MEA CULPA

MEA CULPA

La grandeur d’un homme se mesure à sa capacité d’avoir l’intelligence de ne pas persévérer dans l’erreur. C’est sous cet angle qu’il faut apprécier les premiers pas de l’Allemagne vers le Maroc, visant notamment à apaiser les tensions diplomatiques entre les deux pays.

 

Par Fatima Zahra Ouriaghli, Directeur de Publication

 

 

Les mots ont, de ce fait, été minutieusement choisis par la diplomatie allemande, pour qui le plan d’autonomie constitue «une contribution importante» de la part du Maroc pour résoudre le différend autour du Sahara. De même, elle met en orbite le «rôle majeur» que joue le Royaume «pour la stabilité et le développement durable dans la région. En témoigne notamment son engagement diplomatique en faveur du processus de paix libyen».

Le fait que la communication du ministère fédéral allemand des Affaires étrangères se soit focalisée sur le Sahara marocain et le processus de paix libyen est loin d’être fortuit. Ces deux sujets, sur lesquels l’Allemagne a eu un jeu politique très sournois, ont été à l’origine de la brouille entre Rabat et Berlin. L’Allemagne a non seulement multiplié les actes hostiles et actions attentatoires à l’égard des intérêts supérieurs du Royaume, avec une attitude négative sur la question du Sahara marocain, mais elle a aussi combattu le rôle régional du Maroc, notamment sur le dossier libyen, en l’évinçant de la conférence internationale sur la Libye, tenue en janvier 2020, et ce bien que le Royaume reste un acteur central dans la résolution de la crise libyenne.

Aujourd’hui, le pays du nouveau chancelier Olaf Scholz est revenu à de meilleurs sentiments, pour ne pas dire à la raison, après avoir manié avec beaucoup de duplicité les supposées relations bilatérales «fraternelles et amicales». Faut-il croire en la sincérité de ce mea culpa ou y a-t-il rupture définitive de confiance ?

L’avenir nous le dira. Mais avec ses «amis» déclarés, le Maroc a appris à être davantage vigilant. Parce qu’à côté du «cas» allemand, il y a également eu les fourberies et la mauvaise foi de Madrid, avec notamment l’affaire Brahim Ghali, du nom du chef des milices du polisario. Avec Berlin et Madrid, Rabat a appris que quand tes «amis» se permettent des errances diplomatiques concernant ton intégrité territoriale, il faut bien s’en méfier. Et n’avoir foi qu’en sa diplomatie pour apporter les bonnes réponses à leurs coups tortueux.

 

 

 

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