Dialogue social : Difficile compromis sur les retraites et le droit de grève

Dialogue social : Difficile compromis sur les retraites et le droit de grève

Sur le premier point, les syndicats estiment que l’offre du gouvernement est purement technique, sans prendre en considération les acquis des travailleurs. Pour le droit de grève, toute mouture non concertée est vouée à l’échec.

 

Par C. Jaidani

Dans le cadre du dialogue social, le gouvernement, les syndicats et le patronat ont trouvé un compromis sur l’augmentation des salaires. Mais les discussions sur les retraites et le droit de grève n’ont pas encore abouti à un résultat tangible. En dépit des bonnes intentions des différentes parties, un accord final semble difficile. Devant le Parlement, Aziz Akhannouch, chef de l’exécutif, a annoncé, dans le cadre de la présentation de son bilan de mimandat, que «le gouvernement a pris des initiatives importantes et courageuses.

Des réformes majeures sont initiées afin de renouveler le contrat social et lui poser de nouveaux fondements. Nous voulons instituer un dialogue social global et intégré comportant tous les aspects». Pour rappel, l’offre du gouvernement consiste à relever l’âge de la retraite à 65 ans, l’augmentation du taux de cotisation, du mode de calcul de la pension avec une tendance baissière afin de sauvegarder les caisses de retraite. Cette option a été rejetée catégoriquement par les syndicats, estimant que c’est un retour en arrière pour ce qui est des acquis des travailleurs.

«Au lieu d’entamer une véritable réforme des retraites, le gouvernement cherche la voie la plus facile et la plus simple qui regroupe des dispositions strictement techniques où le salarié doit payer le plus grand fardeau. Nous n’allons pas faire de concessions sur ce sujet ainsi que sur celui du droit de grève, car cela touche les droits fondamentaux des salariés», souligne Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’Union marocaine du travail (UMT). Et d’ajouter  : «Nous adoptons une position ferme concernant le projet de loi organique concernant la grève, et nous allons rejeter tout texte qui ne garantit pas le plein droit des salariés. Par le passé, nous avons bloqué toutes les tentatives qui voulaient spolier ce droit ou l’affaiblir».

Rappelons que la mouture proposée par le gouvernement comporte certaines conditions jugées contraignantes par les syndicats, comme l’obligation de dresser la liste des grévistes avec leur numéro de CIN. Il faut aussi recueillir 70% de signatures des personnes qui observent le mouvement. Par ailleurs, un préavis est aussi exigé afin de permettre aux patrons de prendre les dispositions nécessaires pour assurer le bon fonctionnement de leur entreprise.

«Il n’existe aucun accord définitif sur les retraites ou le droit de grève. Les discussions sont toujours en cours. Nous privilégions le consensus. Nous redoutons que le gouvernement opte pour le fait accompli et promulgue des lois dédiées sans tenir compte de nos recommandations. Car cela peut présenter un risque pour la paix sociale. Nous sommes pour l’équilibre des caisses de retraite, sans que cela soit aux dépens des salariés. L’Etat doit supporter lui aussi une partie du fardeau», explique Houcine Yamani, secrétaire de l’Union nationale du gaz et du pétrole (UNGP), affiliée à la Confédération démocratique du travail (CDT).

Il poursuit que «la retraite dépend de deux paramètres. Le premier concerne la relance économique, car il faut beaucoup d’affiliés et de cotisants. Avec le taux de chômage enregistré actuellement et les perspectives d’avenir peu prometteuses de l’emploi, de nombreuses incertitudes planent. Le deuxième a trait à la gouvernance, puisque la plupart des caisses de retraite sont gérées par l’Etat, en l’absence d’une participation des affiliés et des retraités. Il faut un débat national sur ce sujet. Pour ce qui est du droit de grève, nous sommes attachés aux droits fondamentaux, à savoir la Constitution qui le reconnait formellement et aussi les conventions internationales signées par le Maroc. On ne peut remplacer une loi constitutionnelle par une loi organique. Je dois rappeler que plus de 70% des grèves sociales observées au Maroc sont dues au non-respect de la loi». 

 

 

 

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