Crise de la Covid-19: Peut-on sauver le tourisme national  ?

Crise de la Covid-19: Peut-on sauver le tourisme national  ?

 
 
       Les nouvelles  dispositions imposées suite à la prolongation de l'état d’urgence pénalisent  la reprise du secteur touristique.

     Hamid Bentahar , président de la Fédération Nationale du Tourisme et président du Conseil régional du Tourisme de Marrakech-Safi , nous  en dit plus .
 
FNH :  Les professionnels du tourisme appellent à se serrer les coudes, pour sortir le secteur de ce marasme ambiant . Quelles sont les mesures recommandées par votre fédération  pour soutenir les entreprises et sauver les emplois?
 
HB : Les professionnels en cette période de pandémie qui persiste prônent trois mesures incitatives :

À  court terme, il est impératif de maintenir les dispositifs de la CNSS, du contrat-programme et son extension au 31 décembre 2021 avec la révision des échéanciers pour le paiementndes charges sociales reportées et dues sur 2020 et 2021, à partir de 2022 avec étalement sur 24 mois.

Les mesures bancaires s’imposent , comme deuxième mesure notamment, grâce au reprofilage de l’échéancier bancaire long terme avec le GPBM et le renforcement de l’intervention de la CCG, le report des crédits leasing pour les entreprises du secteur de transport ainsi qu’un report des remboursements des crédits contractés par les employés du secteur ».

La fiscalité est la 3ème mesure et non des moindres. Sur ce point précis, nous demandons un moratoire fiscal au titre de 2020 et 2021, pour les taxes locales comme  la taxe professionnelle, au 1er janvier 2022, avec  étalement sur 24 mois sans frais ni pénalités. 
 
 
 
FNH:Le secteur doit faire face aux annulations de réservation et aux restrictions de voyage. Comment vous compter préserver  les industries du tourisme actuellement   en souffrance et  porteuses en matière d’emplois ? 
 
HB :  Le tourisme est une composante majeure de l’économie. Son apport en matière d’emploi est considérable. Le secteur emploie près de 2,5 millions de personnes entre emplois directs et indirects. Les industries du tourisme génèrent 11 points de PIB (7% à travers les non résidents et 4% à travers le tourisme national) et couvrent 20% des exportations des biens et services.
 
Contre vents et marées, le secteur touristique a toujours fait preuve de résilience devant les différents chocs mondiaux pendant ces deux décennies. Sauf que  l’année 2021 s’annonce pire que la précédente, du fait que le premier trimestre 2020 avait enregistré de très bonnes performances . 
 
FNH :  le prolongement des mesures de soutien à l’emploi et aux entreprises touristiques jusqu’à fin décembre 2021 est une nécessité absolue alors ? 
 
HB: Le secteur du tourisme est le plus touché par cette crise liée à la covid-19. La relance économique promise pour 2021 est donc reportée.
L’éclaircie que connaissent certains hôtels balnéaires  qui font moins de 20% de la capacité  cet été,  peut aider à limiter légèrement les dégâts mais pas de faire face à 1 an et demi de charges fixes liées au secteur. 
La reprise de l’activité proprement dite n’est pas encore au rendez-vous. De façon globale, toutes les destinations et toutes les filières du secteur, à savoir les voyagistes, les restaurateurs, les guides, les transporteurs touristiques, les hôteliers et bien d’autres subissent les effets lourds  de cette crise qui dure et perdure dans le temps. Plus de 16 mois, c’est énorme, vous pouvez imaginer l’ampleur des dégâts pour les familles .

I.Z 

La filière "Agences de voyage" subit  gravement l’impact de la crise  sur le moyen terme , notamment avec la fermeture des accès de Casablanca, Marrakech et Agadir.
Selon Khalid Benazouz, président de la Fédération nationale des agences de voyages du Maroc (FNAVM)  «Pour les agences de voyages, ces nouvelles mesures restrictives ne changeront pas grand-chose sur le court terme, dans la mesure où elles sont en quasi-arrêt d’activité depuis près de 18 mois. Par contre sur le moyen terme, cette situation qui perdure rapproche de plus en plus les agences de voyages et leurs collaborateurs de la faillite, d’une manière définitive. En cela , soutien inconditionnel de l’Etat est une question de survie car   le secteur touristique est loin d’être revigoré après cette  reprise en demi-teinte, une utopie… malgré la reprise en juin, beaucoup de chemin reste à faire. Il est vrai que les frontières ont rouvert le 15 juin, avec une reprise des vols, mais cela n’a pas profité à tous les maillons de la chaîne. Si les loueurs de voitures et certains hôtels ont pu respirer un peu, ce n’est pas du tout le cas des agences de voyages, des transporteurs touristiques, des hôtels de l’arrière-pays, des guides…C’est donc une vue de l’esprit de penser que le secteur a commencé à se rétablir, la réalité est totalement différente .   
Cette réalité, nous la vivons, ou plutôt la subissons, depuis mars 2020. Et aujourd’hui, nous n’avons pas du tout les moyens de tenir encore, sans activité, et sans aides de l’Etat. Le soutien de l'État est impératif poursuit Monsieur  Benazzouz.

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