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Pas cool la BCE !

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 20 Juin 2014 à 09:26
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Rien de bien spécial lors du Conseil de Bank Al-Maghrib tenu mardi dernier. Du moins, en ce qui concerne le taux directeur : il a été maintenu inchangé à 3%... comme tout le monde s’y attendait d’ailleurs, «en tenant compte d’une prévision centrale de l’inflation en ligne avec l’objectif de stabilité des prix dans un contexte marqué, malgré un début de reprise des activités non agricoles, par des incertitudes tant au niveau interne qu’externe».

Il reste que l’on retiendra du point de presse donné à l’issue de ce Conseil trois faits majeurs, dont le premier concerne les prévisions de croissance en 2014. La Banque centrale estime qu’elle se situerait entre 2,5% et 3%, avec en toile de fond une baisse de la valeur ajoutée agricole. Radine l’institution dirigée par Abdellatif Jouahri ? On serait tenté de répondre par l’affirmative, sauf qu’elle est sur la même longueur d’onde que le Haut commissariat au plan qui, du reste, semble moins «complaisant», prévoyant juste… un petit 2,5% dans son «Budget économique exploratoire 2014». Entre autres arguments avancés : la consommation des ménages devrait s’accroître de 2,5% en volume au lieu de 6% en 2013, avec une contribution à la croissance du PIB qui se limiterait à 1,5 point en 2014.

Le Fonds monétaire international va certainement regarder ces chiffres de façon circonspecte, lui qui, en avril dernier, a maintenu sa précédente prévision de croissance pour le Maroc : elle titillerait les 4% (3,9% plus exactement) en 2014. Il fait certes preuve d’un peu plus de retenue que le gouvernement marocain (qui prévoit une croissance de 4,2%), mais il reste bien loin des chiffres avancés par BAM et le HCP. L’avenir nous dira qui a eu raison.

L’autre fait parlant dévoilé par la Banque centrale est le creusement du déficit budgétaire : il est passé à 30,7 milliards de DH à fin avril au lieu de 20,3 milliards de DH à la même période 2013, avec des dépenses globales qui ont augmenté de 10,3%. Il faut croire que les mesures cosmétiques initiées jusqu’à présent par l’Etat pour faire face à la déliquescence des finances publiques n’ont pas produit les effets escomptés. Dès lors, il semble légitime de s’interroger sur l’utilisation qui sera faite du milliard d’euros levé dernièrement par le Maroc à l’international : servira-t-il à financer l’économie nationale ou plutôt à financer le déficit structurel des finances publiques ? Wait and see.


Enfin, dernière information et non des moindres donnée par Bank Al-Maghrib : elle va perdre de l’argent… à cause de la Banque centrale européenne (BCE). En fait, elle est la victime collatérale de la récente décision prise par la BCE de porter son taux de dépôts à -0,10% afin d’inciter les banques à financer l’économie européenne. Une rémunération négative qui va impacter de façon substantielle les placements en devises effectués par Bank Al-Maghrib sur ce marché : son résultat net va s’effriter de 45% au terme de l’exercice 2014. Pas cool la BCE !


Par David William

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