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Hommage : Edmond Amran El Maleh, figure du multiculturalisme au Maroc

Hommage : Edmond Amran El Maleh, figure du multiculturalisme au Maroc

Une nouvelle salle baptisée «Edmond Amran El Maleh» a été inaugurée mardi au lycée Descartes de Rabat, rendant ainsi un hommage posthume à l'une des figures ayant marqué la pensée et la littérature marocaines.

 

«Il était un grand fervent militant nationaliste»,  souligne le conseiller du Roi, André Azoulay, affirmant qu'Edmond Amran El Maleh est connu à travers ses écrits, pour son attachement fort à ses origines marocaines juives, et surtout à la ville d'Essaouira.

«Il s'était inspiré à Essaouira du partage fécond entre les écoles soufies des musulmans et les Kabbales des juifs (…) Feu Amran El Maleh restera gravé dans la mémoire commune, socle même de l'identité nationale marocaine», a-t-il souligné.

Pour sa part, la proviseure du lycée Descartes, Najat Delpeyrat, a indiqué à la presse que cet évènement fait partie d'un programme visant à rebaptiser toutes les salles du lycée Descartes dans un esprit de diversification culturelle (française, arabe...etc.), en choisissant des personnalités qui appartiennent à ces cultures. «La salle baptisée Edmond Amran El Maleh est dédiée à sa mémoire symbole de multiculturalisme», a-t-elle dit.

Par ailleurs, on a eu droit, lors de cette cérémonie, à la projection en avant-première d'un documentaire consacré à l'héritage musical judéo-marocain, intitulé «Dans tes yeux, je vois mon pays», en présence de son réalisateur Kamal Hachkar.

Le film raconte l'histoire de Neta et Amit Cohen qui vivent à Jérusalem. Ensemble, ils ont créé un groupe où ils se réapproprient et revisitent leur héritage musical judéo-marocain.

«Dans tes yeux, je vois mon pays» accompagne les deux personnages durant un voyage au Maroc jalonné de rencontres musicales, un périple qui va transformer leur perception de qui ils sont et de ce qu'ils veulent devenir. Se dessine alors le rêve de recréer des ponts avec le pays et leurs ancêtres.

«J'ai eu la chance de le rencontrer et de le filmer juste avant sa mort au moment où je préparais le film-documentaire Tinghir-Jérusalem», se remémore le cinéaste franco-marocain Kamal Hachkar avec émotion, notant que la projection de son film se veut une participation à la remémoration de cette mémoire plurielle judéo-marocaine.

Philosophe, romancier, essayiste et journaliste, le défunt Amran El Maleh est l’auteur de nombreux romans et essais traduits en plusieurs langues. Né en 1917 dans la ville côtière de Safi, au sein d’une famille juive, décédé à Rabat en 2010 et enterré à Essaouira, il est l'un des écrivains intellectuels majeurs du Royaume.

Pour rappel, le lycée Descartes avait inauguré en mars dernier une salle dédiée à Nour-Eddine Saïl, en guise d'hommage à ce ténor du septième art marocain.

 

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