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Musique : La nuit, Casa rave encore

Musique : La nuit, Casa rave encore

Une soirée électro #BornToMix s’est tenue à Casablanca. De jolis noms (Bel âge & Nawfal, Irénée S, Nomads, Daox, Amine K) pour une jolie nuit : ça groovait dans tous les sens. On y était, et on vous raconte.

Par R. K. Houdaïfa

 

Que l’on soit jeune ou vieux, à l’affût des nouvelles technologies ou non, Absolut Maroc a étonné et a proposé un bel aperçu de ce que la culture électronique a à offrir aujourd’hui. Pour sa session #BornToMix, la fine fleur de l’électro marocain a été réunie dans l’un des lieux incontournables de la fête à Casablanca, le soir du jeudi 9 juin 2022.

Le soleil de la veille s’est évanoui. Il faisait un peu gris, mais ça tombe bien, on va voir une musique qui réchauffe. A Aïn Diab, devant l’entrée du Shore Club teintée de lumières, une petite queue et quelques malchanceux qui demandent des places, forcément alléchés par un joli line-up et par les basses sourdes que l’on entend résonner de l’extérieur.

De #BornToMix, il était partout question. Un jeune couple ne dissimule pas sa joie d’avoir pu obtenir des passes. «C’est grâce à un ami qui travaille dans le tourisme qu’on les a obtenus, confie le mari. Si je n’avais pas décroché ces bracelets, ma femme aurait été déçue». Celle-ci intervient : «Je t’en aurais voulu (rires)... On l’avait presque oubliée cette sensation : la chaleur des corps percutant le nôtre dans une vaine tentative d’atteindre les premiers rangs au plus près de la scène».

Pour y accéder, il faut descendre les escaliers d’où l’on obtient une vue imprenable sur le lieu. On jette un coup d’œil en arrivant en bas, et on se glisse doucement dans l’espace dédié à la fête, où la Sound System est étonnamment agréable. Ici, on y croise un public composé d’allumés – ils ont fini leur premier cocktail – et de trentenaires lookés : le style, s’il n’est pas noir, il est flashy. Ce soir-là, il n’y avait ni notables ni gens «sans qualité», ni riches ni pauvres, ni hommes ni femmes; ils sont tous unis dans cette Private Party. Un magma impraticable.

21h. La foule est désormais innombrable, au sens plein du terme. En liesse, surtout… c’est le plus important ! Il faut dire que le plateau mitonné pour cette soirée est particulièrement relevé, avec une entrée en fanfare (Bel âge & Nawfal), un entremets jouissif sous des airs organic, ethnic et afro house (Irénée S), un mets à double saveur mêlant house, disco, techno ou hip hop (Nomads), et un plat sucré aux sonorités deep techno provenant de l’école de Chicago et de Detroit (Daox). Amine K, quant à lui, a joué la carte de la clôture prophétique : toutes lumières allumées derrière lui, danseuses pour l’accompagner, il ne débarqua point comme une apparition furtive pour s’installer doucement dans nos têtes. C’est tout de suite une nappe sonore qui décolle, puis le rythme qui part, les jeux de lumière avec : ça tabasse fort et rapidement avec ses morceaux magistraux et obsédants.

Chacun dans son genre, céleste et vaporeux, dans son style, violent, électrique, doux ou mielleux, se dépensa sans compter Behind the decks. Rien que des stars adulées à qui, pourtant, le public vole la vedette. On ne manque pas d’être irrésistiblement happé par ce dernier, qui, non seulement s’est rendu en nombre, mais y a accompli une singulière prestation, en donnant de la voix, en dansant avec entrain, en galvanisant les artistes, en les chahutant gentiment parfois, et en les applaudissant souvent.

Secoués par les rythmes d’une électro propice à l’oubli de soi, les amateurs d'expériences pas comme les autres ont pris leur pied. Boum, boum, boum…

 

 

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