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Psykup : «Le Maroc m’a mis la fièvre !»

Psykup : «Le Maroc m’a mis la fièvre !»

 

Psykup a soufflé sa vingtième bougie en 2015, et jeté à la face des metalhead en 2021 son cinquième album intitulé sobrement «Hello Karma». Ces Toulousains, se plaçant aux premiers rangs du Metal français, ont inventé un style qui oscille entre le death et le grindcore : «l’autruche core».

Nous avons rencontré Julien Cassarino (chanteur et guitariste) et Julian Gretz (bassiste) 15 min avant leur concert sur la scène du RUC, pour les 20 ans de L’Boulevard.

 

Propos recueillis par R. K. H.

 

 

Finances News Hebdo : Cela vous fait quoi d’être invités à nouveau ?

Julien Cassarino : C’est royal ! Nous avons déjà joué au Maroc, à L’Boulevard, en 2008. Certes, je n’étais pas encore dans le groupe, car je suis venu en 2015. Mais, on savait qu’on allait être trop bien reçu, que le public est à fond et la scène magnifique… Faut dire que les conditions sont vraiment au top ! C’est digne des meilleurs «fest» que nous avons faits. On est heureux d’être là.

Julian Gretz : C’est beaucoup d’émotions. Nous avons retrouvé de vieux amis. Nous sommes toujours très très bien accueillis au Maroc. Et c’est ce qui compte beaucoup pour nous. Ensuite, il y a un accueil qui est fait à la musique Metal au Maroc. C’est exceptionnel ! Les gens mettent vraiment de la valeur dans cette musique et dans le partage avec les musiciens. Pour nous, c’est très très fort !

 

F.N.H. : Vous ne déclinerez jamais l’invitation du L’Boulevard ? 

J. C. : Jamais. D’ailleurs, on a sauté sur l’occasion !

J. G. : On ne peut pas refuser sauf s’il y a déjà quelqu’un qui nous a programmés sur un autre concert ailleurs.

 

F.N.H. : Constatez-vous un développement de la musique alternative au Maroc ? 

J. C. : Il y a énormément de groupes, énormément de gens qui font de la musique… J’ai l’impression qu’ici à Casa, on prône de plus en plus cette culture qu’est le Metal; que les gens l’ont dans la peau. Les personnes que je connais ici sont vraiment de grands fans et de purs metalhead.

J. G. : C’est exact ! Ils ont une certaine connaissance très pointue, que ce soit dans le registre le plus extrême ou même quand il s’agit de l’ouverture sur d’autres styles. On voit que cela se développe. Il y a aujourd’hui d’innombrables groupes du Maghreb qui commencent à tourner. Oui, on sent qu’il y a énormément de choses qui se passent.

 

F.N.H. : Une dynamique ? 

J. C. : Une dynamique, oui. C’est pour cela que L’Boulevard est une initiative très très très importante, d’autant plus qu’il sert cette effervescence et donne envie aux jeunes générations de continuer à jouer. D’ailleurs, on le voit ce soir : tout est plein !

 

F.N.H. : «Ctrl Alt Fuck». C’est quoi ? 

J. C. : C’était une blague. Nous aimons faire des blagues. Nous aimons bien les titres un peu différents des titres d’albums normaux. «Ctrl Alt Fuck», c’était une période où l’on venait de revenir après 7 ans de pause. Sortis de notre léthargie, nous cherchions un titre pour notre nouvel album (…) C’était quelque chose de nouveau pour nous d’introduire le côté numérique. Cela a complètement changé notre façon de composer.

J. G. : Cette nouvelle technologie nous a permis de laisser reposer des choses, de rechanger les idées, de chercher le petit truc qui va être top pour le morceau. C’est notre façon de composer, maintenant !

 

F.N.H. : Dites-nous en un peu sur votre dernier opus (plus énervé que les autres) : «Hello Karma»… 

J. C. : C’était un peu compliqué, parce qu’il a été enregistré au tout début de la pandémie du Covid19. On ne savait pas trop s’il fallait le lancer fin 2020. Puis, il a été repoussé à février 2021. Avec tout ce qui s’est passé (le premier confinement, puis le second …), nous avons commencé la tournée en décalé. Ce qui fait qu’on continue toujours de tourner pour cet album... C’est assez exceptionnel, parce que nous tournerons jusqu’à l’année prochaine. En plus, il est sobrement intitulé «Hello Karma» : une explosion atomique … Enfin, nous ne pensions pas que ça allait se compliquer dans le monde à ce point-là. Nous ne voulions pas être prophétiques, mais nous l’avons été sans le vouloir, faut dire (rires).

J. G. : Nous voulions le sortir parce qu’on s’est dit que c’est le moment où les gens ont besoin d’écouter de la musique, de se changer les idées… On s’est dit : «bon, tant pis si tout ne sera pas nickel comme d’habitude - la sortie d’un album - , mais on fait quelque chose». Et puis, on n’a jamais lâché. Nous avons continué à enchainer les dates. Et, finalement nous sommes ici au Maroc… C’est chouette !

 

F.N.H. : Une anecdote autour de L’Boulevard… 

J. C. : Un des souvenirs que j’ai du festival, c’est que je me suis pris une insolation et cela m’a gâché un petit peu le séjour. Je suis resté deux jours au lit. C’est marrant, parce que j’ai le souvenir d’un truc exceptionnel et à la fois d’avoir eu de la fièvre. On peut dire que le Maroc m’a mis la fièvre ! 

 

 

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