Face à un déficit estimé à 30 000 chauffeurs de camions, les entreprises de transport espagnoles accélèrent le recours à la main-d’œuvre étrangère pour maintenir leur activité.
Selon la Confédération espagnole du transport de marchandises (CETM), cette pénurie est aggravée par un vieillissement marqué des professionnels, avec un âge moyen avoisinant 55 ans, annonçant une vague de départs à la retraite au cours de la prochaine décennie.
Les données de la Direction Générale du Trafic (DGT), relayées par la presse, indiquent qu’en 2025, l’Espagne a validé l’équivalence de 1 867 permis poids lourds (catégorie C) et 581 permis de transport de passagers (catégorie D) pour des ressortissants marocains. Le Maroc se positionne ainsi parmi les principaux pays fournisseurs de conducteurs étrangers, juste derrière le Pérou.
Cette tendance s’explique par plusieurs facteurs structurels, notamment le manque d’attractivité du métier auprès des jeunes Espagnols, en raison de conditions de travail exigeantes, de difficultés à concilier vie professionnelle et personnelle, ainsi que d’un coût de formation élevé estimé à environ 6 000 euros pour obtenir un permis poids lourd.
Les professionnels du secteur soulignent également que les démarches administratives peuvent être longues, avec des délais pouvant atteindre près de 12 mois avant qu’un conducteur étranger ne puisse exercer pleinement.