L'Instruction générale des opérations de change (IGOC 2026) s’inscrit dans une trajectoire de réforme graduelle qui confirme un changement de posture de la réglementation des changes au Maroc.
Longtemps perçue comme un cadre essentiellement prudentiel, parfois rigide, elle revendique désormais un rôle plus économique et plus stratégique au service de la compétitivité des entreprises et de l’internationalisation du tissu productif. La rencontre entre la CGEM et l’Office des changes (OC), tenue le 17 février courant, au-delà de son caractère institutionnel, consacre cette évolution. En effet, la nouvelle architecture de l’IGOC 2026 traduit d’abord une volonté de lisibilité.
Dans un environnement économique marqué par une montée en complexité des opérations et une accélération des flux numériques, la clarté réglementaire devient un facteur de performance. En simplifiant les dispositifs, en rationalisant les procédures et en clarifiant les règles applicables, l’OC répond à une attente forte des entreprises, en particulier celles tournées vers l’export, l’investissement productif et les services à valeur ajoutée.
Cette lisibilité limite les risques d’erreurs involontaires et améliore la prévisibilité des décisions, un élément déterminant pour l’investissement à moyen et long terme. L’IGOC 2026 consacre également une logique d’assouplissement maîtrisé. Dans un contexte où le Maroc cherche à renforcer sa base industrielle, soutenir la montée en gamme de ses exportations et attirer davantage d’investissements directs étrangers, la réglementation des changes ne peut rester figée. Elle doit accompagner cette dynamique sans fragiliser les équilibres macroéconomiques.
La stratégie 2025-2029 de l’OC illustre cette approche progressive qui privilégie l’adaptation continue aux réalités économiques. Les mesures relatives au commerce électronique constituent, à cet égard, un signal fort. Le relèvement de la dotation annuelle dédiée aux startups à 2 MDH marque une reconnaissance explicite du rôle du digital dans la transformation de l’économie. De même, le relèvement de la dotation e-commerce individuelle traduit une prise en compte de l’évolution des comportements de consommation et de la digitalisation des dépenses.
Tout autant, les ajustements opérés sur les dotations liées aux voyages professionnels et personnels participent de la même logique. Au-delà des montants et des seuils, l’IGOC 2026 se distingue par son approche orientée vers l’accompagnement. Le discours de l’OC met l’accent sur la pédagogie, la formation de l’écosystème et la modernisation des services. Le lancement de la plateforme OC E-Rendez-vous s’inscrit dans cette dynamique de digitalisation de la relation avec les usagers.
Cette initiative illustre une évolution vers une administration plus proactive, plus accessible et plus alignée sur les standards internationaux. En définitive, l’IGOC 2026 ne se limite pas à une mise à jour technique de la réglementation des changes. Elle reflète une vision économique qui place l’entreprise, l’innovation et l’ouverture internationale au cœur du dispositif. Avec une ambition forte de l’OC : accompagner la transformation structurelle de l’économie marocaine et renforcer sa capacité à s’inscrire durablement dans les chaînes de valeur internationales.
Par F.Z Ouriaghli