Nouveau modèle de développement: La commission spéciale livre un bilan d’étape

Nouveau modèle de développement: La commission spéciale livre un bilan d’étape

180 séances organisées et 1.200 personnes consultées.

Plusieurs préoccupations reviennent souvent, comme la justice sociale et territoriale, les libertés publiques ou encore la préservation des ressources nationales.

 

Par C. Jaidani

 

Le mandat de la Commission spéciale pour le nouveau modèle de développement (CSNMD) a été prolongé de six mois, jusqu’en janvier 2021, afin d’intégrer dans ses travaux les implications et les transformations engendrées par la crise de la Covid-19. Ce nouveau délai est une occasion pour la commission de présenter un bilan d’étape des consultations qu’elle a menées depuis son installation. Elle a organisé une vidéoconférence avec la participation de quelques membres.

A cet égard, 180 séances ont été organisées et 1.200 personnes rencontrées. Pour ratisser large au niveau des consultations, six moyens de communication ont été déployés (les correspondances écrites, le digital, les rencontres citoyennes, la contribution des élèves, les projets des étudiants et les conférences accréditées). Ces travaux ont abouti à 6.200 contributions.

«A travers ces consultations, nous avons recueilli les principales préoccupations et les attentes des citoyens et des acteurs. Elles se résument à quelques axes clés comme la justice sociale et territoriale, les libertés publiques et la participation politique, le développement économique et la préservation des ressources nationales», souligne Chakib Benmousa, président de la CSNMD.

S’agissant de la justice sociale et territoriale, trois domaines majeurs se dégagent : l’emploi, la santé et l’enseignement. Pour ce qui est des libertés publiques, les personnes consultées ont relevé différents dysfonctionnements, comme la faiblesse de la bonne gouvernance (corruption, économie de rente et conflit d’intérêt). On note également un soutien insuffisant à la culture et à l’innovation et la diversité sociale et culturelle. Une faible participation dans la gestion publique, avec notamment le renforcement des outils de contrôle et de supervision, a été observée.

Concernant le développement économique, la commission spéciale a relevé qu’il est primordial de préserver les ressources naturelles, surtout l’eau ainsi que d’améliorer la production nationale (modernisation du tissu productif, recherche & développement, nouvelles relations entre l’Université et l’entreprise).

Par ailleurs, il faut également rendre confiance aux citoyens dans les institutions et les structures publiques. Mohammed Fikrat, membre de la commission, a fait un exposé sur le volet économique et son rôle dans le NMD. Il a relevé que le Maroc a lancé des programmes ambitieux en matière d’infrastructures de base et au niveau des stratégies sectorielles. Il a développé davantage son ouverture et sa libéralisation.

«Malgré les avancées, des dysfonctionnements qui perturbent le développement du pays persistent. La croissance, par exemple, est insuffisante pour absorber le chômage et réduire les inégalités sociales et régionales. Le climat des affaires présente toujours des limites, miné par la corruption qui enraye la compétitivité de l’économie. Le capital marocain s’oriente plus vers les activités de rente que des secteurs organisés», précise Fikrat.

Le capital humain est un chantier majeur sur lequel a travaillé la commission. Rita Lahlou, membre de la commission, a relevé quelques insuffisances, comme le faible niveau de scolarité au Maroc qui ne dépasse pas une moyenne de six ans : l’un des plus faibles de la région MENA. 25% des élèves n’arrivent pas à maîtriser les compétences de base et 40% des étudiants quittent l’université sans aucun diplôme.

Lahlou a soulevé également les défis à relever au niveau du système de couverture sociale, puisque 50% des ménages sont obligés de contribuer aux frais de santé. Abordant le volet social, Larbi Jaidi, membre de la commission, a noté que le NMD doit être global et intégré, mais aussi équitable, solidaire et cohérent.

Il a critiqué vertement la multiplication des programmes sociaux, au nombre d’une centaine, et qui manquent de coordination et de cohésion. Quant à Mohamed Tozy, membre de la commission, il a estimé que «la profondeur stratégique du Maroc demeure rurale et qu’il faut prendre en considération cette dimension, d’autant que l’agriculture familiale joue un rôle important dans l’équilibre social et économique».

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