Importations: salée, la facture céréalière !

Importations: salée, la facture céréalière !

Le Maroc a besoin de pas moins de 7,5 millions de tonnes pour la saison 2022/2023.

La guerre en Ukraine devrait continuer à peser lourdement sur le marché international.

 

Par C. Jaidani

Le Maroc fait face à une conjoncture inédite. Il est fortement impacté par une sécheresse sévère qui a réduit ses récoltes céréalières à 32 millions de quintaux seulement, loin des prévisions tablant sur 70 millions de quintaux. Un manque à gagner énorme qu’il faudra combler par des importations. Sur une année normale, le pays assure 55% de ses besoins par la production locale. Mais pour la saison 2022/2023, il sera contraint d’importer plus de 7,5 millions de tonnes, toutes céréales confondues.

Sous pression, le marché international des produits alimentaires est fortement perturbé, accentué par la guerre en Ukraine. Le Royaume est déjà pénalisé par cette conjoncture. Selon les dernières statistiques de l’Office des changes, la facture des importations de céréales et des huiles de soja a atteint, à fin mai 2022, 15,8 milliards de DH contre 10,7 milliards de DH au cours de la même période de l’année dernière, soit un bond de près de 48%.

C’est un record jamais enregistré auparavant. Tout laisse présager que cette situation contraignante devrait perdurer tant que les tensions géostratégiques persistent. Le gouvernement temporise et affirme qu’il suit de très près la situation. «A travers sa stratégie agricole et sa politique commerciale agricole qui prône la diversification des fournisseurs et clients, le Maroc est mieux armé pour faire face à cette situation», a affirmé Mohamed Sadiki, ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts. Les professionnels du secteur, notamment les importateurs de céréales et d’oléagineux n’ont pas caché leurs inquiétudes, avançant le manque de visibilité.

Les prochains mois seront très difficiles en raison des besoins d’une quantité importante de blé et aussi d’aliment de bétail. «Nous suivons de très près la situation. Les importateurs ont pris toutes les dispositions nécessaires pour conclure des contrats dans de bonnes conditions et constituer un stock afin de répondre aux besoins de leurs clients», explique-t-on auprès de la Fédération nationale des négociants de céréales et de légumineuses (FNCL).

Il faut rappeler que le Marocain consomme en moyenne 200 kg de blé par an, soit trois fois plus que la moyenne mondiale. Comme dans les autres pays du Maghreb, cette céréale, à travers le pain notamment, est un élément de base dans le régime alimentaire. Les besoins sont également très importants pour l’orge et le soja, qui sont des composants majeurs pour l’alimentation de bétail. 

 

Diversification des sources d’approvisionnement
Le Maroc importe le blé auprès d’une quinzaine de pays. La Russie et l’Ukraine ne représentent qu’une part de 15%. Ces dernières années, le Royaume a opté de plus en plus pour l’Amérique du sud, notamment l’Argentine et le Brésil qui s’octroient plus de 40% de parts de marché. Auparavant, l’Europe et l’Amérique du Nord s’adjugeaient la part du lion avec une part de plus de 60%. Concernant la Russie et l’Ukraine, il faut dire qu’ils sont d’importants producteurs de céréales et d’oléagineux et de grands partenaires du Maroc dans le domaine agricole. Le Maroc importe de la Russie pour 1,3 milliard de DH, essentiellement du blé tendre (3,3 millions de quintaux en moyenne pour une valeur de 712 millions de DH), de l’alimentation animale (pulpe de betterave pour près de 380 millions de DH) et des oléagineux, essentiellement de l’huile brute de tournesol et du soja pour 98 millions de DH. A partir de l’Ukraine, le Maroc importe presque 3,5 milliards de DH de produits agricoles, essentiellement des céréales (12 millions de quintaux de blé tendre, maïs et orge). Les tourteaux de tournesol représentent 17 % des importations de ce pays, soit 587 millions de DH.

 

 

 

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