Oléagineux : la résurrection d’une filière

Oléagineux : la résurrection d’une filière

 

 

- La relance de l’activité enclenchée grâce à un contrat-programme.

- L’objectif est d’atteindre 127.000 ha d’oléagineux et une production de 93.000 tonnes d’huile à l’horizon 2030

 

 

En fort déclin au cours des années 90, la filière des oléagineux connaît actuellement une reprise progressive sous l’impulsion d’un contrat-programme que l’Etat a signé avec les professionnels de ce secteur d’activité en 2013.

L’arrêt des prix minimum garantis en 1996 et la faiblesse des débouchés ont poussé les agriculteurs marocains à bouder ces cultures.

Les industriels se sont tournés à cette époque au marché international pour s’approvisionner en matières premières d’autant que les cours sont très compétitifs par rapport au marché local.

La libéralisation du secteur et l’Accord de libre échange (ALE) avec les Etats-Unis ont accentué cette tendance. Conséquence : la filière a quasi disparu de la scène agricole nationale.

A partir de 2007, la flambée des prix au niveau mondial a poussé les décideurs à revoir leur copie du fait de la lourdeur de la facture d’importation et de la dépendance de l’étranger, deux éléments problématiques pour l’économie nationale.

Une stratégie de relance de l’activité a été décidée dans le cadre du Plan Maroc Vert (PMV). Elle a démarré en 2013 avec un budget de 421 millions de DH, dont 28% financés par le gouvernement.

L’objectif est d’atteindre 127.000 ha de cultures oléagineuses à l’horizon 2030 : 85.000 ha de tournesol et 42.000 ha de colza. Le programme vise

à produire 93.000 tonnes d’huiles d’oléagineux contre 10.000 tonnes seulement en 2011. Le secteur va tenter de réduire la dépendance aux importations avec un objectif de 20% d’approvisionnement local en 2020 contre 2% avant 2013.

Pour réussir cette vision, il est question d’assurer un parfait partenariat entre l’amont et l’aval agricole dans le cadre de l’agrégation d’où la création de la Fédération des oléagineux qui regroupe tous les acteurs de l’activité. Cet organisme veille au suivi et à la réalisation des objectifs assignés dans la feuille de route.

Aussi, des mesures d’encouragement ont-elles été déclinées dans le cadre de cette stratégie comme le retour du prix minimum garanti compris entre 4.000 et 5.000 DH la tonne selon l’évolution des cours (tournesol et colza à l’international). L’Etat accorde également des subventions pour l’acquisition de matériels agricoles spécifiques.

Une prime est octroyée sur la vente en gros des produits. Par ailleurs, une subvention de 10% est proposée pour les investissements dans les unités de stockage. Ce qui laisse penser que le contrat-programme est sur la bonne voie pour atteindre ses objectifs. ■

 


Un aval en plein essor

Le secteur de la transformation des oléagineux est en perpétuelle progression que ce soit pour les huiles ou pour le tourteau destiné à l’alimentation de bétail. Une évolution en adéquation avec la consommation qui affiche une croissance annuelle moyenne de 3,6% pour les huiles et de 7,5% pour le tourteau. Plus de

500.000 tonnes sont traitées annuellement par les unités industrielles existantes. La majeure partie des produits est importée. Face à la faiblesse de l’offre locale, les industriels cherchent à sécuriser leur approvisionnement à travers des contrats à terme et également pour se prémunir contre la fluctuation des prix.

 

 

Par C.J  

 

 

 

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