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Economie

Zones de libre-échange : Un impact mitigé sur l’industrie

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 22 Juillet 2016 à 11:14
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Zones de libre-échange : Un impact mitigé sur l’industrie


La nouvelle charte d’investissement prévoit l’octroi d’un statut zone franche aux grandes entreprises expor­tatrices se trouvant hors zones franches. La mise en place d’une zone franche par région s’inscrit par ail­leurs dans le nouveau dispositif. Le leitmotiv est de garantir un impact palpable des zones franches sur le processus d’industrialisation en marche depuis quelques années.

En quête du statut de pays émergent, les responsables veulent rehausser le niveau de l’investissement au Maroc. La forte corrélation existant entre le niveau de l’investissement et le taux de croissance exhorte le ministre de l'Industrie, du Commerce, de l'Investisse­ment et de l'Economie numé­rique à revoir sa copie et à se doter d’instruments actualisés à même de booster la for­mation brute du capital fixe (FBCF). Lors de sa dernière sortie médiatique, Moulay Hafid El Alamy a dévoilé les dessous de la nouvelle Charte d’investissement, censée être un nouveau dispositif pour une croissance qui profite égale­ment aux plus démunis. «Une profonde réforme de la Charte d’investissement dont le Maroc s’était dotée en 1995, s’imposait pour aboutir à un document intégré, accessible, regroupant l’ensemble des mesures incitatives et formulé dans un cadre unique et coor­donné donnant plus de visibi­lité aux opérateurs» dixit MHE à l’occasion. Aujourd’hui, il est question d’un nouveau cadre incitatif à même d’accompa­gner l’investissement indus­triel. «Le nouveau cadre rompt radicalement avec une vision statique de l’accompagnement de l’investissement» tient-il à préciser. D’après lui, il se dis­tingue essentiellement par la clarté des offres qu’il présente. Entre autres mesures entre­prises, le ministre a annon­cé l’octroi d’un statut zone franche aux grandes entre­prises exportatrices se trouvant hors zones franches. Il s’agit d’une réponse aux voeux des industriels. Plusieurs d’entre eux ont manifesté leur souhait de bénéficier des avantages d’une zone franche sans y être installés. Mieux encore, la nou­velle charte d’investissement prévoit la mise en place d’une zone franche par région. Le critère régional a été introduit pour mieux répartir l’inves­tissement sur l’ensemble du territoire. Le leitmotiv est de ratisser plus large et en faire profiter les régions les moins favorisées. Le but est par ail­leurs de garantir un impact palpable des zones franches sur le processus d’industria­lisation en marche depuis quelques années. Une question lancinante se pose d’emblée : quel est l’impact des zones de libre-échange sur l’industrie au Maroc ?

ZLE : un effet papable sur l’emploi

Il est utile de rappeler que le Maroc s’est inscrit assez tardivement dans la straté­gie de développement des zones franches (ZF). C’est à partir du milieu des années quatre-vingt-dix que le premier cadre juridique réglementant l’installation et le fonctionne­ment des ZF a été promulgué. Instituées par la loi 19-94, les zones franches d’exportation sont des espaces déterminés du territoire douanier où sont autorisées, en dispense de la réglementation douanière, du contrôle du commerce exté­rieur et des changes, toute activité exportatrice à vocation industrielle ou commerciale, ainsi que les activités de ser­vices liées.

Depuis le début des années 2000, une nouvelle dynamique s’est installée pour donner un nouveau souffle aux zones franches au Maroc. Tanger reste le territoire qui abrite le plus grand nombre de zones franches. D’autres villes inté­rieures sont en train de se doter de leurs propres zones franches.

«En 2014, la ZF du Port Tanger accueillait 78 entreprises, 68% travaillant dans le commerce, 30% dans le textile et le reste dans l’industrie des conserves de poisson et le carrelage», apprend-on dans une lettre de l’Observatoire de conjoncture.

La zone franche d’exporta­tion de Tanger est installée depuis 2011. En 2014, 379 entreprises industrielles y sont domiciliées. Elles créent plus de 42.000 emplois totalisant un chiffre d’affaires en 2014 de plus de 2 milliards de dol­lars. Cette zone bénéficie d’un régime fiscal des plus avanta­geux comme elle est desservie par un grand port.

Atlantic free zone à Kénitra est l’une des premières plates-formes intégrées de dernière génération, réalisée dans le cadre du Pacte national pour l’émergence industrielle. Elle est dédiée principalement au secteur automobile et électro­nique. La première tranche, qui s’étale sur 192 ha, est opérationnelle.

D’autres zones franches sont prévues ou en cours de réa­lisation. C’est le cas de la zone franche de Nador. Deux zones franches sont program­mées dans la région sud du pays précisément à Lâayoune (15 ha) et Dakhla (10,5 ha). Une étude de programmation et de développement de ces deux zones est en cours de réalisation.

Dresser un bilan de ces zones s’avère ardu vu le nombre limité d’indicateurs, mais cela n’empêche pas de dire que leur impact sur le nombre d’in­vestissements lourds étrangers est palpable. En termes d’em­ploi, ces zones emploient près de 37.000 personnes.

En matière d’industrialisation, force est de constater que mal­gré les avancées réalisées, le Maroc reste à des niveaux en deçà de ceux des pays émer­gents. L’analyse sur le long terme des indicateurs straté­giques montre que la part de l’industrie dans les exporta­tions en marchandises est pas­sée d’une moyenne de 16% au cours de la période 1970-79 à 66,1% au cours de la période 2000-2009 et s’est située à 66,5% entre 2010 et 2014. L’effort est certes louable, mais de l’avis des économistes, le processus d’industrialisation reste très lent.

S. Es-siari

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