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«Jossour 2030» : Tamwilcom veut bâtir les ponts du financement privé

Tamwilcom a présenté, mercredi 3 juin à Rabat, son plan stratégique 2026-2030, baptisé «Jossour 2030». La feuille de route fixe un objectif de 300 milliards de dirhams de financements mobilisés sur cinq ans, pour 170 milliards de dirhams d’engagements. Elle vise aussi plus de 60 milliards de dirhams d’investissements privés et 45.000 emplois bruts par an. Par Y. Seddik

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 4 Juin 2026 à 10:00
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«Jossour 2030» : Tamwilcom veut bâtir les ponts du financement privé

Le plan a été lancé lors d’une cérémonie présidée par Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des Finances et présidente du Conseil d’administration de Tamwilcom. D’ici 2030, l’institution prévoit d’accompagner 435.000 bénéficiaires, dont 330.000 micro et très petites entreprises.

«L’objectif est de faire en cinq ans ce que Tamwilcom a réalisé durant les dix dernières années», a résumé son Directeur général, Said Jabrani. Pour Nadia Fettah, la stratégie intervient alors que le Maroc poursuit sa transformation économique et sociale, malgré les crises et les tensions géopolitiques. Elle a lié la résilience du Royaume à une vision de long terme, aux réformes et aux équilibres macroéconomiques.

La ministre a replacé «Jossour 2030» dans la réforme du système national de garantie engagée en 2020, avec la transformation de la CCG en Tamwilcom. «Il ne peut pas y avoir d’émergence économique sans un secteur privé fort. Il ne peut y avoir de secteur privé fort sans un accès fluide, inclusif et efficace au financement», a-t-elle déclaré. Elle a aussi appelé les banques, sociétés de financement, institutions de microfinance, banques participatives, fonds d’investissement, acteurs du capital investissement et fintechs à accélérer l’investissement privé.

Le président de la CGEM, Mehdi Tazi, a rappelé que le financement des TPME reste un sujet central. Selon lui, elles représentent près de 99% du tissu économique national, mais ne captent qu’environ 40% des crédits accordés aux entreprises privées, contre plus de 50% en moyenne dans l’OCDE, 65% au Japon et jusqu’à 80% en Corée. Il a aussi évoqué un déficit de financement des TPME formelles estimé à près de 200 milliards de dirhams.

«Nous créons des entreprises, mais nous ne les faisons pas grandir suffisamment», a-t-il relevé. Said Jabrani a présenté «Jossour 2030» comme une stratégie construite avec les partenaires de l’institution. Il a rappelé qu’en 2025, les mécanismes de Tamwilcom ont permis de mobiliser plus de 54 MMDH de crédits, avec plus de 84.000 actes de garantie délivrés. Les engagements atteignent aujourd’hui plus de 110 milliards de dirhams, et près de 30% de l’encours bancaire des TPME sont garantis par l’institution. Le Directeur général a aussi détaillé le rôle de Tamwilcom.

L’institution accompagne les entreprises, les particuliers, les startups, les établissements publics et les projets territoriaux, par la garantie, le cofinancement et le capital-risque. Sur quinze ans, le nombre de crédits garantis a été multiplié par 65, passant d’environ 1.000 dossiers en 2010 à plus de 62.000 bénéficiaires. Le logement a profité à près de 320.000 familles; l’innovation à environ 500 startups et 20 incubateurs. Un suivi de l’impact devra aussi être publié régulièrement, selon Tamwilcom.

«Jossour 2030» maintient la garantie au cœur du métier de Tamwilcom, avec une priorité donnée à l’export, aux chaînes d’approvisionnement, aux territoires et aux politiques publiques. L’offre doit aussi devenir plus territorialisée, avec des solutions adaptées aux besoins de chaque région et à ses secteurs prioritaires. Des mesures opérationnelles entreront en vigueur dès le 4 juin. Tamwilcom relèvera de 200 MDH à 500 MDH le seuil du chiffre d’affaires des entreprises éligibles à certains mécanismes de garantie.

Pour les TPE, la quotité garantie passera de 70% à 75% du crédit. L’institution annonce aussi un assouplissement de ses offres de cofinancement, avec des taux compris entre 1% et 2%. Enfin, deux conventions ont été signées. La première, avec l’Association des régions du Maroc, porte sur des solutions adaptées aux douze régions. La seconde, conclue avec le ministère de l’Économie et des Finances et le GPBM, vise à soutenir les entreprises de taille intermédiaire, nouvellement intégrées au périmètre de Tamwilcom, tout en renforçant le financement des TPME. 

 

 

 

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