Aide aux logements: nouvelle impulsion pour de nombreuses activités

Aide aux logements: nouvelle impulsion pour de nombreuses activités

L’immobilier, le BTP et les matériaux de construction sont les principales activités concernées.

La nouvelle formule est plus incitative pour les promoteurs.

 

Par C. Jaidani

L’annonce de l’aide aux logements a été accueillie avec enthousiasme par les citoyens marocains ainsi que par les professionnels du secteur. Il s’agit d‘une nouvelle formule bien étudiée pour répondre adéquatement aux besoins des consommateurs. Elle a pris en considération les lacunes de l’ancienne formule afin de rendre le dispositif plus attractif pour les promoteurs. La nouvelle offre devrait impulser une nouvelle dynamique à de nombreux secteurs, dont particulièrement l’immobilier, le BTP et les matériaux de construction. Ces activités ont été frappées de plein fouet par une morosité latente, qui persiste depuis une décennie. Un phénomène qui a poussé plusieurs opérateurs à fonctionner au ralenti, en attendant plus de visibilité.

«C’est une excellente initiative, qui permettra de donner un nouveau souffle à l‘immobilier et de relancer d’autres activités. Nous sommes tous mobilisés pour réussir cette initiative royale qui a apporté un nouveau concept plus incitatif, dont particulièrement l’aide directe aux acquéreurs. Nous avons toujours expliqué que l’ancienne configuration avait différentes limites qui sont dissuasives pour l’acquéreur. L’offre est restée figée pendant des années au moment où le coût de production était en perpétuelle croissance. Tous les éléments entrant dans la chaîne de valeur ont vu leur prix exploser, sauf les prix de vente des logements qui sont restés quasi stables», souligne Mostafa Allali, viceprésident de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI). Au niveau de la filière des matériaux de construction, l’effet a été immédiatement constaté chez les sociétés cotées en Bourse, dont les cours se sont inscrits en hausse, à l’image de Sonasid, LafargeHolcim, Ciments du Maroc, TGCC, Addoha ou Alliances.

L’effet d’entraînement sera perceptible chez les sous-traitants et les autres partenaires. David Tolédano, président de la Fédération des matériaux de construction, indique «que le marché devrait profiter de cette initiative, car la hausse de l’aide aux logements devrait élargir la population bénéficiaire et augmenter le volume de production. En dépit d’une surchauffe des intrants et des coûts de production, nous sommes mobilisés pour stabiliser les prix». La maîtrise du coût de production reste le principal défi des promoteurs. S’ils n’y parviennent pas, ils seront amenés à augmenter les prix de vente et risquent alors d’être malmenés par la concurrence. Et pour éviter cette situation, ils devront sacrifier leur marge pour ne pas garder des stocks. Il faut rappeler que de nombreux éléments sont déterminants dans ce coût.

«Outre les matériaux, le foncier est très important. Dans des villes comme Rabat et Casablanca, il peut atteindre une part de 60% dans le coût total. Des offres entre 400.000 et 700.000 DH ne peuvent être disponibles que dans la périphérie des villes ou dans les villes satellites. Dès lors, les autorités devront penser à équiper ces agglomérations de services publics, notamment le transport, pour les rendre plus attractives», indique Mohamed Lahlou, président de l’Union des agents immobiliers de la région Casablanca-Settat. Et de poursuivre que «l’inflation et la hausse des taux d’intérêt sont également une contrainte majeure pour les consommateurs, qui constatent que leur capacité d’endettement est pénalisée».

 

Effet notoire sur les recettes fiscales et l’emploi
L’immobilier participe à près de 7% du PIB. Il emploie un million de personnes, soit 10% de la population active. Il représente 30% des encours bancaires. Les charges fiscales dans le secteur sont comprises entre 35 et 50%. C’est une niche importante pour les recettes de l’Etat, que ce soit au niveau de l’IS, l’IR ou la TVA, sans oublier les impositions locales comme la taxe sur les terrains non bâtis, la taxe urbaine, la taxe sur les matériaux de construction destinée à financer le programme de Villes sans bidonvilles (VSB), la taxe d’édilité et celle des services publics. Quand le secteur tourne à plein régime, il devient l’un des meilleurs contributeurs pour le trésor public. La relance de l’activité avec la nouvelle aide aux logements devrait accentuer les mises en chantier. Dans ce schéma, les sociétés de construction seront amenées à renforcer leurs effectifs pour répondre à leurs engagements.

 

 

 

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