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Développement durable

COP29: le Maroc renforce ses ambitions climatiques

Avec une stratégie bas carbone à l’horizon 2050 et une nouvelle CDN en préparation, le Royaume souhaite marquer son empreinte à la COP29 à Bakou, en Azerbaïdjan. Par Désy M.

LRPar La Rédaction
|Publié le 26 Octobre 2026 à 14:00
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COP29: le Maroc renforce ses ambitions climatiques

Alors que la 29ème Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP29) se profile, les gouvernements du monde entier s’apprêtent à réaffirmer leurs engagements pour répondre aux défis climatiques. Organisée du 11 au 22 novembre 2024 à Bakou, cette conférence représente une étape cruciale pour la mise en œuvre de l'Accord de Paris, dans un contexte où les actions actuelles sont jugées insuffisantes pour maintenir le réchauffement à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels.

Les projections des Nations unies sont alarmantes : la trajectoire actuelle mènerait à un réchauffement de 2,5°C à 2,9°C d’ici la fin du siècle. Ces chiffres soulignent l’urgence de revoir les engagements, de renforcer la coopération internationale et d’accélérer la transition énergétique mondiale.

Selon le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), une réduction des émissions de 45% d’ici 2030 par rapport à un scénario de référence est nécessaire pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. Considéré comme un modèle sur le continent africain, le Maroc continue de faire progresser ses engagements pour le climat. Selon Abderrahim Ksiri, président de l’Association des enseignants des sciences de la vie et de la terre, «le Maroc a réalisé de très grands pas, notamment avec sa stratégie bas carbone 2050, qui représente une avancée majeure».

Ce plan a été élaboré avec l’ensemble des secteurs concernés et s’appuie sur des données robustes et des études approfondies. Cette stratégie vise la neutralité carbone à l’horizon 2040, en priorisant la réduction des énergies fossiles, le développement de l’efficacité énergétique et la promotion des énergies renouvelables. Elle englobe des initiatives dans les secteurs de la mobilité, de l’agriculture et de l’industrie, contribuant ainsi à une économie plus verte. «Nous avons désormais une visibilité claire sur nos objectifs climatiques», souligne Ksiri.

Vers une nouvelle CDN pour 2025

Au cœur de la stratégie du Maroc, se trouve l’actualisation de ses Contributions déterminées au niveau national (CDN). Ayant déjà fait l’objet d’une révision à la hausse de ses objectifs de réduction d’émissions en 2021, à la COP29, le Maroc présentera les grandes orientations de sa nouvelle CDN encore plus ambitieuse, dont la version finale est attendue pour 2025.

Ce nouveau plan vise à aligner les actions climatiques du pays sur les ambitions de la stratégie bas carbone 2050 et à renforcer les engagements pris lors de la COP28. «Les CDN doivent être une continuité de la stratégie bas carbone 2050 et non des projets déconnectés. Ils doivent permettre de développer et d'accélérer les initiatives en matière de transition énergétique et d'adaptation à la résilience climatique», précise Ksiri.

L'actualisation de la CDN met également l'accent sur la mobilisation des financements internationaux, soulignant l'importance d'un soutien accru des pays les plus émetteurs pour concrétiser les ambitions marocaines. Il inclut également l’implication des communautés locales afin de garantir une transition juste qui prend en compte les populations les plus vulnérables, pour s’assurer que l’action climatique marocaine soit inclusive et bénéfique pour tous. Cette notion a été au cœur des discussions, lors d’un atelier sur les CDN organisé en septembre dernier par la Panafrican Climate Justice Alliance (PACJA Maroc), en partenariat avec l’Alliance marocaine pour le climat et le développement durable (AMCDD) et l’AESVT-Maroc.

Cet événement a permis de formuler des recommandations pour renforcer l’ambition climatique du pays, en mettant l'accent sur les solutions basées sur la nature, l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables. «Il faut dépasser le stade de déconnexion entre les grandes ambitions et la réalité du terrain. Les communautés locales, notamment dans les oasis et les zones de montagne, doivent être impliquées dans cette dynamique», insiste le président de l’AESVTT-Maroc. Cela implique un renforcement de la communication et de la sensibilisation, ainsi que la mise en place de financements adaptés aux besoins locaux pour garantir une transition inclusive et bénéfique pour tous.

Le Maroc mise également sur le développement de l’hydrogène vert, un projet qui pourrait transformer un million d’hectares en espace de production d’énergies renouvelables. «Sur orientations royales, cette transition est déjà en marche, mais elle nécessite une meilleure intégration des efforts privés et publics pour maximiser son impact», explique Ksiri. La création de sociétés régionales multiservices et la coordination avec les acteurs financiers nationaux, comme Bank Al-Maghrib, sont perçues comme des leviers essentiels pour atteindre les objectifs climatiques fixés. Avec ces efforts, le Maroc se prépare à aborder la COP29 avec une vision claire et des projets concrets, prêts à être soutenus par la communauté internationale.

«Nous avons aujourd'hui une stratégie de qualité, une feuille de route ambitieuse et la volonté de garantir un développement harmonieux et inclusif pour les générations futures», conclut Abderrahim Ksiri, qui souligne la détermination du Royaume à relever les défis climatiques. 

 

 

 

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