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Politique

Mohamed Belmir : «La provocation reste l’unique voie du polisario pour se distinguer»

Mohamed Belmir : «La provocation reste l’unique voie du polisario pour se distinguer»
Mardi 10 Novembre 2020 - Par admin
- L’implication de l’Algérie dans le conflit du Sahara marocain est totale.
 
- Si le mouvement séparatiste choisit la guerre, il sera définitivement écarté du processus de paix.
 
- Entretien avec Mohamed Belmir, politologue.
 
 
 
 
 
La Quotidienne : Quelle est votre analyse du dernier discours royal relatif au 45ème anniversaire de la Marche verte ?
 
Mohamed Belmir : Le discours de la Marche verte n’a fait que conforter la position intransigeante du Maroc par rapport à son intégrité territoriale. Il a souligné que les récentes résolutions du Conseil de sécurité ont confirmé la participation effective des vraies parties concernées par ce conflit régional. Elles ont consacré l’irréversibilité de la solution politique, réaliste et consensuelle. Par conséquent, la seule solution crédible, réaliste et réalisable qui existe actuellement est une autonomie du Sahara dans le cadre d’une souveraineté marocaine.
 
Dans le même ordre d’idées, le discours royal a souligné que la communauté internationale soutient de plus en plus la proposition marocaine. Ainsi, 85% des Etats membres des Nations Unies ne reconnaissent pas la rasd, y compris les grandes puissances mondiales. Outre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, il faut ajouter également le Japon, l’Allemagne, l’Inde et le Canada. La thèse séparatiste reste soutenue par quelques Etats amis de l’Algérie ou adeptes auparavant du système marxiste-léniniste.
 
Le Roi n’a pas manqué de mettre en exergue le programme de développement des Provinces du sud. Il devrait donner une forte impulsion à la région, surtout au niveau des infrastructures de base afin d’avoir à terme tous les ingrédients nécessaires à son décollage.
 
 
L. Q. : Le polisario rejette en bloc toutes les initiatives marocaines pour résoudre le conflit et opte toujours pour la provocation en bloquant le passage d’El Guerguarates. Pensez-vous que ces agissements vont perdurer ?
 
M. B. : Le polisario a depuis longtemps perdu la guerre militairement, et il est en train de la perdre sur les plans diplomatique et politique. La multiplication des ouvertures de consulats à Laâyoune ou à Dakhla en est le parfait exemple. Face à ces déconvenues, les séparatistes optent pour des opérations de provocation afin d’attirer l’attention de la communauté internationale et faire pression sur le Conseil de sécurité. 
 
A travers leurs agissements, ils veulent calmer l’impatience et la frustration de la population des camps et également nuire aux intérêts du Maroc. Alors que dans la réalité, ils ne font qu’attiser la grogne des pays impactés par l’arrêt des échanges avec le Royaume, à leur tête la Mauritanie. Plusieurs observateurs ont qualifié ces actes de piraterie, nécessitant une intervention ferme des Nations Unies.
 
Le polisario bloque le trafic non seulement entre le Maroc et la Mauritanie, mais aussi entre l’Europe et l’Afrique. D’après des informations relayées par la presse mauritanienne, les séparatistes sabotent les marchandises marocaines, alors que l’Algérie ouvrait le passage depuis Tindouf pour envoyer ses produits vers la Mauritanie. 
 
Des avions algériens chargés de fruits et légumes ont atterri récemment à Nouakchott pour apaiser la colère des commerçants et des consommateurs mauritaniens, car certains fruits et légumes et d’autres produits alimentaires ont connu une flambée record. 
 
Cela prouve encore une fois que l’Algérie est entièrement impliquée dans ce conflit et fait tout pour augmenter la tension dans la région. Il faut retenir aussi que le polisario ne peut prendre aucune décision sans le consentement d’Alger. Dès lors, la solution au conflit n’est envisageable sans l’implication profonde de l’Algérie.
 
L. Q. : Après le discours du Roi, les séparatistes ont menacé également de reprendre les armes si la situation de statu quo perdure. Quelle analyse en faites-vous ?
 
 
M. B. : Le polisario ne peut opter pour la guerre sans l’aval de l’Algérie. Actuellement, le voisin de l’est connaît un certain essoufflement à cause de la chute des revenus pétroliers et son économie est au bord de l’asphyxie. L’effort militaire a un coût très élevé et j’imagine mal que les généraux algériens donnent leur feu vert.
 
A l’époque où le polisario combattait le Maroc, plusieurs pays du bloc de l’est le soutenaient comme Cuba, Venezuala et auparavant la Libye. 
Actuellement, l’environnement géostratégique a beaucoup changé. 
 
Le discours véhiculé par les séparatistes entre dans le cadre de la propagande et de la consommation intérieure. S’ils choisissent la voie de la guerre, ils doivent se retirer définitivement du processus de paix entamé depuis le cessez-le feu de 1991.
 
 
L. Q. : Dans son discours, le Roi a également évoqué la question de la délimitation des frontières maritimes avec l’Espagne. Quelle lecture en faites-vous ? 
 
M. B. : La question de la délimitation des frontières maritimes entre le Maroc et l’Espagne se posait depuis longtemps. Rabat a pris l’initiative et mené les démarches réglementaires. Depuis janvier 2020, le Maroc a intégré les eaux adjacentes au Sahara marocain à son espace maritime. 
 
Pour ce faire, il a promulgué deux lois qui ont été publiées dans le Bulletin officiel du 30 mars 2020. Pour l’Espagne, cette délimitation n’est pas encore définitive. Il faut une série de négociations pour l’entériner. Un important travail technique doit être fourni par les deux parties pour calculer l’espace à délimiter, conformément à la réglementation internationale. 
 
Selon les textes de loi adoptés, la tutelle du Maroc s’étend sur 12 milles marins pour la mer territoriale et 24 milles pour la zone contiguë, 200 milles nautiques pour la zone économique exclusive et 350 milles maximum pour le plateau continental.
 
Comme l’a souligné le Souverain, les négociations entre Rabat et Madrid devront aboutir à un compromis. Il est primordial de privilégier l’approche gagnant-gagnant. Quand le respect mutuel existe entre deux nations, il est toujours possible de résoudre les problèmes en toute sérénité. 
L’histoire a montré que les deux pays ont pu surmonter leur différend avec intelligence et responsabilité.
 
 
 
Propos recueillis par Charaf Jaidani
 
 
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