé en partenariat avec les communautés locales, les organisations non gouvernementales et les prestataires de soins de santé locaux. La tutelle a exprimé à plusieurs reprises son soutien aux partenariats public-privé (PPP) dans le domaine de la santé. Elle a notamment déclaré que le gouvernement marocain est ouvert à l'investissement privé dans le secteur de la santé pour améliorer l'accès aux soins de qualité pour la population. Toutefois, elle a également souligné l'importance de s'assurer que ces partenariats soient bien structurés, transparents et responsables, et qu'ils respectent les principes de l'équité, de l'accès universel aux soins de santé et de la protection des droits des patients.

Interpellé à ce sujet, le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Khalid Ait Taleb nous a éclairé : «pour vous répondre, je commence par poser cette question : est-ce que le public est suffisant pour répondre aux besoins des populations ? Est-ce que le privé tout seul est suffisant ? La réponse est non pour les deux cas. C’est pour cela que l’on doit être dans la complémentarité». Pour lui, «aujourd’hui, ce n’est pas tant la question du public-privé qui importe. Ce qui est fondamental, c’est d’avoir les ressources humaines suffisantes pour répondre aux besoins de la population, parce que nous sommes en-deçà des ratios, avec un gap important. Il manque 32.000 médecins et 65.000 infirmiers. Évidemment, il n’est pas facile de les former rapidement. C’est pour cela que nous avons vu avec le chef du gouvernement pour que l’on prenne certaines décisions par rapport à cet état de fait».

 

Des expériences réduites

Le Royaume a en effet commencé à explorer les PPP dans le secteur de la santé depuis déjà quelques années. Il en a fait jusqu’à présent des expériences plutôt réussies. Bien qu'il y ait eu quelques projets en cours, le Maroc est encore en train de développer sa stratégie PPP pour le secteur de la santé et de mettre en place un cadre réglementaire clair et cohérent. Actuellement, les projets de PPP dans le domaine de la santé au Maroc sont relativement limités et se concentrent principalement sur des domaines tels que la construction, la gestion et l'exploitation d'hôpitaux.

Par exemple, il y a eu des projets de PPP pour la construction d'hôpitaux universitaires à Casablanca et Marrakech, ainsi que pour la gestion d'hôpitaux à Tanger et Meknès. Rappelons aussi que ces partenariats ont permis de développer des cliniques mobiles de dépistage du cancer du sein (entre la Fondation Lalla Salma et le ministère de la Santé) ou encore le programme national de lutte contre le SIDA, fruit d’un partenariat entre le ministère et l'organisation internationale Unitaid. En définitive, si ces exemples montrent comment les partenariats public-privé peuvent contribuer à améliorer l'accès aux soins de santé et à renforcer les capacités du système de santé marocain, il est important de souligner que lesdits partenariats doivent être bien encadrés et transparents pour éviter tout risque de privatisation excessive ou de conflits d'intérêts. 

 

 

 

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