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Quand Jouahri tacle Lahlimi

Jeudi 21 Mars 2019 - Par Finances News

 

Ce n’est un secret pour personne : Abdellatif Jouahri, gouverneur de la Banque centrale, est un fervent défenseur du maintien des équilibres macro-économiques, et a souvent mis en garde contre la tentation des déficits, censée donner un coup de fouet à une croissance désespérément molle.

Lors de la dernière conférence de presse de la Banque centrale, le Wali a une fois de plus exprimé son profond attachement à la poursuite des efforts de consolidation budgétaire, et exprimé son rejet de toute forme de politique budgétaire expansionniste.

On se souvient qu’en janvier dernier Ahmed Lahlimi, haut commissaire au Plan, avait suggéré de laisser courir «un peu» l’inflation, afin de redonner de l’oxygène à l’économie et la sortir de la «trappe de croissance faible» dans laquelle elle est enfermée depuis des années. «On peut faire un peu plus d’inflation, et passer par exemple de 1,7% à 3%. On n’en mourra pas. C’est de la bonne inflation», avait notamment déclaré Lahlimi.

En réaction à une question de journaliste sur ce sujet, le gouverneur de la Banque centrale a eu du mal à dissimuler son exaspération.

«Comment fait-on plus d’inflation ? Est-ce qu’il suffit d’appuyer sur un bouton pour augmenter l’inflation ?», s’interroge, avec une pointe d’agacement, Abdellatif Jouahri. «Quant à la croissance, elle ne s’administre pas ! Je suis ahuri quand je lis des choses pareilles», tonne-t-il.

 

A lire >  Jouahri met en garde contre la tentation des déficits


Humilité et complexité

Selon le gouverneur, la réalité est bien plus complexe que cela: «Il y a un tas de variables qui agissent et interagissent sur les agrégats macroéconomiques».

Et de poursuivre, sur sa lancée : «On me dit laissez courir le déficit du Trésor. Comment allez-vous financer ce déficit ? Par la planche à billet ? En asphyxiant encore plus les entreprises en alourdissant la fiscalité ?».

Selon le gouverneur de la banque centrale, «il faut avoir de l’humilité pour analyser les choses. D’ici juin, mon analyse peut changer. Mais je ne raisonne pas à court terme».

«Ces débats nous les avons (au sein du Conseil de BAM ndlr). Mais il ne faut pas croire que les choses s’administrent. Dans le domaine économique et financier, il n’y a pas de miracles», conclut-il.

                              

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