Près de 31 000 détenteurs de téléphones mobiles dans le monde ont été victimes de stalkerwares en 2023

Près de 31 000 détenteurs de téléphones mobiles dans le monde ont été victimes de stalkerwares en 2023

Le dernier rapport Kaspersky State of Stalkerware 2023 révèle que près de 31 000 détenteurs de téléphones mobiles dans le monde ont été victimes de stalkerwares, ces logiciels de surveillance illicite employés par les agresseurs dans le cadre des violences domestiques pour surveiller leurs victimes.

Les stalkerwares se font généralement passer pour des applications légitimes d'antivol ou de contrôle parental sur les smartphones, les tablettes et les ordinateurs, mais la vérité est tout autre. Ils s’installent sur un appareil sans nécessiter le consentement de la personne suivie ni même la notifier, et donnent à l'auteur du délit les moyens de prendre le contrôle sur la vie de la victime. Les capacités de ces stalkerwares varient en fonction de l'application.

The State of Stalkerware est un rapport annuel de Kaspersky qui vise à évaluer le nombre de victimes de harcèlement numérique à l’échelle globale afin d'appréhender le phénomène au mieux. En 2023, les données de Kaspersky révèlent que 31 031 personnes dans le monde ont été touchées par des logiciels de harcèlement, soit une augmentation de près de 6 % d'une année sur l'autre par rapport aux 29 312 utilisateurs touchés en 2022. Ces chiffres inversent la tendance à la baisse observée en 2021 et confirment que le harcèlement numérique reste un fléau bien actuel.

Selon le Kaspersky Security Network, 2023, ce sont les utilisateurs russes, brésiliens et indiens qui sont le plus concernés par le phénomène, mais la France se classe seconde en Europe, derrière l’Allemagne et juste devant le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Italie.

Le spectre des abus est varié, plus d'un tiers (38 %) des personnes interrogées en France faisant état d'expériences de violence ou d'abus de la part d'un partenaire actuel ou antérieur. 16 % des répondants français ont révélé avoir été victimes d'une forme de harcèlement en ligne de la part d'une personne qu'elles ont récemment fréquentée. Plus généralement, 35 % d’entre eux ont déclaré avoir été victimes de harcèlement ou soupçonner d'avoir été harcelés.

Par ailleurs, 14 % ont admis avoir installé ou paramétré le téléphone de leur partenaire, tandis que 11 % ont reconnu avoir fait pression sur leur partenaire pour qu'il installe des applications de surveillance. Néanmoins, l'idée de surveiller un partenaire à son insu est désapprouvée par la majorité des individus (54 %), ce qui reflète un sentiment dominant à l'encontre de ce type de comportement. En ce qui concerne les attitudes à l'égard de la surveillance consensuelle des activités en ligne d'un partenaire, 44 % des répondants français expriment leur désapprobation, soulignant l'importance du droit à la vie privée. À l'inverse, ils sont 23 % à s’exprimer en faveur d’une transparence totale dans les relations et considèrent qu’une surveillance consensuelle est acceptable et indiquée, tandis que 16 % la jugent acceptable uniquement en cas d'accord mutuel.

« Ces résultats mettent en évidence l'équilibre délicat que les individus trouvent entre intimité et vie privée. Si l’on peut se réjouir d’observer des comportements de plus en plus prudents en ce qui concerne les données sensibles, la pratique du partage de mots de passe des services de streaming et les photos témoigne d'un changement culturel et comporte des risques potentiels, même si cela peut paraître a priori inoffensif. Ces observations soulignent l'importance de favoriser une communication ouverte dans les relations et d'établir des limites claires pour des usages numériques sains », observe David Emm, expert en sécurité et en confidentialité des données chez Kaspersky.

 

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