Finances News HebdoFinances News Hebdo
Culture & Société

Entretien : «Sur les pas de Sidi Ahmed Tijani», une invitation à un voyage spirituel

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 27 Mars 2017 à 12:47
Partager

Yasmina Sbihi inaugure un genre littéraire, qui mêle à la fois le récit, la photo, l’émotion sur un sujet pas toujours accessible au grand public : le Soufisme 

 

Finances News Hebdo : Parlez nous un peu de vous…

Yasmina Sbihi :  Je suis architecte de formation, et exerce depuis 1990 à Rabat. J’ai découvert le soufisme à travers la zaouia Tijania en 2000 et je m’y suis plu. Je m’y suis retrouvée et aujourd’hui, cela fait 15 ans. 

F.N.H. : Comment vous est venue l’idée de ce livre ? 

Y. S. : Il est arrivé un moment où je me suis dit qu’il fallait peut-être que j’offre quelque chose aux gens qui m’ont entourée pendant 15 ans. Il fallait donc une valeur ajoutée en tant qu’architecte, sachant que la Tijania représente quelque chose comme 350 à 400 millions d’adeptes à travers le monde. Il va de soi qu’il y a une diversité géographique, culturelle et ethnique, donc une grande richesse architecturale qui en découle. Ainsi, je me suis focalisée sur cette diversité et c’est ce que je raconte dans mon livre. Je fais le premier voyage, ce n’est que le premier livre. Je compte et j’espère pouvoir faire le tour. 

Dans ce livre, j’ai choisi le sens du parcours du chef à savoir le berceau de la Tijania, d’où le titre «Sur les pas de Sidi Ahmed Tijani».

C’est ce qu’on appelle un beau livre. Beaucoup d’images, 350 pages d’images commentées dans les deux langues, française et arabe. Une introduction pour raconter ma motivation. Le tout légitimé par les témoignages de grands chioukhs que j’ai rencontrés pendant mon périple. 

F.N.H. : Au-delà du style, vous faites une oeuvre utile en ces temps troubles… 

Y. S. : Effectivement, à travers ce livre, j’essaie de faire revivre le Soufisme. Il n’est rien que le coeur de l’Islam. Et quand on voit toute cette montée de l’extrémisme et de violence aujourd’hui, il est plus que jamais urgent de rappeler les gens à leur vraie source. Par ailleurs, en tant qu’architecte mon devoir aussi est la préservation du patrimoine parce que les extrémistes ont eu la mauvaise idée de commencer à démolir les lieux sacrés. Moi, je suis là pour défendre ce patrimoine avec mes amis. 

F.N.H. : Comment définissez-vous le Soufisme ? 

Y. S. : Il y a plusieurs définitions du Soufisme. Une, qui est très commune et qui revient souvent, le Soufisme est la religion de l’amour «Mahab». Moi je dirais que c’est un chemin spirituel issu de «ma9amat al’dine». Notre religion, telle qu’elle nous a été enseignée par notre Prophète Mohamed (PSL) est la soumission, l’assimilation et le perfectionnement. Le Soufisme, c’est donc cette partie qu’on appelle «al-Ihssan» et qu’on peut définir par : il faut adorer Dieu comme si on le voyait et même si on ne le voit pas, Lui nous voit. C’est un état de vigilance permanent. 

F.N.H. : Avez-vous tout raconté dans ce livre ? 

Y. S. : Je réfléchis déjà au deuxième tome : «le rayonnement de la Tijania». 

Dans mon premier livre, j’ai parlé de la naissance de la Tijania et son berceau en Afrique du nord et au Sénégal. Là, il va falloir que je raconte ce qui se passe en Asie, en Europe et dans les deux Amériques. Je me suis engagée dans ce projet, accompagnée de mon éditeur Alioune Gueye.

F.N.H. : Un dernier mot ? 

Y. S. : La spiritualité est universelle. Dieu est Un et toutes les spiritualités se rejoignent vers ce Un. 

 

Propos recueillis par S. Zeroual

Articles similaires