Politique: LE MONDE DES BISOUNOURS

Politique: LE MONDE DES BISOUNOURS

Le champ politique a foncièrement changé depuis les dernières législatives de septembre 2021.

 

Par Fatima Zahra Ouriaghli, Directeur de Publication

 

 

Petit coup d’œil dans le rétroviseur. Juste avant cette consultation électorale, les affaires du Royaume étaient dirigées par une coalition gouvernementale cacophonique, affichant une unité cosmétique, mais au sein de laquelle les différentes composantes se crêpaient régulièrement le chignon. Aujourd’hui, une nouvelle majorité est en place.

Composée du RNI, du PAM et du PI, elle se dit également soudée, comme celle qui l’a précédée d’ailleurs. De la poudre aux yeux ? Il n’y a pour l’instant aucune raison de le penser. Entre les accolades, les étreintes et les grands sourires en public, les leaders de ces trois formations politiques donnent à voir une sincérité presque touchante. Et semblent avoir une réelle volonté de travailler ensemble, en bonne intelligence, pour mener à bien les différents chantiers de développement du Royaume.

La «Charte de la majorité», signée le lundi 6 décembre courant, consolide cette volonté politique. Le chef du gouvernement et président du RNI, Aziz Akhannouch, le rappelle à juste titre : cette charte représente un contrat politique et moral liant les composantes de cette coalition pour atteindre les objectifs tracés par le programme gouvernemental et ceux électoraux des partis de la majorité.

Avec une majorité confortable dans les deux chambres du Parlement, la coalition au pouvoir quadrille en tout cas parfaitement le microcosme politique et a les coudées franches pour dérouler sans accroc son programme. C’est le monde des bisounours car, en face, l’opposition est inaudible, incapable d’apporter une réponse politique forte.

Raison pour laquelle, même si des amendements ont été apportés au projet de Loi de Finances 2022, il est passé comme une lettre à la poste. Mais cette configuration politique, où la faiblesse de l’opposition vide le débat démocratique de sa pertinence, est un couteau à double tranchant.

Autant elle place la majorité dans une posture pratique pour conduire avec aisance les affaires du Royaume, autant elle la condamne à la réussite, puisque rien ne saurait justifier un quelconque retard ou un échec dans les différents dossiers structurants qui doivent être menés à bon port. Bref, le RNI, le PAM et le PI se la coulent douce. Ils ont un boulevard devant eux, avec aucune formation politique capable de leur savonner la route. Il ne faudrait juste pas que les ambitions personnelles et l’arithmétique politicienne viennent gripper cette union et cette entente si fièrement affichées. 

 

 

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