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Financement du développement durable en Afrique : un défi à relever

Financement du développement durable en Afrique : un défi à relever

En mobilisant les ressources financières disponibles, en améliorant l'accès aux données et en renforçant les capacités des acteurs locaux, l'Afrique peut surmonter les défis actuels et réaliser son plein potentiel en matière de développement durable.

 

Par D. M

Casablanca Finance City Authority (CFCA) a organisé le 23 avril 2024, en partenariat avec le Centre de développement de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), une conférence mettant en lumière  la 5ème  édition du rapport «Dynamiques du développement en Afrique : investir dans le développement durable», produit conjointement par la Commission de l'Union africaine et le Centre de développement de l’OCDE.  Cette édition porte sur les défis du financement des objectifs du développement durable (ODD) en Afrique, et s'inscrit dans un contexte où le continent  est confronté à un déficit de financement estimé à 1.600 milliards USD jusqu’en 2030.

En ouverture de la conférence, Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, a souligné le potentiel de l'Afrique pour résoudre les défis du XXIème siècle. Prenant la parole, Saïd Ibrahimi, Directeur général de CFCA, a évoqué l'importance cruciale du financement du développement durable en Afrique, mettant en avant le rôle de Casablanca Finance City comme plateforme pour l'investissement dans les énergies renouvelables, la gestion durable des ressources naturelles et les infrastructures vertes. De son côté, Ragnheidur Elin Arnadottir, directrice du Centre de développement de l'OCDE, a souligné l'importance du développement des chaînes de valeur régionales et du rôle crucial de la zone de libreéchange continentale africaine (ZLECAF) dans l'augmentation potentielle des investissements directs étrangers en Afrique.

Les défis et solutions pour l’accès aux financements en Afrique

Le continent africain, riche en opportunités, se trouve confronté à un déficit de financement considérable pour atteindre les objectifs ambitieux de l'Agenda 2063 en matière de développement durable. Avec un besoin estimé à 194 milliards de dollars par an pour réaliser les ODD, l'Afrique doit se réinventer pour combler ce fossé financier et stimuler sa croissance économique, tout en préservant son environnement et en assurer un développement inclusif.

Le rapport susmentionné, présenté par Arthur Minsat, chef de l’Unité Europe, Moyen-Orient et Afrique au Centre de développement de l’OCDE, a rappelé que le déficit de financement pouvait être comblé moyennant une coordination internationale et régionale. Et de souligner que ce déficit représentait moins de 0,2% de la valeur des actifs financiers mondiaux et seulement 10,5% des actifs financiers détenus par les Africains. Selon ce dernier, il est impératif d'exploiter pleinement ces ressources disponibles pour investir dans des projets durables, en particulier ceux qui sont socioéconomiquement productifs. Cependant, plusieurs obstacles entravent cette mobilisation.

Tout d'abord, on note une perception élevée du risque sur le continent, traduit par un coût du capital élevé, notamment dans des secteurs comme l'énergie solaire par exemple. En effet, bien que l'Afrique dispose d'un potentiel solaire considérable de près de 60%, elle n'exploite qu'une fraction d’1% de cette ressource, en raison notamment de coûts de financement prohibitifs. Pour surmonter cette barrière, l'accès à des données fiables et transparentes est crucial. En travaillant en collaboration avec le secteur privé pour améliorer la collecte et la diffusion de données économiques, il est possible de réduire la perception du risque et d'attirer davantage d'investissements.

Ensuite, il est essentiel de renforcer les acteurs financiers africains. En les consolidant et en leur fournissant un soutien adéquat, il est possible de stimuler l'investissement dans des secteurs productifs et sociaux clés. «Nous disposons de beaucoup de banques, beaucoup d’institutions financières qui sont trop petites, qui n’ont pas assez de capacités financières, techniques et humaines pour pouvoir se déployer et développer des projets qui soient bancables. Le travail consiste donc à renforcer cette capacité et pouvoir réaliser des investissements qui soient en adéquation avec les stratégies de développement des différents pays africains dans les secteurs automobile, textile, agricole, minier, pour pouvoir augmenter l’investissement et continuer à développer ces secteurs» a affirmé Arthur Minsat.

Enfin, il faut renforcer l'intégration régionale, qui doit jouer un rôle crucial dans la promotion du développement durable en Afrique. Des initiatives telles que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), qui a récemment mis en place un protocole pour l’investissement, visent à harmoniser les politiques d'investissement et à réduire les obstacles commerciaux entre les pays africains. Ceci permettra de faciliter les flux de capitaux et la mise en œuvre de projets transfrontaliers. Des exemples réussis d'intégration régionale dans le domaine des infrastructures sont constatés. Il s’agit des réseaux d'énergie propre en Afrique de l'Ouest et en Afrique australe qui s’interconnectent pour pouvoir produire de l’électricité, qui soit propre. Cela permettra de diminuer l’émission de CO2 tout en créant des emplois et assurer un accès universel à l’électricité pour l’ensemble des pays de la zone. 

 

 

 

 

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