Pour quelques sous de plus
Bonnes nouvelles du côté de la tour de verre. CNIA Saada vient, en effet, d’élargir le cercle restreint des sociétés cotées. Dans un marché assoiffé de papier frais, l’on se doute bien que cette cotation était très attendue par les investisseurs. Au final, ils étaient plus de 38.000 à se ruer sur le titre, au point que le taux de satisfaction de la demande n’a été que de 7,46% (voir page 13).
Opération donc réussie pour Moulay Hafid El Alamy. Mais aussi pour les boursicoteurs, ceux qui guettent les introductions en Bourse pour spéculer et se faire des plus-values, surtout que, durant les deux premières séances de cotation (moment où nous mettions sous presse), la valeur était réservée à la hausse.
Il reste maintenant à savoir si CNIA Saada ne sera pas victime de son succès. Car, avec un flottant de 15%, et au regard des fondamentaux de la compagnie d’assurance, il est fort probable que les institutionnels, partisans de placements à moyen et long termes, s’accaparent en fin du compte du titre et le rendent illiquide.
On dit communément qu’une bonne nouvelle n’arrive pas seule. A cet égard, il semblerait que Stroc Industrie s’apprête à rejoindre la cote. Quand ? On ne sait pas encore. Mais l’opération semble imminente. Et ce, d’autant que la société de service pour la maintenance sur site d’unités industrielles a commencé son opération de charme au travers d’une campagne de communication massive dans la presse. C’est un préalable pour se faire connaître… des investisseurs boursiers potentiels.
Sur un autre registre, le CDVM n’est pas resté en marge de l’actualité. Le gendarme du marché vient, en effet, de publier un rapport sur la pratique de la communication financière des sociétés cotées à la Bourse de Casablanca. Un rapport pour le moins détaillé qui montre que, globalement, les entreprises de la cote respectent parfaitement la réglementation en la matière. Il montre, tout autant, leur fâcheuse tendance à s’acquitter de leurs obligations légales… à la toute dernière minute. Ainsi, en 2009, 64% des sociétés ont publié leurs comptes le dernier jour du délai réglementaire de publication, contre 26% et 45% respectivement en 2007 et 2008.
Autre chiffre intéressant : seules 4 sociétés ont suivi les recommandations du CDVM en matière de publication de certains indicateurs trimestriels. C’est dire, quand bien même dans l’ensemble la communication financière a beaucoup évolué au cours de ces dernières années, que les sociétés cotées font toujours le strict minimum : ce que leur impose la réglementation.
Il reste que le rapport du gendarme du marché semble avoir omis un élément de taille : la qualité de la communication financière. Car, rien ne sert de publier des chiffres s’ils sont illisibles… ou s’il faut se munir d’une loupe. Cela tient principalement à deux raisons : le souci de grignoter quelques sous en payant moins d’espace publicitaire et la volonté de certaines sociétés de ne pas mettre en orbite des résultats en berne. C’est dire que la communication financière s’apparente, pour ces dernières, davantage à une corvée qu’à la nécessité d’être transparentes à l’égard des investisseurs. Sur ce registre, le CDVM a donc un rôle important à jouer.
David William





