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Violences conjugales: «Il faut agir dès les premiers signaux d’alerte»

Violences conjugales: «Il faut agir dès les premiers signaux d’alerte»

 Isolées avec leur conjoint en raison du confinement, plusieurs femmes ont été victimes de violences conjugales et domestiques.

Plus de 500 actes de violence faits aux femmes ont été enregistrés depuis le début du confinement.

 Lamya Ben Malek, championne de France de débat en 2018 et fondatrice du mouvement «She By She», dresse la situation de ces femmes en cette période. 


Propos recueillis par C. Abounaim 

 

Finances News Hebdo : En cette période de confinement, plusieurs femmes ont été victimes de violences conjugales. Quelle interprétation faites-vous de ce comportement qui renforce la situation de détresse chez les femmes ?

Lamya Ben Malek : Les violences conjugales ne sont pas propres à une situation de confinement et ont lieu toute l’année. Ces dernières ont augmenté ces deux derniers mois dans l’ensemble des pays et n’ont cessé d’être l’objet de plusieurs alertes de l’Organisation mondiale de la santé, mais aussi de la société civile.

En effet, selon la Fédération des ligues des droits des femmes (FLDF), du 16 mars au 24 avril, un total de 541 actes de violence a été enregistré contre des femmes, soulignant que la violence psychologique a représenté le taux le plus élevé avec 48,2%, suivie par la violence économique avec 33% et la violence physique, dont le taux a dépassé 12%, en plus de certains cas de violence sexuelle.

Nous n’avons pas de données fiables concernant l’augmentation du nombre d’hommes victimes de violences conjugales, il est nécessaire de souligner que ces derniers sont des victimes au même titre que les femmes, en proportion moindre.

En période de confinement, les victimes sont isolées avec l’homme ou la femme qui est violent(e).

Il est plus difficile de pouvoir appeler à l’aide ou même d’en parler dans un même espace.

Contraintes de rester chez elles et avec peu de contact extérieur, les victimes ont encore plus l’impression de ne pas avoir d’échappatoire.

Un sentiment de détresse, d’insécurité et d’impuissance est donc encore plus exacerbé en cette période de confinement.

 

F.N.H. : Quels sont les dispositifs nécessaires mis en place par l’Etat pour protéger ces femmes ?

L. B. M. : Les cellules d’écoute et d’aide mises en place par le gouvernement et les associations bénévoles remplissent une fonction de réorientation vers les autorités compétentes, les centres d’hébergement d’urgence et assurent également, pour certaines d’entre elles, un accompagnement psychologique.

L’Union nationale des femmes du Maroc a institué un réseau national pour l’accompagnement psychologique de ces victimes. Ainsi leur cellule d’aide nationale est joignable au 8350. (7j/7, 24H/24).

L’ONU Femmes Maroc a dans ce sens, mis en place un annuaire de recours regroupant tous les services des organisations de la société civile, des Ministères Public et de la Santé.

À titre informatif, pour les situations d’urgence relatives aux violences physiques, il faut appeler le 112 (Urgences Police) ou le 19 (Police).

Il est également important de rappeler que les voisins, amis, et familles des victimes, peuvent contacter la Police pour les alerter et leur fournir des témoignages. Un appel peut considérablement aider une victime.

 

F.N.H. : Quels sont vos conseils pour les femmes victimes de violences en cette période ?

L. B. M. : Le conseil que je pourrais donner aux victimes de violences conjugales, en cette période comme le reste de l’année, est d’en parler, de briser le silence. L’amour et le mariage ne doivent jamais légitimer ou justifier des actes de violences. Les enfants et les conditions matérielles ne doivent jamais constituer un motif d’acceptation. Le contact peut se faire auprès d’un proche compréhensif et apte à aider, tout comme auprès des cellules d’aide mises en place pour lutter contre ce fléau.

Il est du devoir de tout un chacun, de prêter une attention particulière aux victimes, qu’elles aient des séquelles physiques visibles ou non. Il faut agir aux premiers signaux d’alerte, ne pas les aider est une façon de cautionner les violences qu’elles subissent.

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