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De super pouvoirs pour Benchaâboun

De super pouvoirs pour Benchaâboun - Finance Maroc

Mohamed Benchaâboun : Un ministre à part ! - Finance Maroc

En un peu plus d’un an à la tête du département de l’Economie et des Finances, Mohamed Benchaâboun a su imprimer sa marque et s’est très vite imposé comme l’un des ministres incontournables du gouvernement.

«Cela fait un an que j'ai quitté le monde bancaire, et j'ai l'impression que cela fait 10 ans», confiait récemment l’ancien PDG du groupe Banque Centrale Populaire.

Il faut dire qu’en s’installant au siège du MEF, Benchaâboun a trouvé sur son bureau une pile de dossiers tous plus chauds les uns que les autres : des dizaines de milliards de DH crédits TVA à rembourser, des délais de paiement à raccourcir, un PLF 2019 à élaborer dans un contexte social bouillonnant, un déficit budgétaire qui dévie de sa trajectoire, une fiscalité à réinventer, sans parler des sujets liés à la flexibilisation du DH, à la sortie du Trésor à l’international, aux privatisations, à la loi sur les PPP, ou encore aux financements des entreprises.

Pour couronner le tout, et en guise de «cadeau» de bienvenue, les principales agences de notation avaient «baissé» la perspective de la note souveraine du Maroc, avec la menace pour le Royaume de perdre son «Investment grade». Autant dire que le terrain était miné.

Plus d’un an après cette entrée en matière compliquée, force est de constater que Benchaâboun a su relever le défi et a fait montre d’une efficacité certaine. Car, sur quasiment l’ensemble des dossiers évoqués plus haut, des avancées ont été enregistrées.

Il aura même réussi, tout récemment, le tour de force de convaincre l’agence de notation S&P de relever sa perspective de la note souveraine du Maroc, alors même que la situation du déficit budgétaire ne s’est pas vraiment arrangée en 2019, dans le sillage du dérapage des dépenses de fonctionnement.

Il faut croire que sa détermination à rétablir les équilibres macroéconomiques, comme l’a suggéré récemment Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, et la feuille de route pour y arriver, auront suffi à convaincre les agences de notation d’ordinaire méfiantes face aux promesses des gouvernements.

 

Mohamed Benchaâboun : Grand ordonnateur - Finance Maroc 

Rien de plus normal donc que Benchaâboun ait été reconduit à la tête du MEF, avec en sus, des attributions considérablement élargies, notamment en termes d’ordonnancement et de planification budgétaire. Il s'agit ni plus ni moins d'une petite révolution par rapport à ce qui se faisait jusqu'alors. Mohamed Benchaâboun - Finance Maroc

Auparavant, chaque département ministériel disposait de sa propre direction du budget, ce qui occasionnait de longs échanges et négociations avec le MEF, pour trouver des compromis et des arbitrages concernant l’affectation de l’argent public.

Désormais, le MEF a la main sur la planification budgétaire en centralisant toutes les informations. Une nouveauté qui devrait permettre d’orienter rapidement l’argent public vers les secteurs les plus productifs et les plus rentables en termes de création de valeur ajoutée et d’emplois.

«Aujourd’hui, avec cette vision d’ensemble, le MEF a toute la latitude pour mettre le paquet sur les secteurs jugés prioritaires et créer une vraie synergie entre tous les départements. C’est un élément très fort et un investissement politique très important», explique une source bien au fait de ce dossier. «De grands projets locomotives devront être lancés dans les 6 mois pour fédérer tous les départements», ajoute-t-il.

En matière de gestion des effectifs de la fonction publique, le ministre des Finances pourra s'appuyer sur certains outils d'aide à la décision, comme le système d'information centralisé du MEF (SAP), qui est déjà mutualisé avec un certain nombre de départements. Cet outil offrirait la possibilité de s'approcher des modèles les plus rentables en matière de gestion du personnel. D'autant que la gestion du personnel des Etablissements publiques et déjà confié à la Direction du Budget relevant du MEF.

Ces préalables sont de nature à faciliter la tâche du ministère dans sa volonté de gérer de manière optimale les effectifs de la fonction publique, espère notre interlocuteur.

 

Fonction publique : le défi de la réforme

Car outre ces attributions élargies et ses nouveaux pouvoirs, Benchaâboun hérite d’un nouveau département et non des moindres : celui de la réforme de l'administration. Un gros morceau, sur lequel pas mal de ministres avant lui se sont cassés les dents.

Aujourd’hui, une réforme très ambitieuse de la fonction publique est dans les starting-blocks, et il faudrait faire preuve de beaucoup d’abnégation pour la faire aboutir.

«La réforme est une responsabilité immense», a prévenu Mohamed Ben Abdelkader, ancien ministre de la Fonction publique qui a rebondi au département de la Justice, au moment de la passation des pouvoirs avec son successeur.

Benchaâboun, conscient de l’ampleur de la tâche, a appelé à fournir davantage d'efforts au service de la mise à niveau de ce département, ajoutant que plusieurs projets qui sont en cours d'exécution doivent être parachevés dans les délais fixés. Et ce en respectant les normes exigées, surtout qu’il faudra se montrer convaincants face à la masse de fonctionnaires et les principaux syndicats qui ont déjà prouvé par le passé leur réticence à tout changement de fond. 

Benchaâboun devra, sur cette question précisément, être davantage politique que technocrate.

Par A.E

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