Made in Morocco: «La filière aéronautique prend sa vitesse de croisière»

Made in Morocco: «La filière aéronautique prend sa vitesse de croisière»

L’aéronautique figure parmi les filières les plus dynamiques de l’industrie nationale. Toutefois, le secteur doit relever de nombreux défis pour soutenir son essor. Éclairage de Karim Cheikh, président du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS).

Finances News Hebdo : L’aéronautique figure parmi les secteurs émergents de l’industrie nationale. Comment la filière se présente-t-elle actuellement ?

Karim Cheikh : Le Maroc dispose d’une industrie aéronautique très dynamique. Elle affichait une croissance soutenue depuis une vingtaine d’années, avec une moyenne autour de 20% par an. Nous sommes passés en 2000 de 5 entreprises à plus de 140 aujourd’hui, qui opèrent dans six écosystèmes. Le secteur a réalisé un chiffre à l’export de près de 2 milliards de DH, dépassant celui de 2019. Lors de la pandémie, l’activité a certes connu quelques perturbations, mais elle a repris depuis.

F. N. H. : Comment se présente le taux d’intégration de la filière ?

K. Ch. : La progression du taux d’intégration est un indicateur significatif du développement du secteur. Il s’établit actuellement à 43%. Il est prévu d’atteindre les 50% dans les prochaines années. Avec l’arrivée de nouveaux équipementiers et l’installation de nouveaux écosystèmes, il faut s’attendre à une nette augmentation de ce taux. Avec la pandémie, la chaîne de valeur a été reconfigurée pour être régionale et non mondialisée. Le Maroc a un rôle à jouer pour être captif et compétitif afin de séduire les investisseurs et les donneurs d’ordre. Cela ne peut que bénéficier au taux d’intégration.

F. N. H. : Quels sont les atouts de la filière aéronautique nationale ?

K. Ch. : La plateforme nationale dispose de nombreux atouts qui lui permettent de mieux se positionner à l’échelle mondiale. Outre son emplacement géographique près des grands constructeurs aéronautiques, elle se distingue par la qualité de sa production et la compétitivité des écosystèmes. Elle regroupe également des ressources humaines qualifiées, un institut de formation de haut niveau, sans oublier un environnement des affaires adéquat.

F. N. H. : Qu’en est-il des perspectives du secteur ?

K. Ch. : Les constructeurs ont un carnet de commandes bien garni. A l’horizon 2040, les besoins tournent autour de 40.000 avions à fabriquer. C’est une opportunité réelle pour le Maroc qui doit saisir toutes les occasions afin de renforcer son positionnement dans la filière. Toutefois, il faut se préparer d’ores et déjà à la décarbonation du secteur. Cela nécessite des ruptures technologiques importantes.

F. N. H. : Comment le GIMAS s’inscrit-il dans le cadre de la décarbonation du secteur ?

K. Ch. : La mobilité durable ne concerne pas uniquement l’automobile, mais également l’aéronautique. La plateforme aéronautique nationale, à travers les 140 entreprises fédérées autour du GIMAS, s’inscrit pour le développement et la production de l’avion vert dans tous ses composants  : fuselage, motorisation, sièges, matériaux composites, processus de fabrication qui permettent de produire des pièces répondant aux normes environnementales. Tout est imbriqué pour arriver à une décarbonation d’ici 2050. La taxe carbone, qui a été instituée en Europe, nous obligera à fabriquer des produits et des pièces décarbonés. Ceci nécessite l’accès à une industrie 4.0, à savoir la digitalisation, les nouvelles technologies de production, l’ingénierie et la R&D.

 

 

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