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Un jour, une œuvre : Drissi, peintre de l’angoisse

Un jour, une œuvre : Drissi, peintre de l’angoisse

Ce beau-livre est de ceux rares, très rares, qui, de page en page, provoquent une sorte de stupeur ravie.

Il suffit de l’ouvrir sur la table d’un libraire, de le feuilleter, pour être séduit déjà par la rigueur et la beauté de la mise en page, par la qualité des reproductions proposées. Après avoir fait le constat des formes de somptuosité qui subliment ce livre, commence la lecture…

L’érudition de Mohamed Rachdi, le charme et l’intelligence des textes de Rachid Amahjour, Abdelbaki Belfakih, Mostafa Chebbak, Jean-François Clément, François Devalière, Jean Lancri, Yvon Le Bras et Nicole de Pontcharra constituent la plus excitante méditation sur les relations «corps/espace».

Extraordinaire déchiffrement, extraordinaire interprétation qui met, ici, en évidence la signature conceptuelle de Mohamed Drissi (1946-2003) dans le domaine de la peinture, qui révèle, là, la force et la pertinence des œuvres d’Emil Nolde, Ernst Krichner, Oskar Kokoschka, Egon Schiele ou encore d’Otto Dix.

L’ouvrage que lui consacre les éditions Le Fennec est la biographie et l’étude la plus rigoureuse de ce peintre de l’angoisse. Il est l’un des plus équilibrés, sereins et cohérents artistes figuratifs préoccupés par la condition humaine et sa tragédie.

Ce sont - le parti pris éditorial est une parfaite réussite - des détails des œuvres reproduites en pleines pages ou en double pages encore qui accompagnent alors le texte. Puis en regard de leurs reproductions, les analyses stylistiques de pas moins de trente œuvres du peintre sont proposées. Enfin la dernière partie de ce beau-livre donne à voir un petit aperçu sur le parcours de l’artiste.

Ici, une monographie de l'artiste sur le thème des relations corps/espace dans son œuvre, agrémentée de témoignages et d'une chronobiographie.

L’ouvrage est le premier de la série «collection Abstrakt», centrée sur les artistes marocains. De formation atypique et d'un tempérament original, Mohamed Drissi a développé une pratique artistique débridée, se libérant ainsi des emprises patriarcale et culturelle.

*«Mohamed Drissi : corps/espace», Editions Le Fennec, sous la direction scientifique de Mohamed Rachdi, 2010, 200 pages

 

Par R.K.H

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