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Développement durable

Sacs plastiques : Quelles solutions alternatives ?

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 27 Mars 2017 à 12:32
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Les Marocains expriment certaines réserves à l'interdiction des sacs plastiques notamment en ce qui concerne les produits de substitution.

 

L’interdiction des sacs plastiques continue de susciter la polémique. 

Et pour cause, l’adoption de ce projet de loi en un temps record laisse plusieurs questions en suspens. 

Parmi celles-ci allons-nous revenir à l’utilisation des paniers en doum comme solution alternative ? Pas si sûr. Le nouveau mode de consommation de la société marocaine a beaucoup changé durant ces dernières années. Ces paniers, autrefois utilisés par nos ancêtres pour faire leurs courses, ne conviennent plus au nouveau mode de vie des citoyens, qui ne peuvent faire leurs emplettes qu’une fois par semaine soit dans les grandes surfaces de distribution, soit dans les souks…

«Je me vois mal faire mes courses de la semaine à savoir fruits, légumes, viandes…, en utilisant un panier de doum», nous confie une mère de famille qui travaille dans le secteur bancaire. Cela dit, bien que le projet de loi n°77-15 portant interdiction de fabrication, importation, exportation, commercialisation et utilisation de sacs en plastique a été largement salué, les Marocains expriment toutefois certaines réserves notamment par rapport aux produits de substitution qui remplaceraient le plastique, auquel on est très attaché. Jusqu’à aujourd’hui, la question des produits alternatifs n’a toujours pas été évoquée par la tutelle. Ce qui révolte d’ailleurs les professionnels du secteur de la plasturgie, qui sont montés au créneau pour dénoncer l’approche du ministère de l’Industrie et la rapidité de l’adoption de ce projet de loi. Paniers de doum, sacs recyclables ou biodégradables, sacs en carton…, on ne sait toujours pas quel va être le produit alternatif le plus écolo et le mieux adapté aux besoins des Marocains. L’application de cette loi est également confrontée à un problème de taille, qui est l’informel. En effet, si son application peut être contrôlable dans le circuit formel, à savoir les magasins de grande distribution et les commerces structurés, pour l’informel rien ne prouve qu’elle le sera notamment auprès des marchands ambulants qui ne respectent aucune loi.

Aussi, le délai fixé pour l’application de cette loi (9 mois) reste très réduit pour opérer un quelconque changement. Une question s’impose toutefois : les fabricants de ces produits alternatifs pourront-ils répondre aux besoins du marché en moins de 9 mois ? 

Parallèlement à cette démarche réglementaire, tout l’enjeu est de trouver une solution aux millions de tonnes de plastiques déversés annuellement dans la nature. Des sacs qui ne disparaîtront que dans les prochains 400 ans. 

 

L'oeil de l'expert

Les écologistes réagissent !

L’industrialisation et le mode de consommation des Marocains ont entraîné une diversification et une multiplication des déchets : solides et liquides. Les sacs plastiques noirs y occupent une place particulière puisqu’ils ont recouvert tout le paysage de notre pays. Ce sac a beaucoup de succès auprès des Marocains puisqu’il permet de camoufler les achats effectués dans une société où la disparité sociale est forte. Ces sacs sont toujours présents sur le marché notamment dans les zones frontalières de Ceuta et Melilla.

Pour endiguer cette marée, notre association propose de réhabiliter le panier, ce qui aurait aussi un impact positif sur notre artisanat. En tant que président, je suggère également d’envoyer les militaires faire des campagnes de nettoyage notamment dans les lieux les plus affectés par cette pollution. Adopter une loi qui interdit la fabrication et la commercialisation de ces pollueurs ne suffit pas. Il faut intégrer une loi annexe, qui pénalise tout comportement non conforme.

Si cette loi n’est pas amendée, les sacs plastiques seront toujours une nuisance suprême, qui menace la santé publique de nos concitoyens et notre environnement. 

Toujours plus de déchets dans nos rues

Comme partout ailleurs, la surabondance des déchets domestiques provient d’un changement de comportement des gens, qui sont de plus en plus dans une consommation rapide avec une utilisation accrue de produits jetables. Sans oublier la composition de ces produits, qui sont fabriqués de matériaux persistants (le plastique au lieu de l’osier, par exemple).

Les détritus envahissent les villes depuis quelques décennies déjà. Jeter dans la rue, est devenu un geste systématique. Les vendeurs ambulants, dont les charrettes sont chargées de marchandises les plus diverses, ne sont pas en reste puisqu’ils sont également responsables de l’état des lieux de nos rues.

Ce comportement est contradictoire à nos traditions sachant que les Marocains accordent une attention particulière à la propreté de leur domicile. On peut l’expliquer par le fait que les gens ne se sentent pas responsables à l’extérieur de chez eux.

L’association propose, en outre, la création d’une équipe d’intervenants verts, afin de renforcer ce nouveau-né, qui est cette loi. Une équipe mixte qui se chargerait de sensibiliser la population et agirait de manière coercitive en ayant la capacité de verbaliser les contraventions aux dispositions existantes en matière environnementale.

Il existe en effet des dispositions légales sanctionnant toute personne qui serait amenée à sortir sa poubelle après le passage des éboueurs ou qui la dépose dans une aire publique. Il conviendrait alors de revoir le montant des pénalités.

Un autre problème, qui va entraver la non-utilisation des sacs plastiques, se situe dans l’agriculture où l’utilisation du plastique pour les serres, l’irrigation et aussi dans les bassins de rétention de l’eau est importante. Tous ces plastiques finissent dans la nature. Le cas, par exemple, de Moulay Bousselham où des milliers de tonnes de plastiques sont tassés et jetés dans l’environnement avoisinant déjà fragilisé !

Aussi, le gouvernement doit penser à la subvention des sacs en toile que le ministère de l’Environnement a distribués dans plusieurs villes du Maroc. Pour accompagner cette loi, il est souhaitable de réintroduire le panier en doum et prévoir une subvention pour une durée limitée. L’alfa et le doum doivent être cultivés pour leur durabilité.

 

BRÈVE

Le Maroc prend part au Conseil ministériel de l'AIE

Une délégation marocaine conduite par le ministre de l'Energie, des Mines, de l'Eau et de l'Environnement, Abdelkader Amara, a pris part les 17 et 18 novembre aux travaux du Conseil ministériel de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), à Paris. 

Les travaux de cette rencontre sont axés autour du thème de «l'innovation pour une énergie propre et un avenir sécurisé», un sujet que le Maroc considère d’une importance capitale, notamment pour faire face aux effets du changement climatique et garantir un environnement sain. 

Amara a profité de l’occasion pour exposer les développements qu'a connus le Royaume dans le domaine des énergies, et plus particulièrement les énergies renouvelables, ainsi que les réformes législatives et institutionnelles initiées dans ce secteur. 

 

L. Boumahrou

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