Internet par satellite: les opérateurs à la conquête de l’espace

Internet par satellite: les opérateurs à la conquête de l’espace

Avec l’essor de la fibre, l’évolution de l’ADSL, l’extension de la 4G, l'apparition de la 5G, l’option technique du satellite constitue-t-elle une bonne alternative ?

 

Par K. A.

L’industrie de la communication a subi des changements révolutionnaires et sans précédent au cours de cette décennie. D'énormes volumes de données peuvent être transférés en une fraction de seconde, permettant à des millions d'appareils d'être synchronisés en temps réel, tandis que la planète entière peut être couverte sans avoir besoin de câbles ou de fils. Un abonnement à Internet par satellite représente une alternative sérieuse pour tous les particuliers insatisfaits de leur connexion terrestre.

Le lancement des réseaux 5G par certains pays a déclenché une course entre les grandes entreprises mondiales, qui se bousculent pour offrir des services Internet par satellite, utilisant des satellites en orbite terrestre basse pour transférer des données à ultra haut débit aux utilisateurs.

 

Comment ça marche ?

La technologie de l’Internet par satellite peut se révéler être une excellente alternative pour tous les oubliés de la 3G/4G, de l’ADSL et de la fibre optique. Les foyers, situés en zone blanche, n’ont parfois que cette solution afin d’accéder à un bon débit Internet. Starlink, à elle seule, revendique désormais 700.000 clients dans le monde et 700.000 autres sur liste d'attente. Pour mettre en place ce système, trois éléments principaux sont nécessaires : une station d’émission / réception, un satellite géostationnaire et une parabole installée chez l’abonné.

À chaque navigation sur Internet, votre parabole enverra les données de votre requête au satellite, situé à 36.000 km d’altitude, qui les renverra à son tour à une station d’émission / réception appartenant à l’opérateur auquel vous avez souscrit et qui est connectée à Internet. Une fois la page récupérée, la station renvoie les données au satellite, et ce jusqu’à votre parabole, vous permettant d’afficher la page voulue. Soit un trajet d’environ 140.000 km !

 

Le nouveau pari des fournisseurs

L'Union européenne a donné jeudi dernier le coup d'envoi d'Iris, une constellation de satellites destinés à sécuriser l’Internet et ses communications «partout» sur son territoire à partir de 2027. Le coût du projet a été évalué à 6 milliards d'euros et un accord a été trouvé après neuf mois de négociations entre le Parlement européen et les Etats membres sur la dotation. Celle-ci est composée de 2,4 milliards d'euros provenant du budget de l'UE, auxquels doivent s'ajouter 750 millions d'euros de l'Agence spatiale européenne.

Starlink a dépassé la moyenne du haut débit fixe dans 16 pays européens, selon les données des tests de vitesse d'Ookla du deuxième trimestre de 2022. Sa vitesse de téléchargement médiane a dépassé les 90 Mbps, avant de chuter à 62 Mbps, tandis que Viasat occupait la deuxième place avec une vitesse de téléchargement de 23 Mbps. HughesNet était juste derrière Viasat à une vitesse de téléchargement de 22,62 Mbps. Il convient également de mentionner la nouvelle percée du projet Kuiper d'Amazon. Bien qu'il soit loin du stade atteint par Starlink jusqu'à présent, Project Kuiper fait tourner les têtes lorsque son prototype a fourni des vitesses allant jusqu'à 400 Mbps lors des dernières itérations. Etre plus proche de la Terre oblige à envoyer beaucoup plus d'engins spatiaux en orbite : plus de 3.200 pour Amazon, et des milliers pour Starlink, dont environ 1.500 sont déjà actifs.

La société britannique OneWeb a lancé 428 des 648 satellites de sa constellation LEO, et la Chine prévoit de déployer environ 13.000 satellites «GuoWang». Au Maroc, les opérateurs de télécoms historiques s’activent pour conquérir ce nouveau marché évalué à 2,93 milliards de dollars en 2020, et qui devrait atteindre 18,59 milliards de dollars d'ici 2030. Maroc Telecom et Inwi ont lancé en 2017 leur solution de connectivité par satellite (VSAT). D'autres fournisseurs de la zone essayent également de suivre la tendance. Au dernier recensement, quelque 100.000 abonnés ont souscrit à cette solution, selon C2M System. Cependant, les offres actuelles ne dépassent pas les 30 Mb/s, maximum théorique. 

 

 

 

 

 

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