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Culture & Société

Presse : Tout sur la Charte de déontologie

Actualité Culturelle Maroc - Presse : Tout sur la déontologie
Mardi 17 Septembre 2019 - Par Finances News

Entretien avec Younes Moujahid, président du Conseil national de la presse


 

La Charte de déontologie vise à instaurer un ensemble de règles de bonne conduite pour le travail des journalistes.

Une campagne d’envergure sera menée pour la promouvoir auprès des professionnels.

 

Propos recueillis par C.J et B.C

 

Finances News Hebdo : La Charte de déontologie du journalisme est entrée en vigueur durant l’été. En quoi est-ce un document important pour le secteur des médias en particulier, et le Maroc en général ?

Younes Moujahid : Ce n’est pas une charte nationale ou pour un pays donné, les chartes sont universelles. Il n’y a pas de ciblage particulier, c’est un ensemble de principes et de valeurs morales qu’il faut respecter, comme les droits de l’Homme.

Chaque journaliste détenant une carte de presse, quel que soit son domaine d’activité (presse écrite, audiovisuelle ou électronique), public ou privé, est tenu d’observer les principes de la charte.

Pour les entreprises de presse, il existe une certaine différence puisque celles opérant dans l’audiovisuel sont soumises à un cahier des charges spécifiques de la Haca, alors que les autres sont tenues aux mêmes engagements de la charte.

Par ailleurs, nous sommes en discussion avec la Haca pour que les radios ou les télévisions disposant d’un site électronique, soient soumises au code déontologique du CNP.

 

F.N.H. : Quelle a été l’approche adoptée par le Conseil national de la presse (CNP) pour concevoir ce document ?

Y. M. : Nous avons entamé une série de discussions pour choisir la démarche à suivre et arrêter nos orientations. Nous nous sommes basés sur des documents élaborés au Maroc.

Il existe déjà un travail effectué entre le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) et la Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ), qui a permis d’élaborer un code d’éthique adopté au début des années 2000, dans le cadre de l’Instance nationale de déontologie et de la liberté d’expression. C’est un texte qui a été largement discuté avec les journalistes, les organismes des droits de l’homme et autres personnalités de la société civile qui ont présenté leurs avis et leurs propositions.

Nous avons aussi consulté d’autres conseils, au niveau international.

Cela nous a permis de prendre en considération les différentes observations, remarques et recommandations de plusieurs parties.

 

F.N.H. : Quels sont les principales caractéristiques et les points forts de cette charte ?

Y. M. : Pour l’élaboration de la charte, nous avons discuté des priorités mais en fin de compte nous avons conclu que tout est important pour notre secteur. Il existe certains éléments qui sont déjà encadrés et sanctionnés par la loi comme la diffamation, l’incitation à la haine ou l’apologie de la violence.

Mais l’objectif de la charte est d’instaurer un ensemble de règles de bonne conduite pour le travail des journalistes. Le CNP a le droit de prononcer des sanctions mais ce n’est pas notre principal intérêt. Nous voulons, à travers la charte, promouvoir les bonnes pratiques et l’esprit d’éthique.

 

F.N.H. : La Charte prévoit-elle des mesures contre la prolifération de certaines pratiques qui entachent l'image de la profession, comme la Fake News ?

Y. M. : Nous allons ouvrir un débat avec les journalistes et les éditeurs et allons mener toute une campagne nationale pour promouvoir la charte. C’est un travail qui s’inscrit dans la durée.

Le CNP a une responsabilité sociale. Nous sommes pour la défense de la liberté, mais nous allons lutter contre les mauvaises pratiques qui causent des dommages collatéraux, et les fake news en font partie. C’est un chantier sur lequel nous travaillons pour arriver à des résultats tangibles.

 

F.N.H. : Avez-vous défini un plan d’action pour diffuser cette Charte auprès des professionnels, et la faire appliquer ?

Y. M. : Nous sommes en train de travailler sur un plan d’action qui sera lancé prochainement. Des commissions se réunissent une à deux fois par semaine pour arrêter le programme. Des réunions seront organisées avec les représentants des journalistes et les responsables des journaux. Nous allons travailler également avec la société civile et d’autres organismes concernés, comme le département de la Culture et de la Communication ou celui de l’Enseignement et de la Formation.

Nous allons discuter avec des experts et des observateurs concernés par le sujet ou des organismes internationaux. La pédagogie des médias est très importante pour l’évolution du secteur.

 

F.N.H. : Qu’en est-il de l’affaire Hajar Raissouni. Quelle est votre position sur le sujet ?

Y. M. : Le président du CNP ne peut se prononcer sur les questions de déontologie, car il existe une commission dédiée habilitée à le faire. Nous ne pouvons pas nous prononcer avant elle. ◆

(NB : Le CNP a diffusé, quelques jours après la réalisation de cet entretien, un communiqué à propos des dépassements de la part de certains supports médiatiques concernant cette affaire)

 

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