Centres urbains émergents: le département de tutelle compte lancer une nouvelle stratégie

Centres urbains émergents: le département de tutelle compte lancer une nouvelle stratégie

Ces petites agglomérations permettent d’offrir des logements à prix abordable et de lutter contre l’exode rural.

Une attention particulière est accordée aux régions vulnérables.

 

Par C. Jaidani

L’urbanisation connaît un essor remarquable au Maroc. La part de la population rurale par rapport à la population totale n’a cessé de diminuer au profit des villes. Actuellement, elle est estimée par le haut-commissariat au Plan (HCP) à 36,14%. Cette tendance devrait se poursuivre suivant le même scénario des pays développés. Plusieurs métropoles ont vu leur nombre d’habitants exploser, créant des défis majeurs pour la communauté en matière d’habitat, d’infrastructures, de services de base, de sécurité ou de transport. Pour remédier à ces problématiques, la création de villes nouvelles ou de centres urbains émergents (CUE) est considérée comme une solution.

La première option n’a pas donné les effets escomptés. Au contraire, elle a créé de nombreuses entraves aussi bien pour les citoyens que pour les autorités. Les villes de Tamesna, près de Rabat, Tamansort, près de Marrakech, ou Lakhyayta, aux environs de Casablanca, sont un échec. La deuxième option par contre a montré sa pertinence, et les exemples ne manquent pas. Généralement, il s’agit d’un petit patelin implanté dans le monde rural qui se développe autour d’un souk hebdomadaire. Les cas les plus réussis sont ceux qui sont limitrophes des grandes villes, à l’image de Tit Mellil, Dar Bouazza, Aïn Harrouda pour Casablanca, ou Ain Aouda, Boulknadel, El Arjate pour Rabat. Pour favoriser ces CUE, le département de tutelle a pris une série de dispositions. «Le monde rural représente 98% du territoire national et 85% des collectivités territoriales.

Selon une approche participative, nous avons travaillé pour concevoir une vision et des programmes intégrés afin de faciliter les constructions dans ce milieu et favoriser le développement des centres urbains qui permettent de lutter contre l’exode rural et de réduire la pression sur les villes», a souligné Fatima Zahra Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, lors de sa réponse à une question orale à la Chambre des représentants. En effet, le coût d’acquisition des biens immobiliers, particulièrement les logements, dans les CUE est plus abordable par rapport aux autres villes, et ce à cause du faible coût de production, notamment le foncier qui représente parfois plus de 60% du coût total.

«Le développement de ces centres urbains émergents ne relève pas uniquement de notre département, mais nécessite la contribution d’autres acteurs publics ou privés, particulièrement pour les patelins implantés dans des zones où la vulnérabilité est importante. L’analyse territoriale a permis d’identifier 281 communes dont la vulnérabilité dépasse les 73%. 179 de ces entités sont situées dans des zones montagneuses. L’ensemble de ces communes regroupe plus de 3 millions d’habitants, soit 8,33% de la population nationale», explique Mansouri. A cet égard, le ministère a élaboré des projets d’aménagement de territoire dans trois régions (Marrakech-Safi, Béni Mellal-Khénifra et draâ-Tafilalt) englobant 32% des communes les plus vulnérables. Dans un premier temps, le programme vise 29 communes contenant 200.000 habitants. Il va être progressivement étendu à d’autres régions.

«Ce programme permettra de réduire les inégalités interrégionales et d’améliorer la qualité de vie de la population rurale. Il assure une bonne couverture du territoire par les documents d’urbanisme tout en activant l’accompagnement technique des demandeurs d’autorisation de construire», affirme Mansouri. La ministre a rappelé que son département travaille en étroite collaboration avec d’autres administrations pour réformer la loi sur l’urbanisme. Il s’agit aussi de mettre en place une procédure plus simple et une gouvernance en adéquation avec les spécificités du monde rural.

 

 

 

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