Modèle de développement : Chakib Benmoussa entre en scène

Modèle de développement : Chakib Benmoussa entre en scène

 

Le Roi vient de lui confier les clés du développement économique du Royaume.

Un honneur et le signe d’une confiance élevée, mais surtout la charge d’une grosse responsabilité.

 

Par David William

Modèle de développement - Chakib Benmoussa à la tête de la Commission

Les choses se précisent. On attendait que soit mise en place la Commission spéciale chargée du nouveau modèle de développement, c’est maintenant chose faite. Du moins, en partie. Le Roi a en effet nommé mardi Chakib Benmoussa en tant que président de ladite commission. 

Une surprise ? Pas tout à fait. Pour qui connaît Benmoussa, il semble avoir le profil adéquat pour assurer cette mission de haute importance : poser les jalons de ce que sera le nouveau modèle de développement, en cohérence avec les politiques publiques, afin de conduire le Maroc vers la modernité à travers la construction d’une économie plus égalitaire, plus juste et plus inclusive. 

Son long parcours professionnel et la diversité des fonctions qu’il a occupées légitiment le fait qu’il jouisse actuellement d’un préjugé favorable. Crédité de 38 ans d’expérience dans le monde du travail, il a ainsi assuré plusieurs responsabilités, dont notamment celui de responsable de la division «Méthodes de gestion» à la Direction des routes, de directeur de la planification et des études au ministère de l'Équipement et des Transports, ou encore de directeur des routes et de la circulation routière au sein du même ministère. 

Sa carrière prend un coup d’accélérateur lorsqu’il est nommé secrétaire général de la primature, fonction qu’il occupera de 1995 à 1998, pour devenir, en 2002, wali, secrétaire du ministère de l’Intérieur. A la faveur d’un remaniement sous le gouvernement Driss Jettou, il est promu ministre de l’Intérieur en 2006. Benmoussa occupera ce poste jusqu’en 2010, avant d’être nommé par le Roi président du Conseil économique, social et environnemental en 2011. Et depuis décembre 2012 jusqu’à sa nomination ce 19 novembre 2019 par le Souverain, il était ambassadeur du Maroc en France.

 

Modèle de développement - Grosse responsabilité

Reste maintenant à découvrir le reste de la Dream Team qui composera la Commission spéciale chargée du modèle de développement. On ne tardera certainement pas à le savoir, mais l’on ne devrait pas s’attendre à des surprises. En ce sens que, conformément aux directives royales, il s’agira d’une équipe pluridisciplinaire, avec des sensibilités intellectuelles provenant tant du public que du privé. Mais, surtout, ses membres devront être des compétences aguerries, bien au fait des réalités et des rouages de la société marocaine et imprégnées des enjeux de développement auxquels le Royaume fait face. nouveau modèle de développement - Chakib Benmoussa

Etre nommé par le Roi est un honneur, le signe d’une confiance élevée. Mais il porte, surtout, la charge d’une grosse responsabilité. Chakib Benmoussa, à qui l’on vient de confier les clés du développement économique du Royaume, devra donc faire appel à ses talents de diplomate, à la rigueur qui échoit à un ministre de l’Intérieur et à toute l’expérience et l’expertise acquises en tant que haut commis de l’Etat pour poser les bases de la trajectoire future de l’économie nationale.

Une tâche loin d’être une sinécure, au regard notamment des nombreuses attentes en termes de croissance économique, de redistribution équitable des richesses, d’amélioration des conditions de vie des citoyens, de renforcement de la classe moyenne. Mais un challenge que cet homme de 61 ans devra bien relever. Car, sans lui mettre la pression, il a une obligation de réussite. D’autant que, comme l’a signifié le Souverain lors de son dernier discours du Trône, «les dernières années ont révélé l’incapacité de notre modèle de développement à satisfaire les besoins croissants d’une partie de nos citoyens, à réduire les inégalités sociales et les disparités spatiales. C’est la raison pour laquelle nous avons appelé à sa réévaluation et à sa réactualisation».

L’enjeu est donc de taille. D’autant que, pour ses nouvelles responsabilités, le temps n’est pas l’allié de Chakib Benmoussa : cette commission, qui a un rôle d’organe consultatif, est justement investie d’une mission limitée dans le temps. 

Benmoussa et son équipe devront donc faire preuve de diligence, d’ingéniosité et d’audace pour faire le bon diagnostic et proposer les solutions justes et adaptées au nouveau processus de développement du Royaume. En cela, l’erreur n’est pas permise. 

 

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