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SNEP, le mouton du sacrifice

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 13 Mars 2015 à 13:35
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A l’annonce par le Conseil déontologique des valeurs mobilières, en milieu de semaine dernière, de la reprise de la cotation de la valeur SNEP le lundi 9 mars, tout le monde était unanime sur un fait : le titre allait décrocher en Bourse. En réalité, la SNEP a été laminée sur le marché, perdant entre lundi (-10%) et mardi (-9,98%) pratiquement 20% de sa valeur pour afficher un cours à 172,65 DH.

Alors, logiquement, la question qui se pose est de savoir s’il était opportun de la lever la suspension du titre. «Il faut d’abord savoir que dans cette affaire, la SNEP est une victime collatérale, n’étant pas directement impliquée dans le litige qui oppose Fives FCB à sa maison-mère Ynna Holding. De plus, la reprise de la cotation est motivée par le report des mesures d’exécution de la vente forcée des actions SNEP détenues par Ynna Holding. Même si l’on se doutait que le titre allait subir un revers, il semblait illogique de maintenir sa suspension, d’autant que nul ne peut savoir jusqu’à quand peut traîner cette affaire judiciaire», nous précise un analyste.

Sauf que, en matière boursière, il y a une dimension psychologique très importante qui fait que, pour peu, les investisseurs perdent confiance en une valeur, voire en un marché dans sa globalité. De plus, pour des investisseurs déjà frileux, qui ont encore en mémoire l’affaire CGI (toute chose étant égale par ailleurs), quand un dossier judiciaire fait une intrusion sur le marché boursier, ce n’est pas du tout un bon signal. Pour preuve, malgré le fait que la bataille judiciaire qui oppose Fives au Groupe Ynna se soit déplacée sur un autre terrain, puisque ce sont désormais les actions d’Aswak Assalam, une autre filiale (non cotée cette fois-ci) du holding, qui font l’objet d’une saisie exécutoire, la SNEP trinque à la Bourse.

Et la situation ne risque pas de s’arranger. Il y a aujourd’hui un certain doute qui persiste quant à l’issue de ce bras de fer judiciaire et à la santé financière du Groupe. Et cela se ressent tout naturellement sur sa seule société cotée, la SNEP en l’occurrence, qui semble avoir perdu les faveurs des investisseurs. Cette perte de confiance est encore davantage nourrie par le déficit de communication criant de la holding qui laisse la place aux rumeurs et autres mauvaises interprétations.

Une stratégie qui ne joue pas forcément en sa faveur, particulièrement au moment où le cabinet d’avocats, Bassamat & Associés, qui représente Fives, est très disert dans la presse.

En tout cas, c’est actuellement la crédibilité du groupe qui est engagée, d’autant qu’une autre société espagnole, Bascotecnia, a obtenu un jugement d’exequatur contre Ynna Steel, une autre filiale de la Holding. Face à la multiplication des affaires, il semble pour le moins difficile, pour l’instant, d’envisager un retournement de tendance pour le cours de la SNEP.


A l’évidence, face à ces mêlées judiciaires, la SNEP reste le premier mouton du sacrifice. En attendant, peut-être, Aswak Assalam.

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