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Economie

Sécurité alimentaire : L’Afrique à l’épreuve des défis de l’agriculture

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 27 Mars 2017 à 12:15
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Aspirer légitimement à l’émergence ou au développement nécessite préalablement l’autosuffisance alimentaire, qui suppose un certain niveau de développement du secteur agricole. Or, du chemin reste encore à faire pour l’Afrique qui, tout en disposant de la moitié des terres arables au niveau mondial, voit la moitié de sa population souffrir des affres de la malnutrition.

 

L’Afrique, sans doute continent le plus contrasté, avec ses multiples atouts et ses immenses défis, devrait voir quadrupler sa population à l’horizon 2100 pour atteindre plus de 4 milliards d’habitants contre un peu plus de 2 milliards en 2050. Cette inflation démographique, qui a pour corollaire l’accroissement de la demande en énergie, risque d’accentuer les fortes pressions s’exerçant sur les ressources agricoles. D'où l'intérêt de la quatrième édition du Forum international Afrique développement, co-organisée par Attijariwafa bank et Maroc Export, sous le thème : «Agriculture et électrification : mobiliser les énergies». L’enjeu est de taille, à la hauteur des challenges que l’agriculture africaine doit relever. A ce titre, faudrait-il rappeler qu’en dépit du fait que l’Afrique, qui affiche le taux de rentabilité des investissements le plus élevé au monde, tout en disposant de la moitié des terres arables à l’échelle mondiale (800 millions d’hectares), continue de voir la moitié de sa population malmenée par la malnutrition. Le caractère crucial du développement de l’agriculture sur le continent est corroboré par les chiffres de la Banque mondiale et de l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, plus connue sous l’appellation FAO. En 2014, près de 63% de la population d’Afrique subsaharienne vivaient dans le monde rural. Partant, il est assez aisé de déduire que la transformation de l’agriculture, qui suppose le passage d’une activité de subsistance à un moteur de développement économique, recèle un grand potentiel pour l’amélioration des revenus des populations africaines et la lutte contre le chômage endémique des jeunes. 

Le Forum Afrique développement de cette année, qui accueille près de 1.200 participants, a choisi de jouer pleinement sa partition pour l’amélioration de la branche de l’agroalimentaire et de l’agriculture du continent. En cela, cet évènement à forte connotation continentale sert de plate-forme d’échanges interafricains, tout en constituant une vitrine idoine à même de mettre en exergue les opportunités d’investissements dans les pays africains. Dans le même ordre d’idées, soulignons que l’Afrique a besoin davantage de partenaires et d’investisseurs issus d’autres contrées, mais aussi africains à l’instar du Maroc, qui a développé une expertise avérée dans le domaine agricole. 

Une expertise à mettre à profit

Il est difficile de contester que le Forum Afrique développement, qui accueille plusieurs participants de marque, est l’événement idoine pour donner plus de relief au modèle marocain concluant en matière de développement agricole. Pour rappel, l’important saut qualitatif de l’agriculture marocaine est à relier à une kyrielle de facteurs, de composantes ou d’institutions pour ne citer que le Plan Maroc Vert littéralement porté par le ministère de tutelle, l’Agence de développement agricole (ADA) et l’attractivité de la branche pour les investisseurs. 

Dans la même mouvance, la réforme du foncier qui se profile, l’amélioration des systèmes d’irrigation, de semences et d’engrais, sans oublier le développement de la mécanisation, sont autant de piliers vecteurs de la création de valeur ajoutée de la branche agricole marocaine, qui représente tout de même près de 14% du PIB. Par ailleurs, le fort engagement du Royaume envers l’agriculture du continent est amplement incarné par l’Office chérifien des phosphates (OCP). S’inscrivant dans une mouvance d’investissement continue, l’OCP a réalisé récemment une unité de production d’engrais spécialement dédiée au continent africain. Il s’agit de l’African fertilizer complex dont la réalisation a nécessité la bagatelle de 5,3 Mds de DH. L’importance des engrais en Afrique n’est plus à démontrer vu les piètres niveaux de productivité des cultures vivrières. D’ailleurs, il est opportun de souligner que Marrakech abrite, du 24 au 26 février 2016, la conférence africaine sur les engrais. L’autre initiative parmi tant d’autres dont devraient s’inspirer les pays africains, est le projet de dessalement de l’eau de mer au profit de l’agriculture de la ville de Dakhla, qui devrait être opérationnel à l’horizon 2020. En définitive, au regard de l’expertise évoquée plus haut et des défis proéminents exposés, il ne fait aucun doute que l’agriculture pourrait être l’une des principales locomotives de la coopération Sud-Sud, initiée sous l’impulsion du Roi Mohammed VI. 

 

1.000 dollars de valeur à l’horizon 2050

Il est sans conteste qu’en Afrique, le manque d’investissement constitue un obstacle majeur pour la transformation du secteur agricole. Si à l’horizon 2050, la Banque mondiale estime le secteur agricole et la branche agroalimentaire des pays africains à 1.000 milliards de dollars, la FAO souligne, en revanche, l’impératif d’investir près de 83 milliards de dollars de plus chaque année. L’objectif étant de combler l'écart entre les montants investis chaque année par les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire au cours de la dernière décennie et les montants nécessaires à l’horizon précité.

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