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Economie

Dépannage de véhicules : Haro sur l'anarchie !

Dépannage de véhicules : Haro sur l'anarchie !
Lundi 30 Novembre -0001 - Par admin

Depannage

Le cahier des charges imposé par les autorités n’est pas respecté par la plupart des professionnels du secteur. Un manque de professionnalisme dans l’exercice de l’activité et de transparence dans la tarification est constaté. Les entreprises de dépannage doivent être au diapason d’un monde automobile en perpétuelle amélioration.

Nul n'est à l'abri d'une panne mécanique lorsqu'on parcourt des kilomètres au volant de son véhicule.
L’essor qu’a connu le secteur automobile au Maroc nécessite des mesures d’accompagnement. Le dépannage est une activité indispensable pour venir en aide à l'automobiliste en difficulté, dont le véhicule n’est pas en état de fonctionner pour cause de défaillances mécaniques ou d'un accident. Le remorquage chez un garagiste ou un mécanicien pour sa réparation devient la seule solution.
Mais le dépannage reflète aussi une image négative liée à la mise en fourrière par la police des véhicules stationnés dans des zones interdites. Cela concerne également des automobilistes ayant commis une infraction ou un délit nécessitant la saisie du véhicule, comme le défaut de papiers.
Reste à savoir que cette activité connaît des évolutions mitigées. D’un côté, l’on trouve des entreprises organisées utilisant un matériel conforme aux normes internationales avec un personnel qualifié. De l’autre, des entreprises opèrent dans l’informel, utilisant le plus souvent des 4x4 de marque Jeep, âgés de plus de 30 ans, pour le remorquage des voitures particulières, et des camions Ford pour l’utilitaire.
Rien qu’à Casablanca, il existe plus de 200 opérateurs toutes catégories confondues. Ce sont les autorités locales qui délivrent l’agrément d’exercer, selon un cahier des charges bien précis.
«Beaucoup de clauses dans le cahier des charges ne sont pas respectées, à commencer par l’état des véhicules de remorquage, dont la plupart sont bons pour la ferraille. Ces engins présentent plusieurs risques en matière de sécurité et de défectuosité pour les voitures remorquées. Aussi, la transparence en matière de tarification fait défaut», souligne Nabil Haddaji, avocat au barreau de Casablanca.
En effet, un flou total entoure l’exercice de cette activité. Les tarifications appliquées par les sociétés qui travaillent avec les services de police ne sont régies par aucun code. Cela obéit à leur pouvoir discrétionnaire, puisqu’elles fixent souvent des prix défiant toute logique, sans tenir compte de la distance parcourue qui ne dépasse pas quelques kilomètres.
«Toutes les opérations de mise en fourrière sont facturées à 150 DH chacune dans le périmètre urbain, quelle que soit la distance. C’est un forfait consensuel, qui n’est fixé par aucune autorité. Alors qu’il doit y avoir un référentiel de tarifs, en fonction de la distance parcourue, du poids du véhicule, de sa consistance et de l’horaire», souligne Haddaji.
Néanmoins, les tarifs des prestations de remorquage dans le réseau autoroutier sont bien régis par ADM. Ils obéissent à une grille bien définie, sont calculés en TTC et majorés de 25% entre 22 h et 6 h du matin. Pour le dépannage sur place, hors fournitures, pendant 30 minutes au maximum, il faut compter 150 DH.
Pour le remorquage de véhicules légers de poids total en charge (PTC) inférieur à 3,5 tonnes, le décompte est de 160 DH pour le forfait du déplacement et 6 DH par kilomètre pour le coût du remorquage. En cas d’accident, le coût du remorquage pour les voitures légères est estimé à 500 DH, puis à 800 DH pour les véhicules de 3,5 à 8 tonnes (PTC).
Les entreprises de dépannage doivent être au diapason d’un monde automobile en perpétuelle amélioration. A cet égard, des sociétés de dépannage organisées se développent de plus en plus. Elles ont conclu des contrats avec des organismes ou des entreprises comme ADM ou les compagnies d’assurances. Elles proposent à leurs clients un service 7/7 et 24h/24.
«Nos clients sont exigeants et très regardants sur la qualité des services que nous proposons, notamment l’état et le type de véhicules qui doivent correspondre à certaines normes, comme les camions plateaux basculants. Il s’agit aussi de s’enquérir de notre capacité à répondre aux besoins des sinistrés en moins de 24 heures dans tout le territoire national. Nous disposons également d’un effectif qualifié avec un matériel performant», souligne Mohamed Rahmani, directeur de l’entreprise de dépannage Atlas Assistance à Casablanca. Mais le nombre de ces entreprises organisées reste limité comparativement avec le parc global des véhicules de dépannage.
Il est temps de mettre un terme à l’anarchie qui perturbe le secteur en lançant un programme de restructuration de l’activité.

Charaf Jaidani

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