Agrégation: le trait d’union idoine entre l’amont et l’aval

Agrégation: le trait d’union idoine entre l’amont et l’aval

Le système assure la sécurisation de l’approvisionnement des unités de valorisation pour les agrégateurs.

Du côté des agrégés, il permet l’amélioration des rendements et la qualité de la production ainsi que l’accès au financement, tout en limitant l’intervention des intermédiaires.

 

Par C. Jaidani

La garantie de la régularité de l’approvisionnement en matières premières tant sur le plan quantitatif que qualitatif est un challenge pour les acteurs de l’aval agricole et agroindustriel. Pour cause, il subsiste une carence en matière d’intégration entre l’amont et l’aval agricoles. Ainsi, l’option de l’intégration se présente comme une solution idoine pour contourner cette problématique et permettre aux agrégateurs et aux agrégés de bénéficier des avantages multiples de ce mode d’organisation.

Et ce, depuis le lancement du Plan Maroc Vert (PMV) en 2009 et dans le cadre de la nouvelle stratégie Génération Green (2020-2030). Parmi les multiples avantages avérés de l’intégration, il y a lieu de citer la sécurisation de l’approvisionnement des unités de valorisation pour les agrégateurs. Du côté des agrégés, ce système assure l’amélioration des rendements et la qualité de la production ainsi que l’accès au financement, tout en limitant l’intervention des intermédiaires.

L’autre atout, et non des moindres, est que les exploitants bénéficient d’un accompagnement sur-mesure tant sur le plan technique que sur le volet financier, crucial à maints égards. Grâce à l’intégration, les exploitants disposent d’une meilleure visibilité. Ce qui leur permet de mieux valoriser leurs produits, tout en assurant une commercialisation dans de bonnes conditions.

Résultat des courses  : l’obtention de marges intéressantes. Très concrètement, les exploitants sont épaulés par les services techniques du ministère de tutelle et orientés par les agrégateurs, pourvoyeurs de conseils précieux en termes d’utilisation des semences, des intrants, des produits phytosanitaires ou en matière d’irrigation. Il convient de rappeler que des contrats-programmes ont été signés entre l’Etat et les professionnels des différentes filières concernées.

La plupart des objectifs assignés ont été atteints pour de nombreuses activités. A ce titre, citons les filières sucre, lait, aviculture et dattes. Depuis le lancement du PMV, l’Etat s’est attelé à générer les conditions juridiques, incitatives et institutionnelles pour l’essor de l'agrégation agricole, laquelle a participé activement à l’amélioration de la valeur ajoutée agricole au Maroc. Chiffres à l’appui, les différentes mesures ont permis de mettre sur pied différents projets pour un investissement global projeté de l’ordre de 14 milliards de DH.

Dans le détail, le programme couvre une superficie de 190.000 ha et un effectif de cheptel de 126.000 têtes. Et ce, au bénéfice de 58.000 agrégés, dont 80% exploitent des superficies de moins de 5 ha. C’est dire l’importance accordée aux petits exploitants. De nouvelles ambitions sont clairement affichées dans le cadre de «Génération Green». Il s’agit de capitaliser sur les acquis du PMV, juguler les dysfonctionnements et relever les objectifs. 

 

Comment attirer les investisseurs
Drainer un flux structurel d'investissement implique la mise en place de mesures d’accompagnement dans le cadre de l’agrégation. A ce titre, il convient de garantir une mobilisation du foncier public dans le cadre de partenariats public-privé et la création d'une structure dédiée à l'accompagnement des investisseurs. A cela, s’ajoutent la révision de l'offre d'incitations du Fonds de développement agricole (FDA) et la mobilisation du secteur bancaire pour le financement des projets agricoles. Dans une logique d’efficacité, les réformes doivent s'accompagner d'un renouvellement conséquent du cadre légal et réglementaire. Il est nécessaire de mettre l’accent sur la préparation d'un nouveau cadre juridique pour l'interprofession, des textes améliorés sur l'agrégation et une loi sur l'agriculture biologique, laquelle permettra au Maroc de jouer les premiers rôles en la matière.

 

 

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