Agences de voyages: pourquoi la Omra risque de capoter

Agences de voyages: pourquoi la Omra risque de capoter

L’insuffisance des billets d’avion reste une contrainte majeure.

Les prix des offres ont nettement explosé.

 

Par C. J

En dépit de la levée de plusieurs restrictions sanitaires et l’ouverture des frontières, le secteur touristique national n’arrive pas à retrouver son rythme normal d’activité. Outre les voyageurs étrangers désirant visiter le Royaume, les nationaux sont confrontés à plusieurs contraintes pour se déplacer à l’étranger. «Haj et Omra», l’un des segments les plus prisés par les Marocains, a été entièrement paralysé pendant deux ans.

Avec la reprise économique, les professionnels du secteur espéraient avoir une nouvelle impulsion à leur activité, surtout pour la Omra (petit pèlerinage) qui connaît une forte affluence avec plus de 90.000 pèlerins par an, dont près de 60% uniquement pour le mois de Ramadan. Plusieurs agences de voyages ont démarré les réservations, mais elles se sont retrouvées face des problématiques majeures liées notamment à l’indisponibilité des billets d’avion et d’autres complications administratives.

Sous l’effet de la pandémie, de nombreuses compagnies aériennes ont réduit sensiblement leur flotte. Royal Air Maroc a diminué son parc opérationnel, passant de 60 à 40 appareils. 20 avions ont été ou vendus ou mis en location. La compagnie marocaine a également restreint son effectif : 858 postes ont été supprimés, dont 180 pilotes et 500 hôtesses de l’air ou stewards. Le même phénomène impacte pratiquement toutes les compagnies. Actuellement, le transport aérien est fortement perturbé, avec une offre qui ne répond pas à la demande.

«La RAM se contente actuellement de quatre vols (CasablancaJeddah) par semaine. Auparavant, elle proposait deux par jour, et parfois elle organisait des dessertes supplémentaires pour répondre à la forte demande au cours du mois de Ramadan. D’autres compagnies comme Turkish Airlines, Emirates, Gulf Air ne desservent plus l’Arabie Saoudite à partir du Maroc. Du coup, l’offre de billets a été réduite de plus de 60%», souligne Abdellatif Ziani, directeur de Macron Voyages à Casablanca. Le nombre de billets proposés par la RAM correspond à 7% des inscrits pour la Omra. Une agence à Rabat a passé commande de 1.500 billets, elle n’en a reçu que 60. Par ailleurs, Saudi Airlines ne propose que des vols d’affaires ou des vols touristiques et pas pour la Omra. Les autorités saoudiennes veulent restreindre le nombre d’arrivants dans le pays.

«Cette insuffisance de l’offre de billets conjuguée à la hausse des prix des hydrocarbures a fait exploser le coût du voyage. Le produit Al Omra était proposé à partir de 15.000 DH. Actuellement, il s’affiche à partir de 24.000 DH», explique Ziani. Outre le coût du voyage, la procédure est devenue elle aussi délicate comparativement à l’avant-pandémie. Les agences de voyages avaient la possibilité de réserver directement auprès des compagnies aériennes ou des hôtels avec plus de fluidité et de liberté. Actuellement, elles doivent au préalable signer un contrat avec une entreprise saoudienne dûment mandatée et authentifier le document au tribunal. Une copie doit être adressée au ministère des Affaires étrangères, puis à l’ambassade du Maroc à Ryad.

Une fois cette étape terminée, l’agence de voyages a accès à une plateforme digitale dédiée «iatamarna», qui regroupe aussi bien les compagnies aériennes que les hôtels éligibles. «Il faut réserver sur la plateforme aussi bien les billets d’avion, que des places dans les sites d’hébergement, de restauration et de transport pour que le client puisse obtenir le visa dont la durée ne doit pas dépasser 30 jours. Si le voyageur la dépasse, l’agence sera contrainte de payer une amende. Les autorités saoudiennes ont exigé également une assurance voyage, car elles ne prennent plus en charge les soins ou une hospitalisation au cas où un client aurait un malaise», explique Ziani. Ces complications ont également dissuadé de nombreux Marocains à opter pour le Haj (grand pèlerinage). Les agences de voyages affirment qu’elles n’ont pas de visibilité à ce sujet du fait que ni les autorités marocaines ni saoudiennes n’ont communiqué sur le sujet.

 

 

 

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