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Immobilier : Les freins à une relance qui se fait attendre

Prix élevés, capacité d’endettement des ménages limitée et lenteurs administratives freinent la reprise du marché immobilier, estime Mohamed Lahlou. Le président de l’Union des agents immobiliers de la région de Casablanca-Settat plaide pour une révision de la fiscalité et des mesures favorisant la mobilisation du foncier et l’accès au logement.

CJPar Charaf Jaidani
|Publié le 2 Novembre 2026 à 20:00
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immobilier maroc

Finances News Hebdo : Comment jugez-vous l’évolution du secteur immobilier ?

Mohamed Lahlou : La relance tant attendue n’a pas eu lieu. L’on constate un climat d’attentisme qui prédomine. Les grandes métropoles sont fortement impactées par la cherté du foncier et des matériaux de construction. Du coup, les promoteurs n’ont d’autre alternative que de répercuter ces hausses sur les prix de vente des biens immobiliers. La vitesse de réalisation des constructions ou des transactions est au ralenti. Cette tendance haussière des prix est maintenue car le pouvoir d’achat des citoyens ne suit pas cette flambée et l’inflation.

De plus, la capacité d’endettement des ménages est saturée. Ces derniers ne peuvent donc financer leurs projets immobiliers. Plus les prix de l’immobilier sont chers et plus les frais d’enregistrement, de conservation, notariaux alourdissent le prix d’achat final et dissuadent de nombreux acheteurs de concrétiser leurs transactions.

Du côté de l’offre, les promoteurs sont confrontés à des retards pour l’obtention des autorisations de construire, de l’éclatement du titre foncier mère, ainsi qu’à des difficultés pour avoir le permis d’habiter. Il faut noter également que bien que le taux directeur ait été ramené à 2,25% par Bank Al-Maghrib, les taux d’intérêt pour l’immobilier pratiqués par les banques n’ont pas baissé.

F. N. H. : Avez-vous des propositions fiscales concernant l’immobilier ?

M. L. : Si l’on se réfère au programme électoral de certaines formations politiques qui composent la coalition gouvernementale, comme le Parti authenticité et modernité (PAM), il est proposé de fixer le taux de l’impôt sur le revenu (IR) à 10% pour un revenu annuel ne dépassant pas 50.000 DH pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages.

Par ailleurs, il est important de revoir les taux de la TVA sur l’immobilier, la Conservation foncière ainsi que l’enregistrement. En tant que professionnels, nous avons prôné de relever le taux de la taxe sur les terrains non bâtis (TNB) pour inciter les propriétaires de terrains à vendre et mobiliser ainsi le foncier nécessaire sur le marché.

Pour ceux qui possèdent un stock de terrains, il faut leur fixer un délai pour la construction, passé ce délai la TNB devrait augmenter. Les réformes doivent être lancées dans un esprit de solidarité et de citoyenneté et non dans une logique de rentabilité.

F. N. H. : Qu’en est-il de la taxe sur les profits immobiliers (TPI) et n’est-il pas important de la revoir pour l’adapter à l’environnement socioéconomique des Marocains ?

M. L. : Effectivement, la TPI a besoin elle aussi d’une réforme. Car de nombreux vendeurs continuent de sous-déclarer leurs biens pour éviter de s’acquitter de gros montants à la Direction générale des impôts (DGI) ou diffèrent leur vente à plus tard. Nous proposons que les taux soient progressifs en fonction des montants à payer. Cela permettra d’impulser une nouvelle dynamique au secteur.

Nous proposons également d’augmenter la taxe urbaine sur les villas dans les zones immeubles. Ces biens sont souvent détenus par les promoteurs pour servir de stock foncier à leurs projets immobiliers, causant une spéculation importante.

F. N. H. : Quelles sont vos attentes par rapport à ce nouveau gouvernement dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri ?

M. L. : Les Marocains ont plusieurs attentes de ce nouveau gouvernement, particulièrement dans les domaines à caractère social comme la santé, l’enseignement. L’accès au logement figure parmi les priorités de l’exécutif. Nous espérons que la cheffe du gouvernement, qui a piloté le secteur pendant le dernier gouvernement, continue de superviser les différents chantiers lancés pour assurer la reprise du secteur tant pour le logement social que pour toutes les catégories de logement. Il faut penser également à de nouvelles formules ou nouveaux modèles plus adaptés aux besoins des Marocains et que l’offre prenne en considération les spécificités régionales.

Le département de l’Habitat et de l’Urbanisme doit persévérer dans l’aménagement du territoire. Par exemple, en prévision de l’échéance de 2030, il est important de boucler le programme Villes sans bidonvilles (VSB) qui a pris du retard par rapport à la date qui lui a été fixée.

Daam Sakane a certainement augmenté l’offre de logements, mais ce programme n’a pas résorbé le déficit existant. A ce sujet, il faut revoir la condition concernant la durée du permis d’habitat qui ne doit pas dépasser deux ans afin de mettre sur le marché le stock existant, et augmenter l’offre.

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