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Politique

Programmes électoraux des partis : Une avalanche de promesses non fondées ?

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 4 Octobre 2016 à 06:26
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Presque tous les partis promettent une croissance économique, une baisse du chômage et une réduction de l’endettement.

Des promesses démesurées qui dépassent les capacités de réalisation de l’économie nationale durant un mandat de cinq ans.

A quelques jours du scrutin du 7 octobre, on ne sait toujours pas grand-chose de ce que certains partis politiques proposent comme programme électoral. Seules les grandes formations politiques ont joué le jeu, bien avant le lancement de la campagne, en diffusant à grande échelle leurs feuilles de route, et ce à travers les différents canaux de transmission disponibles : presse, réseaux sociaux, etc. Mais peu d’entre-elles ont osé tenir une conférence de presse pour aller encore plus loin dans le détail face aux journalistes. En dehors du porte-à-porte habituel en pleine campagne, de nombreux partis se contentent de véhiculer leurs messages et soi-disant programmes, bénéficiant notamment du temps de parole institutionnalisé par la HACA pour réguler leur passage dans les mass médias audiovisuels.

Mis à part les quelques partis politiques qui ont bien voulu rappeler la méthodologie et la durée de confection de leurs programmes économiques (ces derniers souvent confiés à des experts internes ou externes), les documents consultés des autres partis se distinguent par la médiocrité du diagnostic, de l’analyse et, au mieux, par une avalanche de mesures irréelles et sans fondement. Cela s’apparente à une surenchère de chiffres, loin de ressembler à une vision prospective réalisable à l’horizon 2021. Certaines formations ont préféré rester prudentes en multipliant les hypothèses et les scénarios de croissance, en fonction notamment de la saison agricole et de la tarification du baril de pétrole. D’autres ont fait part d’un optimisme exagéré, tablant sur des niveaux de croissance nettement audessus des capacités de production réelles et disponibles de l’économie marocaine. Pour en être convaincu, il suffit de regarder la courbe tracée du PIB de ces cinq dernières années, y compris dans le scénario d’une bonne saison agricole, conjuguée à une forte baisse des prix des produits pétroliers. Certaines promesses énoncées laissent même planer le doute sur la capacité à les réaliser tant elles paraissent démesurées. A l’image de ce leader de parti qui n’hésite pas à s’engager devant ses fidèles à assurer une répartition équitable des richesses durant les 100 premiers jours du gouvernement, ou encore ce candidat d’un parti de l’opposition qui promet une réduction immédiate de l’effectif maximum par classe d'élèves de l’enseignement public primaire. Il est facile d’énumérer une multitude de mesures de ce genre qui déplacent désormais l’enjeu du rendez-vous électoral du 7 octobre sur un nuage de mensonges tout aussi manifestes. Presque tous les partis promettent une croissance et un chômage peu élevé. Mais de là à dire que le Maroc va changer de modèle économique au cours du prochain mandat, cela dépasse la logique d’un système économique. Aussi, l’idée de baisser l’endettement paraît séduisante et relaxante en ces temps d’austérité, mais l’absence du «comment faire pour y arriver» rend les programmes économiques de nos partis moins attractifs d’un point de vue économique.

Le candidat d'abord, le parti après !

Chaque parti a donc joué sa partition, en ciblant les mêmes indicateurs socioéconomiques, mais les prévisions sont disparates selon la couleur politique de chaque projection. Cela devrait normalement donner du goût à la campagne électorale qui a débuté le samedi 24 septembre dernier. Seulement voilà, il semble encore étrange de voir les 33 partis du paysage politique défendre leurs programmes électoraux conçus avec soin et délicatesse. La pratique, il faut le reconnaître, est récente et, partant, il faudra du temps pour renforcer son ancrage dans la vie partisane mais, surtout, chez les citoyens électeurs qui accordent très peu d’intérêt au contenu programmatique. L’histoire électorale récente du Maroc nous renseigne que le premier critère déterminant le choix d’un candidat est lié à son nom et à sa notoriété au sein de la circonscription et à la qualité de son profil. Le candidat d’abord, le parti après ! Quand bien même un programme économique serait bien ficelé et plein de belles promesses, cela ne servirait pas à départager les candidats. Puis, à quoi bon voter pour un programme si demain après la constitution de la majorité gouvernementale, il sera jeté aux oubliettes, cédant la place à un nouveau document multipartisan qui ne ressemble en rien à ceux annoncés, défendus et engagés en pleine campagne préélectorale ?

W. E. M.

6.992 candidats face aux électeurs

Un total de 1.410 listes de candidature ont été présentées au titre des circonscriptions électorales locales et de la circonscription électorale nationale, comprenant 6.992 candidats et candidates, a fait savoir le ministère de l’Intérieur dans un communiqué. La même source a précisé que 1.385 listes ont été déposées au titre des circonscriptions locales, comprenant 4.742 candidats et candidates, soit une moyenne de 15 listes par circonscription. Le nombre de listes déposées au niveau de chaque circonscription locale varie entre 9 et 25 listes.

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