Lutte contre la corruption : Le digital comme levier

Lutte contre la corruption : Le digital comme levier

Le Maroc a fait de la transformation digitale son cheval de bataille dans l’atteinte des objectifs assignés à la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la corruption (2015-2025).

 

Par D.M.

Comme évoqué dans son rapport au titre de l’année 2022, l'Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC) réaffirme son engagement dans la lutte contre la corruption. Et ce, en misant sur la relation étroite entre la transformation digitale et la gouvernance responsable, la trans- parence, la prévention et la lutte contre la corruption.

Le discours du Roi Mohammed VI à l’ouverture de la 1ère session de la 1ère année législative de la 10ème législa- ture, vient conforter cette dynamique. «L’utilisation des nouvelles technolo- gies contribue à faciliter l’accès, dans les plus brefs délais, du citoyen aux prestations, sans qu’il soit nécessaire de se déplacer souvent à l’Adminis- tration et de s’y frotter, car c’est là la cause principale de l’extension du phénomène de corruption et du trafic d’influence».
 

Selon l’INPPLC, trois volets sont à prendre en compte dans l’atteinte des objectifs escomptés en termes de probité, de prévention et de lutte contre la corruption, garantissant par la même occasion la réussite de la transformation digitale.

Le premier volet concerne la mise en place d’un cadre stratégique. En effet, le succès de la transformation digitale dépend de l’existence de ce cadre qui garantit aussi bien un portage de haut niveau pour une mobilisation et une adhésion mas- sive et participative, mais aussi une vision globale et intégrée, avec des stratégies et des plans opérationnels pour son aboutissement. Ce cadre stratégique permet également le ren- forcement et la structuration d’une gouvernance autour d’organes dont les rôles et les responsabilités sont clairement définis et bien articulés. En second lieu, une transformation digitale orientée citoyen. Le citoyen est mis en avant dans l’orientation de cette transformation digitale. Celle-ci passe par l’amélioration de la qualité des services publics, la mise en place des moyens d’appréciation et d’éva- luation, ainsi que la consolidation de l’inclusion digitale des citoyens. Et ce, en renforçant les infrastructures qui tiennent compte des spécificités de certaines catégories de la popu- lation et qui privilégient les services de proximité.

Le troisième volet a trait à l’ins- tauration des mesures d’accompagnement et de conduite de changement, particulièrement en matière de renforcement et de valorisation du capital humain, avec des actions de sensibilisation, de formation et de motivation, outre la consolidation du cadre réglementaire et norma- tif, encadré par l’article 167 de la Constitution de 2011.

De plus, la Stratégie marocaine de prévention et de lutte contre la corruption tire également sa force de l’engagement du pays à l’international, avec la présentation de la résolution portant sur le «Suivi de la Déclaration de Marrakech sur la prévention de la corruption». Lequel a été adopté par la 10ème  conférence des Etats parties à la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC), tenue en décembre dernier à Atlanta, ainsi que par une vingtaine de pays africains de la «Déclaration de Rabat» qui a été soumise en tant que document officiel de ladite conférence. Rappelons que le rap- port de l’INPPLC en 2022 avait classé le Royaume à la 97ème place sur 176 pays évalués, un résultat néga- tif dans l’indicateur lié à l’efficacité judiciaire avec un score de 32,8/100, et 38,7/100 au niveau de l’indicateur lié à l’intégrité du gouvernement. Il avait enregistré une régression dans les indicateurs subsidiaires liés à la justice pénale à 0,36/1; à l’absence de corruption à 0,42/1; aux droits fondamentaux à 0,42/1 et au gouvernement ouvert à 0,43/1. Conscient de cette réalité peu satisfaisante, Mohamed Bachir Rachdi, le président de l’INPPLC, avait affirmé que l’Instance se baserait sur des axes stratégiques, en vue de mobiliser les institutions et la société pour mener ensemble un changement de paradigme tangible et durable.

Ledit rapport soulignait également la nécessité d'intensifier les efforts de simplification des procédures, en les orientant vers l'accélération et la réalisation d'impacts concrets. Comme il proposait de cartographier les risques de corruption dans le domaine de l'investissement et de la gestion des affaires.

Par conséquent, la transformation digitale pourrait être un levier significatif dans les réformes dont a besoin le Maroc pour lutter contre la corruption. 

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