Exportations: ces «quick-win» qui feront la différence

Exportations: ces «quick-win» qui feront la différence

Le Royaume est davantage intégré au reste du monde par les importations que par les exportations.

Comment inverser rapidement cette tendance particulièrement préjudiciable pour l’économie nationale ? Eléments de réponse.

 

Par M. Diao

Le caractère salvateur des exportations pour les économies des Etats n’est plus à démontrer. Plusieurs pays développés et émergents s’attèlent à améliorer leurs stratégies inhérentes aux exportations. Ces dernières constituent un relais de croissance pour les entreprises et une source majeure de devises. Le rapport relatif au nouveau modèle de développement accorde une place de choix à l’essor des exportations nationales, qui ont encore une énorme marge de progression.

D’ailleurs, des économistes comme Ahmed Laaboudi, DG du Centre marocain de conjoncture (CMC), ne manquent pas de rappeler que le Royaume est davantage intégré au reste du monde par les importations (autour de 50% du PIB) que par les exportations (un peu plus de 30% du PIB). En conséquence, tout l’enjeu pour le pays au cours de la décennie à venir est de bâtir un nouveau modèle de croissance, tiré davantage par les exportations. Ce qui précède confère un grand intérêt à la manifestation qui s’est tenue récemment au siège de la CGEM dans le cadre de la série de rencontres du Livre blanc. Le rendez-vous, qui a eu pour thème : «Exporter du Maroc : Opportunités et défis», a été l’occasion pour les différents acteurs concernés par l’export d’identifier les obstacles, mais surtout de faire des propositions concrètes, assimilées à des «quick-win».

 

Un grand potentiel à l’export

«Il est important de garder à l’esprit que 80% des exportations de notre pays se font dans le cadre des accords préférentiels et des accords de libreéchange. Pour les produits finis, ce chiffre culmine à 99%», indique Abdelouahed Rahhal, Directeur général du Commerce au ministère de l’Industrie et du Commerce. Rahhal n’a pas manqué de rappeler que le développement du tissu industriel national a été permis en partie grâce aux accords commerciaux précités, dont certains doivent être adaptés aux nouvelles ambitions et réalités économiques du Royaume. L’une des annonces majeures du DG du Commerce est l’identification à l’export d’un potentiel supplémentaire de l’ordre de 120 Mds de DH.

Afin de transformer l’essai et renforcer le stock des entreprises exportatrices (autour de 7.500 actuellement), la tutelle mise, entre autres, sur une nouvelle approche d’accompagnement des entreprises attirées par les marchés étrangers. «La mobilisation des conseils économiques auprès des ambassades du Maroc à l’étranger et l’aide à la certification des entreprises exportatrices sont autant d’actions utiles pour le développement des exportations nationales», soutient Rahhal. Dans le même ordre d’idées, sont en cours d’élaboration une offre de financement adaptée ainsi qu’un mécanisme de garantie adéquat afin de mieux contenir les risques inhérents à l’export.

 

Promouvoir la compétitivité des entreprises

Hakim Marrakchi, PDG de Maghreb Industries, et Adil Zaidi, président de la Fédération de l’automobile, ont relevé plusieurs contraintes portant atteinte à la compétitivité des entreprises marocaines, lesquelles doivent croiser le fer avec leurs consœurs étrangères sur des marchés exigeants en termes de prix et de qualité. Les deux hommes d’affaires ont ainsi pointé du doigt la lourde fiscalité qui s’exerce sur les entreprises marocaines. Le secteur privé a également exprimé l’urgence de réduire les problèmes logistiques liés, entre autres, à l’absence d’un pavillon marocain et au manque d’autoroutes maritimes, dotées de ports proches.

«Il est aussi crucial d’établir des accords préférentiels avec des Etats, devenus de grands fournisseurs pour certaines branches industrielles de notre pays. C’est le cas de certains pays d’Amérique, leaders dans le domaine des emballages», suggère Marrakchi, qui déplore le délai anormalement long pour exporter aux USA à partir du Maroc (environ 45 jours). A l’évidence, une meilleure intégration dans les chaînes de valeur mondiales ainsi qu’une mise à profit des complémentarités régionales sont nécessaires pour faire de l’export un pilier de la croissance économique. Pour rappel, celle-ci est toujours tirée par la demande intérieure qui, de facto, booste les importations dans le cas de figure du Royaume.

Au final, plusieurs intervenants ont souligné la nécessité de miser davantage sur l’intelligence informationnelle. Une variable susceptible d’aider les exportateurs marocains à mieux appréhender les opportunités à saisir sur des marchés bien déterminés. D’ailleurs, la tutelle a réalisé un travail remarquable, puisqu’elle a mis sur pied une base de données de 1.200 couples marché/produit qui sera mise à la disposition des entreprises et entités intéressées. 

 

 

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