Allianz Trade : Les défaillances d’entreprises en baisse au Maroc
Selon les prévisions d’Allianz Trade, les défaillances d’entreprises au Maroc devraient reculer de 2% en 2026, puis de 4% en 2027. Cette amélioration, attribuée principalement à l’évolution des comportements de paiement, intervient dans un contexte mondial toujours marqué par la progression des insolvabilités.

Le Maroc devrait poursuivre la baisse des défaillances d’entreprises. Dans son étude publiée le 27 octobre, Allianz Trade prévoit 14.950 cas en 2026, soit un recul de 2%, puis 14.350 en 2027, en baisse de 4%. Cette tendance contraste avec les perspectives mondiales, où l’assureur-crédit anticipe une hausse des défaillances de 5% cette année et de 1% en 2027, après une progression de 6% en 2025.
Pour le Royaume, cette évolution marque toutefois un ralentissement à partir de niveaux encore élevés. Les défaillances sont passées d’environ 5.000 en 2015 à plus de 15.600 en 2024. Les baisses attendues ne suffiraient donc pas à compenser la forte hausse enregistrée au cours de la dernière décennie.
Les délais de paiement au cœur de l’amélioration
Selon Allianz Trade, le recul attendu au Maroc s’explique davantage par l’évolution des pratiques de paiement entre entreprises que par la conjoncture économique. Le cadre légal introduit en 2023, qui a augmenté le coût des retards de règlement, commencerait à produire des effets concrets. Son extension aux très petites et petites entreprises en 2025 contribuerait également à cette amélioration.
Cette tendance reste néanmoins limitée par les fragilités structurelles et la forte fragmentation du tissu entrepreneurial. Ces facteurs devraient freiner la baisse des défaillances à court et moyen terme. En Afrique du Sud, Allianz Trade prévoit également une amélioration, avec un recul d’au moins 5% des défaillances en 2026, à 2.750 cas, suivi d’une nouvelle baisse de 4% en 2027, à 2.650 cas.
À l’échelle mondiale, les entreprises continuent de faire face à plusieurs contraintes : une croissance insuffisante, des coûts énergétiques élevés et des conditions de financement restrictives. Allianz Trade prévoit une croissance mondiale de 2,6% en 2026 et de 2,8% en 2027, contre 3% en 2025.
À ces difficultés s’ajoute l’augmentation du nombre d’entreprises en activité, estimée à environ 10% entre 2021 et 2025. Cette progression accroît mécaniquement le nombre de sociétés susceptibles de connaître une défaillance, alors que les entreprises récemment créées présentent souvent une situation financière plus fragile.
La hausse mondiale des défaillances se poursuivrait ainsi pour une cinquième année consécutive en 2027. Un léger recul de 1% est attendu en 2028, mais à partir de niveaux toujours élevés.
L’emploi exposé, le rôle de l’IA à nuancer
Allianz Trade estime à près de 2,7 millions le nombre d’emplois directement exposés au risque de défaillance en 2026 et 2027. La construction, le commerce de détail et les services figurent parmi les secteurs les plus concernés. L’Europe concentrerait près de 60% des postes menacés, soit environ 1,6 million, devant l’Amérique du Nord, avec quelque 650.000 emplois.
L’étude se penche également sur le rôle de l’intelligence artificielle. Son analyse, menée dans huit économies européennes et neuf secteurs, ne fait pas ressortir de corrélation directe généralisée entre l’adoption de l’IA et les défaillances d’entreprises. Les conditions macroéconomiques et les spécificités sectorielles demeurent les principaux facteurs explicatifs.
L’assureur-crédit relève toutefois un risque pour les économies de petite taille et moins diversifiées. L’écart de compétitivité entre les entreprises qui adoptent rapidement ces technologies et celles qui tardent à les intégrer pourrait accentuer les difficultés de ces dernières.





