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Du volume au rendement : Le PLF 2027 face à sa propre promesse

En trois mois, quatre textes ont dit la même chose. La circulaire du Chef du gouvernement du 5 août, le discours royal d'ouverture du Parlement du 9 octobre, les orientations du PLF 2027 validées en Conseil des ministres le 17 octobre et le programme gouvernemental présenté le 19 octobre convergent sur le diagnostic. Le débat ne porte donc plus sur ce qu'il faut faire. Il porte sur ce que cela coûtera, sur qui le paiera et sur la manière dont on saura que cela a marché.

MBPar Mohamed Boiti
|Publié le 26 Octobre 2026 à 12:00
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Il faut reconnaître au nouveau gouvernement une franchise peu commune. Devant le Parlement, la cheffe du gouvernement a admis que les fruits du progrès n'étaient pas parvenus de la même manière à toutes les catégories de la population ni à tous les territoires. Elle a fixé trois glissements: de l'extension de la couverture sociale à la qualité du service, du volume de l'investissement à son rendement, de la multiplication des programmes à leur complémentarité et à leur impact. Elle s'est même engagée à «dire la vérité sur les moyens et les contraintes».

C'est le bon cap. C'est aussi un engagement exigeant, car il change (enfin) l'unité de mesure. Un gouvernement qui promet du rendement accepte d'être jugé sur des résultats, et non plus sur des enveloppes. Or le programme gouvernemental, lu dans sa version intégrale, ne chiffre le coût d'aucun de ses engagements sociaux phares. Il ne fixe aucun objectif de création nette d'emplois. Il précise en outre que les programmes électoraux des partis de la majorité seront mis en œuvre «progressivement, selon le réalisme d'exécution et la soutenabilité des finances publiques». La clause est prudente, et elle est légitime. Mais elle fait du PLF 2027, premier budget de la législature, le moment où la promesse devra se convertir en chiffres.

Ma thèse est la suivante : le PLF 2027 pose le bon diagnostic, mais il repose sur une équation qui n'est pas encore bouclée. Elle tient sur trois paris. Le premier est que la redistribution passe désormais par la correction des marchés, et plus seulement par les transferts. Le deuxième est que la croissance se convertisse enfin en emplois. Le troisième est qu'une croissance de 5% suffise à financer le tout sans dépasser 3% de déficit. Ce sont les trois questions que pose, à juste titre, ce débat.

I. Redistribuer : compenser ne suffit plus, il faut corriger les marchés

Le PLF 2027 place en tête de ses priorités la restauration du pouvoir d'achat et la consolidation d'un Etat social durable, avec une «réforme structurelle des marchés et des prix» dès 2027. La nouveauté la plus intéressante n'est pas dans le montant des aides. Elle tient à l'endroit où le programme gouvernemental range cette réforme : non pas dans le volet social, mais dans l'axe consacré à la lutte contre la corruption et la rente. Le texte y annonce une réforme de l'organisation des marchés contre le monopole et «l'intermédiation opportuniste», avec un mécanisme dédié coordonné avec le Conseil de la concurrence.

Ce choix de classement vaut diagnostic. Il revient à dire que la cherté de la vie n'est pas seulement importée ou conjoncturelle, mais qu'elle est en partie fabriquée par la structure des circuits de distribution. Si c'est le cas, la vraie redistribution ne passe pas par un chèque supplémentaire. Elle passe par la réduction de la marge captée entre le producteur et le consommateur. C'est une redistribution primaire, qui modifie le partage de la valeur avant toute intervention de l'État. C'est aussi la seule qui ne coûte rien au budget. Trois limites, cependant, tempèrent cette promesse.

Un transfert n'est pas une redistribution des fruits de la croissance. Le programme porte l'aide sociale directe de 500 à 1 000 DH par mois d'ici 2031. Selon la circulaire d'août, ce dispositif bénéficie à environ 4 millions de ménages pour plus de 2,2 milliards de dirhams par mois, soit de l'ordre de 26 milliards par an. Doubler le montant unitaire coûterait donc, à périmètre constant, quelque 25 milliards de dirhams de plus par an en fin de mandat. C'est une estimation personnelle : le gouvernement n'en a publié aucune. Un tel transfert protège les ménages. Il ne leur redistribue pas la croissance; il compense son absence pour ceux qu'elle n'atteint pas.

Cibler sur le «revenu effectif» est une promesse difficile à tenir dans une économie largement informelle. Le programme annonce un reciblage de l'aide sur la base du revenu réel des ménages. L'intention est juste, car le système actuel de scoring a produit des exclusions contestées. Mais mesurer le revenu effectif de ménages dont les ressources ne sont ni déclarées ni régulières exige des données que l'administration ne possède pas encore. Le risque est de remplacer une erreur d'exclusion par une autre.

La baisse de l'impôt sur le revenu profite d'abord aux salariés déclarés. Le programme prévoit une réforme progressive de l'IR pour augmenter le revenu net des salariés et encourager l'emploi déclaré. La mesure se défend. Mais elle bénéficie mécaniquement à ceux qui paient l'impôt, donc pas aux ménages les plus modestes. Elle réduit en outre les recettes au moment même où les dépenses sociales augmentent. J'y reviendrai en troisième partie.

Reste la question décisive : la réforme des marchés aura-t-elle des dents ? Le précédent invite à la prudence. En 2023, l'affaire de l'entente sur les prix des carburants s'est conclue par une transaction d'environ 1,84 milliard de dirhams avec les distributeurs concernés, montant jugé dérisoire par une partie des syndicats au regard des marges en cause. Un mécanisme antiintermédiaires ne fera baisser les prix que s'il dispose de trois attributs : de vrais pouvoirs d'enquête, des sanctions dissuasives et la publication régulière des marges par filière. Sans cela, la réforme des prix restera un chapitre de plus de la politique de compensation.

II. L'emploi des jeunes : l'arithmétique contre l'ambition

Le programme a le mérite de nommer le problème avec les chiffres officiels. Près de 2,9 millions de jeunes de 15 à 29 ans ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation. Le chômage des 15-24 ans atteint 29,2%. Environ 300.000 élèves quittent chaque année l'école sans qualification. Les dernières données du HCP confirment l'ampleur du défi : au deuxième trimestre 2026, le chômage des 15-24 ans restait de 27,2%, et celui des femmes de 14,8%, contre 8,1% pour les hommes. Cet écart entre les sexes n'est pas conjoncturel; c’est même l’une des caractéristiques du chômage au Maroc (le HCP précise que sa nouvelle enquête de 2026 n'est pas directement comparable aux séries antérieures, ce qui complique d'ailleurs toute évaluation dans la durée).

Une promesse qui a disparu

En 2021, le gouvernement précédent s'était engagé sur un million d'emplois nets en cinq ans. Selon les bilans annuels du HCP, l'économie a perdu environ 24.000 emplois en 2022 et 157.000 en 2023, avant d'en créer environ 82.000 en 2024 et 193.000 en 2025. Le solde cumulé avoisine donc 94.000 emplois nets, soit moins de 10% de l'objectif. Le gouvernement sortant a revendiqué un bilan de 850.000 emplois créés, mais sans préciser sa méthode de calcul; l'écart entre les deux chiffres dit à lui seul la difficulté de juger une politique de l'emploi sans règle de mesure partagée.

Le nouveau programme ne reprend aucun objectif de ce type. On peut y voir de la prudence après un échec politiquement coûteux. On peut aussi y voir un renoncement. Sans cible d'emplois nets, il n'y a plus d'étalon pour juger la politique économique sur ce qui compte le plus pour les jeunes.

Des passerelles, pas des emplois

Le programme national annoncé pour 2027 prévoit chaque année 100.000 jeunes formés selon les besoins des entreprises et 100.000 premières expériences professionnelles. Il porte la capacité d'apprentissage à 150.000 – 200.000 places par an et promet l'accompagnement de 60.000 entreprises. Rapportés aux 2,9 millions de jeunes concernés, 200.000 jeunes touchés par an représentent environ 7% du stock. Surtout, ce sont des passerelles, pas des emplois. Une formation sans débouché ou un premier stage sans embauche ne fait que retarder le retour dans les statistiques du chômage.

L'essentiel tient dans une phrase de son programme : le gouvernement veut «corriger les défaillances dans la transformation de l'investissement en emploi». C'est l'aveu central. Le Maroc investit pourtant beaucoup. Selon le ministère de l'Économie et des Finances, le taux d'investissement a atteint 33,6% du PIB en 2025 et devrait dépasser 35% en 2026. L'investissement public dans les grands chantiers s'est établi à 112 milliards de dirhams par an en moyenne entre 2022 et 2025, contre 65 milliards entre 2015 et 2019. Sur ces mêmes quatre années, l'économie a créé environ 94.000 emplois nets. Mais cet investissement crée peu d'emplois, parce qu'il se concentre sur des infrastructures et des secteurs à forte intensité capitalistique, et parce que l'emploi agricole recule sous l'effet de la sécheresse. Un programme d'insertion ne corrige pas une économie qui crée peu d'emplois. Il trie mieux les candidats à des postes trop rares.

Quels leviers privilégier ?

1. La commande publique, à condition de cesser de la promettre. Le programme veut obliger par la loi les donneurs d'ordre publics à réserver 30% de la valeur de leurs marchés aux PME marocaines. L'idée n'est pas neuve. Un quota de 20% figurait déjà dans les textes depuis 2013, et la Confédération marocaine des TPE-PME dénonce depuis lors son inapplication faute de textes d'application. Le décret sur les marchés publics entré en vigueur en septembre 2023 a porté l'objectif à 30%, et

le gouvernement précédent a affirmé que la part des PME avait atteint environ 35%. La Confédération conteste ce chiffre. En septembre 2026 encore, elle réclamait aux partis l'application effective… du quota de 20%.

Que l'État et les premiers intéressés ne s'accordent même pas sur le point de départ en dit long. Le problème n'est pas le taux; c'est l'absence de mesure publique et vérifiable. Avant de légiférer sur 30%, il faudrait publier chaque année, donneur d'ordre par donneur d'ordre, la part réellement attribuée et réellement payée aux PME. C'est précisément la mission de l'Observatoire de la commande publique annoncé il y a plus d'un an. Le PLF 2027 promet, de son côté, d'accélérer la réforme du décret sur les marchés publics : le seuil des prestations par bons de commande passerait de 500.000 à 800.000 dirhams, et celui de l'appel d'offres simplifié de 1 à 1,5 million. Ces assouplissements sont utiles, mais ils ne règlent pas la question de la mesure.

2. La fiscalité et la trésorerie des TPME, angle mort du programme. Le texte ne dit pas un mot de l'impôt sur les sociétés des petites entreprises. Or, la réforme engagée par la Loi de Finances 2023 a fait converger le taux applicable aux plus petits bénéfices de 10% vers 20%, soit le taux des sociétés dont le bénéfice atteint jusqu'à 100 millions de dirhams. Les TPME y voient une injustice. À taux égal avec des entreprises cent fois plus grandes, elles subissent en plus des délais de paiement qui asphyxient leur trésorerie, notamment auprès des collectivités territoriales et des grands donneurs d'ordre privés, et un recouvrement fiscal qui ne tient aucun compte de ces retards.

La Confédération demande le retour au taux de 10% et avance le chiffre de près de 150.000 entreprises disparues entre 2022 et 2025, dont 99% de TPE, chiffre qu'elle seule publie à ce stade.

On peut discuter le niveau du taux. On ne peut pas ignorer l'incohérence d'une politique qui veut faire des TPME le moteur de l'emploi des jeunes tout en alourdissant leur charge fiscale et en tolérant qu'elles financent, par les retards de paiement, la trésorerie de leurs clients. Les allègements fiscaux en faveur des TPME sont-ils encore d'actualité ? Le rapport qui accompagne le PLF ne les annonce pas. Il entend «consacrer la stabilité du système fiscal» après l'achèvement des grandes réformes, et ses principales mesures fiscales visent à transposer les garanties accordées à la FIFA pour le Mondial 2030, ainsi qu'à «adapter et finaliser» les règles existantes. Le texte détaillé dira si les TPME ont été entendues. À ce stade, rien ne l'indique.

3. Des contrats État-régions assortis de cibles d'emploi. Le programme veut généraliser les contrats-programmes entre l'État et les régions, liés à des objectifs explicites d'emploi, d'investissement et de réduction des disparités. C'est la bonne échelle : l'insertion des jeunes est un problème de bassin d'emploi, pas de guichet national. Encore faut-il que ces objectifs soient chiffrés, publiés, et qu'une partie des transferts en dépende.

4. L'emploi des femmes, priorité qui ne dit pas son nom. Avec un chômage féminin près de deux fois supérieur à celui des hommes et un taux d'activité des femmes qui plafonne autour de 19%, une large part des jeunes hors emploi sont des jeunes femmes qui ne cherchent plus, ou pas encore, de travail. Les réponses (garde d'enfants, transport, sécurité des déplacements, travail à temps partiel encadré) relèvent autant de la politique sociale que de la politique de l'emploi. Le programme évoque l'autonomisation économique des femmes, mais dans son axe consacré à l'État de droit, sans lien avec le programme jeunesse et sans objectif chiffré.

III. Financer sans disperser : le pari des 5%

Mettons les deux colonnes face à face. Côté engagements, il y a le doublement de l'aide sociale directe et la pension minimale portée à 3.000 DH par mois. S'y ajoutent la pension de réversion des veuves portée de 50% à 100%, la prise en charge automatique des factures d'électricité inférieures à 100 DH et 100.000 logements ruraux aidés à hauteur de 40.000 DH. Il faut compter aussi le fonds de 2 milliards de dirhams pour l'officialisation de l'amazighe et des transferts aux régions d'au moins 12 milliards par an dès 2027. Vient enfin la nouvelle génération de programmes territoriaux, que la circulaire d'août évaluait à quelque 210 milliards de dirhams sur huit ans. Et rien de cela n'inclut les chantiers d'infrastructure du Mondial 2030, le dessalement (1,8 milliard de mètres cubes visés en 2031) ni la transition énergétique.

Côté ressources, le programme énumère l'élargissement de l'assiette fiscale, une meilleure efficacité de la dépense dans le cadre de la réforme de la loi organique des finances, l'effet de la croissance et une contribution accrue des établissements et entreprises publics. Le tout sous double contrainte : un déficit maintenu autour de 3% du PIB sur 2026-2031 et une dette ramenée vers 62% du PIB en 2031. Avec, en prime, une baisse de l'IR.

Trois de ces quatre ressources sont des hypothèses, et la plus déterminante est la croissance. Le programme vise 5% en moyenne sur 2027-2031. La circulaire d'août évaluait la moyenne 2021-2025 à environ 4,6%, rebond post-Covid compris. Surtout, le rapport de cadrage macroéconomique triennal qui accompagne le PLF, publié par le ministère de l'Économie et des Finances, retient 4,1% pour 2027, puis 4,2% par an en 2028 et 2029. Pour que la moyenne 2027-2031 atteigne 5%, il faudrait donc une croissance supérieure à 6% par an en 2030 et 2031. Le programme du gouvernement et le cadrage de son propre ministère des Finances ne racontent pas la même histoire.

Le PLF, lui, fixe un déficit de 3% du PIB chaque année de 2027 à 2029 et une dette du Trésor ramenée de 66,6% du PIB en 2025 à 63% en 2029, mais sur la base d'une croissance de 4,1 à 4,2%. C'est l'écart entre ces deux scénarios qu'il faudra financer.

Viser 5% n'a rien de déraisonnable dans un cycle d'investissement porté par le Mondial et les chantiers hydriques. Mais asseoir l'équilibre budgétaire sur une croissance supérieure à la moyenne historique, dans un pays où une seule campagne agricole peut faire varier le PIB de plusieurs points, revient à reporter le risque sur l'avenir. Si la croissance retombe à 4%, l'arbitrage se fera entre le social et l'investissement. Et dans l'histoire budgétaire, c'est presque toujours l'investissement qui sert de variable d'ajustement.

La dispersion : les preuves sont dans les textes officiels

Le risque de dispersion des ressources n'est pas une hypothèse d'observateur. Les textes officiels en apportent eux-mêmes la preuve :

  • la circulaire d'août demande aux ministères de caler leurs propositions sur leur capacité réelle d'exécution, «y compris les taux de report des crédits», signe que des crédits votés restent non consommés;
  • les orientations du 17 octobre reconnaissent que la multiplication de programmes sectoriels dispersés a montré ses limites;
  • le discours royal du 9 octobre dénonce des retards et dysfonctionnements de la déconcentration qui «affectent les programmes de développement socioéconomique».

Le rapport d'exécution budgétaire joint au PLF ajoute un indice de concentration. Au premier semestre 2026, hors charges communes, six ministères ont réalisé 78% des émissions de dépenses d'investissement, et les autres départements se partageaient les 22% restants. Le volume global est au rendez-vous; sa répartition, beaucoup moins.

Dans ce contexte, l'enveloppe d'environ 25 milliards de dirhams annoncée pour 2027 au titre des programmes de développement territorial intégré correspondrait, selon toute vraisemblance, à la première annuité des 210 milliards programmés sur huit ans. Ajoutée aux transferts régionaux, elle pose une question simple : les régions ont-elles la capacité d'absorber ces moyens ? Clarifier les compétences avant de transférer les ressources, c'est précisément ce que le Souverain a demandé devant le Parlement.

L'objectif de porter l'investissement privé aux deux tiers de l'investissement national va dans le bon sens. Mais il reprend la cible fixée par la Charte de l'investissement à l'horizon 2035, sans échéance propre au mandat. Or l'État et ses établissements restent aujourd'hui les investisseurs dominants, et le ministère vise encore une part du privé de 50% seulement en 2026. L'écart à combler reste considérable.

Trois propositions

1. Une programmation pluriannuelle chiffrée des engagements sociaux, annexée au PLF : coût annuel de chaque mesure, montée en charge, source de financement.

2. Des transferts aux régions conditionnés à l'exécution : une part fixe et une part variable liée aux crédits effectivement engagés et aux résultats obtenus.

3. Un budget de performance réel. La réforme de la loi organique des finances annoncée doit rendre opposables quelques indicateurs simples, publiés chaque année: emplois créés par milliard investi, taux d'exécution de l'investissement public, délais de paiement de l'État et des collectivités.

Conclusion : trois tests pour le premier budget de la législature

Le gouvernement a choisi la bonne formule: passer du volume au rendement. Encore faut-il se donner les moyens de mesurer ce rendement. Le PLF 2027 sera le premier test de cette sincérité, et trois questions permettront d'en juger.

  1. Le PLF chiffre-t-il, sur la durée du mandat, le coût de ses engagements sociaux et leur financement ?
  2. Fixe-t-il un objectif d'emplois nets, et pas seulement de formations et de stages ?
  3. Publie-t-il, et s'engage-t-il à suivre, le taux d'exécution de l'investissement public et les délais de paiement de l'État ?

Si la réponse est oui, la promesse de rendement aura commencé à prendre corps. Si elle est non, le Maroc aura changé de vocabulaire, pas de méthode. Le précédent du million d'emplois l'a montré : les citoyens se souviennent des chiffres promis bien plus longtemps que des intentions affichées.

Ce quinquennat ne sera pas jugé sur ses annonces, mais sur ses taux d'exécution.


* Mohamed BOITI est docteur ès Sciences de Gestion, consultant en transition énergétique et décarbonation, et auteur du «Mémorandum Stratégique 2026-2030 pour l’accompagnement du Maroc face au MACF».



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