Investissements en Afrique et sécurité : Entre pragmatisme et militantisme
Si certains prescripteurs conseillent aux opérateurs marocains d’investir dans les pays africains à forte tradition étatique, et ce afin de limiter les risques sécuritaires, d’autres estiment que la meilleure façon de stabiliser le continent est d’y investir davantage.
De nos jours, les défis sécuritaires concernent toutes les régions du monde y compris les pays développés, souvent cibles d’attaques terroristes. Certains pays africains, y compris le Maghreb, ne sont pas en reste quant aux challenges inhérents à leur stabilité. Ce contexte confère incontestablement un intérêt accru au séminaire organisé récemment par l’Esca, école de management, sous le thème : «Sécurité et investissement en Afrique». A en croire Rachid Achachi, anthropologue, les tensions ethniques et les clivages religieux entre musulmans et chrétiens sont prédominants au niveau des facteurs déclencheurs de conflits sur le continent africain. «Je conseille vivement aux opérateurs marocains d’investir dans les pays à forte tradition étatique, à l’instar de l’Ethiopie, pays qui n’abrite pas de frictions d’origines ethniques», poursuit Achachi, qui déconseille, en revanche, le Nigeria, pourtant première puissance économique du continent. Hicham Bensari, politicien et homme d’affaires, a pour sa part pris le contrepied de l’anthropologue, affirmant qu’il faut davantage investir en Afrique pour limiter les risques de conflits sur le continent et contrecarrer le terrorisme qui grangène particulièrement le Nigéria, comme en témoigne la montée en puissance de Boko Haram. Dans le même ordre d’idées, il y a lieu de préciser que le Maroc s’emploie amplement à cela, puisqu’il est le deuxième investisseur à l’échelle continentale et s’arroge la première place en Afrique subsaharienne. Ceci dit, force est de reconnaître que l’étroitesse des marchés de capitaux africains limite fortement les investissements au niveau du continent. Il n’existe que 24 Bourses à l’échelle africaine pour 54 pays. Selon Karim Hajji, Directeur général de la Bourse de Casablanca, invité de la conférence, outre l’impératif de pacifier le continent, il est d’une nécessité impérieuse d’oeuvrer pour l’essor des marchés de capitaux africains dominés par l’Afrique du Sud. Toujours, d’après lui, l’expérience du Royaume en la matière, confortée par l’installation du Fonds Africa 50 à Casablanca Finance City (CFC), peut y contribuer.
M. Diao





