Maroc – Algérie: A TEBBOUNE DE VOIR !

Maroc – Algérie: A TEBBOUNE DE VOIR !

Alger a accueilli les 1er et 2 novembre, le 31ème Sommet de la Ligue arabe. Les enjeux politiques liés à cet événement, dont notamment la question palestinienne, le conflit araboisraélien et ses évolutions, l’évolution de la crise syrienne, l'ingérence iranienne dans les affaires intérieures des pays arabes, ou encore la lutte contre le terrorisme, ont été éclaboussés en arrière-plan par les tensions diplomatiques entre Rabat et Alger.

Les premiers incidents sont apparus samedi, lors de la réunion préparatoire, avant même que ne commencent les travaux du Sommet. La délégation marocaine avait en effet protesté contre le non-respect par une chaîne algérienne de la carte du Royaume, telle qu’elle est reconnue, ce qui a contraint la Ligue arabe à publier une mise au point et la présidence de la séance à présenter des excuses. S’en est suivi l’épisode des journalistes marocains maltraités à leur arrivée à l’aéroport Boumediene.

Entre harcèlement, interrogatoires douteux et confiscation de leurs matériels, ils ont dû quitter le territoire algérien sans pouvoir s’acquitter de leur mission d’informer. Tout cela est-il bien étonnant ? Pas le moins du monde. L’on savait que ce Sommet ne se déroulerait pas sans couacs, le régime algérien étant adepte de la provocation à l’égard du Maroc. L’on se doutait aussi que les journalistes marocains allaient faire les frais de cette hostilité du pouvoir en place envers le Royaume, surtout qu’il y a eu un précédent. Pas plus loin qu’en juin dernier : l'État algérien a expulsé les journalistes marocains chargés de couvrir les Jeux méditerranéens organisés à Oran, prétextant qu'ils sont des espions.

Voilà ce que produit un cocktail fait de fourberie, infox et mauvaise foi. Alors que tous les projecteurs du monde étaient braqués sur ce Sommet arabe, le 1er depuis trois ans, Alger avait tout à gagner à faire preuve de grandeur diplomatique. A donner ne serait-ce que quelques signes de sa volonté d’apaiser les tensions, au lieu de faire des journalistes marocains des victimes expiatoires d’une crise qu’elle entretient, nourrit et attise au gré d’une arithmétique politicienne scabreuse. Devrions-nous cependant croire que le fait que le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, Nasser Bourita, ait été reçu, mardi dernier, par le président algérien, est un signe de décrispation ?

Le sourire affiché à l’occasion par Abdelmajid Tebboune était-il sincère ou était-ce juste un sourire cosmétique, pour la photo ? Nous ne tarderons pas à le savoir. Parce que si Alger aspire réellement à normaliser ses relations avec Rabat, Tebboune pourrait alors répondre favorablement à la «main tendue» encore une fois par le Souverain. Car, dans une déclaration à l’AFP, le chef de la diplomatie marocaine a fait savoir que le Roi Mohammed VI a invité le président algérien à venir «dialoguer» au Maroc, faute de n’avoir pu le faire lors du Sommet de la Ligue arabe à Alger. Y donnera-t-il une suite favorable cette fois-ci ? Wait and see.

 

 

Par F.Z Ouriaghli

 

 

 

 

 

 

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